Sur la corde raide

Maman Marguerite

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Maman Marguerite
au Valdocco
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mar15

Marguerite Occhiena-Bosco, dite "Maman Marguerite, la maman de Jean Bosco , est morte en 1856. Sa cause de béatification est introduite. cela a permis de redécouvrir cette personnalité qui fut la première "coopératrice salésienne" de Don Bosco.

 

 

 

 

 

 

Maman Marguerite

François Bosco, paysan des Becchi, dans le Piémont, avait épousé en seconde noce Marguerite Ochiena en 1812. A son premier fils, Antoine, s’ajoutèrent bientôt Joseph en 1813 et Jean le 16 août 1815. Une pneumonie met fin à leur bonheur en 1817, laissant Marguerite seule avec trois enfants et sa belle mère à charge. Elle à peine trente ans.
Profondément croyante, elle prend la ferme en main. Elle refuse un nouveau mariage.
- Dieu m’a donné un mari. Dieu me l’a enlevé. A sa mort, François m’a confié ses trois fils. Quelle mère cruelle je serai si je les abandonnais quand ils ont besoin de moi. Non, pour tout l’or du monde je ne les abandonnerai !

marguerite et ses trois enfantsMarguerite ne sait pas lire dans les livres. Mais elle voit la présence de Dieu dans la nature et la vie quotidienne.
- Mes enfants, Dieu vous voit ! Prends garde, on ne ment pas à Dieu.

- Que de belles choses, mes enfants, a fait le Bon Dieu. Et c’est pour nous !

- Que le ciel est beau. Dieu a fait cela pour nous. C’est lui qui a semé la-haut toutes ces étoiles… Et si le firmament est si beau déjà, qu’est-ce que sera le Paradis !

saltimbanquesMarguerite a perçu les dons de Jean. Elle le prend avec elle les jours de foire. Il peut étudier les secrets des saltimbanques. Ensuite il montait des spectacles pour les gens du village, et en profitait pour les faire prier.
Mais avec quel matériel, quel argent ? : "L’argent, dit Jean, c’est moi qui le trouvais. Je ramassais des champignons, des herbes sauvages, quelques gibiers aussi et je vendais le tout au marché. Ma mère ? Elle m’aidait, elle aussi et me procurait le nécessaire. Mais surtout, elle savait tout. Rien ne lui échappait et elle me laissait faire. Elle ne voulait que mon bien. »

Jean quitteles BecchiMais le frère aîné Antoine, ne supporte pas de voir son plus jeune frère étudier. Pour mettre fin aux conflits continuels, elle se décide à envoyer Jean qui n’a que 12 ans, en plein hiver, loin de la ferme. Puis elle fera faire le partage des biens, pour que son plus jeune fils devienne prêtre.
Elle n’hésite pas à prendre des décisions radicales, où elle sacrifie ses droits, pour le bonheur de ses enfants. Déjà par temps de famine, elle avait fait tuer le veau de la ferme pour nourrir sa famille, renonçant à la vache qui aurait pu rapporter.

Jean rentre les boeufsJean pensa un moment devenir Franciscain. Sa mère lui dit :
-         Je te prie de réfléchir et de bien examiner le grand pas que tu vas faire ; tu pourras alors marcher au but sans regarder ni à droite ni à gauche ? Il faut d’abord sauver ton âme. Le souci de mon avenir ne doit pas influer sur ta décision. Moi j’ai confiance en Dieu. Je ne désire et n’attends rien de toi ? Je suis né pauvre, j’ai vécu et je veux mourir pauvre.
-         En te faisant prêtre séculier, si tu devais être riche, sache-le bien, je ne te verrais plus, je ne mettrais pas les pieds dans ta maison.

Jean en soutane et sa mèreLa veille de son entrée au séminaire, Marguerite fit ses recommandations à son fils :
- Mon enfant tu as revêtu l’habit du prêtre. J’éprouve la consolation qu’une mère peut ressentir du bonheur de son fils ; mais souviens-toi que ce n’est pas le vêtement qui fait le prêtre : c’est la vertu. Si tu devais un jour déshonorer ce vêtement d’honneur, par charité, quitte-le ; mieux vaut cent fois demeurer un pauvre paysan que de vivre en prêtre négligent et oublieux de ses devoirs.
- Quand je t’ai mis au monde, je t’ai consacré à la Madone ; depuis ce jour, j’ai fait mon possible pour remplir ton cœur d’une tendre dévotion pour elle. Désormais, sois à la bonne Mère tout entier, et si tu as l’honneur d’être prêtre, sois l’apôtre de Marie.

Marguerite arrive aux BecchiAprès un grave accident de santé, Jean Bosco était revenu aux Becchi. Il propose à sa mère de tout quitter pour l’accompagner à Turin auprès des jeunes du Valdocco.
- Il en coûte à mon cœur d’abandonner notre maison, ton frère et tous ceux que j’aime, mais si tu crois que c’est la volonté de Dieu, je suis prête et je te suivrai jusqu’au bout du monde.
Ils rentrent à Turin à pied. Un prêtre ami les voyant totalement démunis, leur donne sa montre… Petit signe de la Providence !
Entrant dans la maison Pinardi presque vide, Marguerite dit en souriant :
Aux Becchi, chaque jour , je devais travailler pour mettre de l’ordre, nettoyer les meubles, laver les marmites. Ici, je pourrai rester bien plus tranquille…

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