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Seize jours de camp dans le Piémont et le Montferrat, pour faire la connaissance de Don Bosco, du 14 au 30 juillet. Caractéristique de cette année 2010 : il y avait davantage de filles que de garçons…(30/08/10)
...Alors qu’elles sont moins attirées par le vélo. Et d’autre part, une moyenne d’âge plus jeune. D’où une ambiance différente, plus soft, avec des chahuts moins bruyants et sauvages, mais aussi plus d’homogénéité dans le groupe, une meilleure intégration des nouveaux.
Le départ de Farnières le 14 juillet au soir a été perturbé par les orages qui ont frappé surtout le Hainaut. L’autocar « Passion-voyage » dépose les voyageurs le 15 au matin à Pragelato, dans la magnifique vallée de Sestrière. L’après-midi, les vélos sont sortis de la remorque et on fait une petite balade d’essai de 6 km, jusqu’au torrent. Les jeunes y passent une bonne heure de détente avant de remonter. La commune de Pragelato regroupe plusieurs villages d’où sont issus de nombreux salésiens et salésiennes, et notamment les fondateurs de plusieurs maisons en France (Nice, Marseille) et en Belgique (Tournai).
Le second jour, les cyclistes ont dévalé une route qui serpente durant 40 km avant d’atteindre la plaine de Pinerolo. Puis ils ont traversé la campagne brûlante jusqu’à Carmagnola. L’équipe d’Arnaud a pris des chemins de traverse et n’a pas pu rejoindre le groupe pour le pique-nique de midi. Ce fut l’occasion pour son carrefour de rencontrer des gens du cru très accueillants qui leur ont fourni des fruits et de l’eau fraîche.
Pour aller de Carmagnola à Calamendrana (au sud de Nizza Monferrato), Henri avait choisi les petits chemins qui escaladent les collines du pays d’Asti et d’Alba. Des paysages magnifiques, avec les vignes sagement taillées qui s’accrochent aux flans des collines, les villages qui occupent les sommets, très souvent un clocher et une tour vestige de fortification qui dominent le tout ! Oui, mais aussi des petits chemins sans issue qui aboutissent au fleuve ainsi que les routes qui font de grands détours à cause d’un réseau d’autoroutes dense. Le long du chemin, les jeunes n’ont pas résisté au plaisir de déguster des pêches et des prunes. A Calamendrana, le logement se faisait dans la salle municipale qui sert surtout à la coopérative de vins. Cette région est une des meilleurs productrices de Barbera, de Barolo, et le fameux « spumante » fruité, blanc ou rouge, qui accompagne si bien les gâteaux du dessert.
De Calamendrana à Mornese, l’étape était plutôt courte, mais avec des routes abruptes et tordues passant dans la petite montagne. Ce jour là, c’est l’équipe d’Eléonore qui a choisi un itinéraire indépendant. Les carrefours n’atteindront pas le lac espéré, qui n’est d’ailleurs qu’un petit barrage sur le torrent à Lerma qui offrait une grande flaque d’eau : seuls les mécaniciens y sont arrivés. Le soir, à Mornese, nous avons vécu un grand moment du foot féminin avec notre vedette Sophie L’Hoir. Les belges se sont faits remarquer comme « tifosi » !
Lundi 19 : repos pour les vélos, mais pas pour les pèlerins. Après une grimpette jusqu’au collège des sœurs salésiennes, où on a pris le temps de détailler quelques étapes de la vie de Marie Dominique, les marcheurs se sont rendus à pieds jusqu’à la Valponasca, par le chemin sauvage qui fait descendre dans l’entonnoir puis remonter jusqu’à la fermette où Maìn a vécu son enfance. Là, nous avons passé quelques heures de repos avec un temps de désert. De retour à la salle de sport, lieu de logement, nous avons vécu une eucharistie toute simple.
De Mornese, cap sur Asti par des routes bouillantes, mais heureusement pas trop accidentées. Les ont appris la distance qu’il y a entre le fantasme amplifié par la rumeur et la réalité : il existe des chevrons et des dénivellations fantômes. A la pause, encore un match de foot improvisé contre des italiens, qui fait prendre du retard sur le timing. L’infrastructure de l’oratoire d’Asti est impressionnante. L’intendance nous a préparé un barbecue. Les moustiques ont toujours bon appétit et apprécient la chair crue (quoique… il y ait pas mal de mollets rôtis par le soleil). Quelques danses et la moisson où l’on présente des informations vraies ou fausses conclut rapidement la journée.
Le jour suivant, la distance jusqu’à la colline natale de Don Bosco, le Colle, n’est pas très grande. On prend donc le temps d’escalader Montafia, en souvenir de l’épisode du mât de cocagne qui avait permis au jeune Jean Bosco de gagner une bourse fort opportune. On déploie le drapeau belge devant le buste de Don Bosco : c’est la fête nationale du 21 juillet. Le pique-nique se fait sur le lieu d’arrivée. L’ambiance est paisible. On s’installe à la ferme dite « la Scaiota » pour cinq jours, avec de bons lits et des sanitaires bien commodes.
Une petite route facile conduit à Moncucco, par un temps frais, et même quelques gouttes de pluie qui rafraîchissent. Tout de même, il y a une solide grimpette finale, car la petite bourgade se trouve sur un sommet, coiffé d’une forteresse et d’un palais. Mais nous nous contentons de l’église un peu plus bas et de l’oratoire où nous sommes accueillis chaleureusement par Loredana, qui pousse les tables et les chaises pour faire place aux vélos. Là, nous vivons un moment l’ambiance de l’oratoire, avec les jeunes enfants qui dansent et qui chantent. C’est un échange de petites animations sympathiques, une vraie fraternisation. Sur la façade de l’église, une plaque de marbre rappelle que le petit Jean, alors qu’il vivait à la villa Moglia, y rassemblait les enfants pour leur faire le catéchisme et organiser des jeux. Nous allons ensuite à la villa Moglia, actuellement abandonnée. On espère que tout ne partira pas en ruines : il y a quatre ans, on y respirait encore le même air qu’au temps du petit Jean ! Un des rares lieux restés authentiques, avec son atmosphère du XIXe siècle… Ce jour-là, les jeunes passent quelques heures à la piscine de Riva, avant d’aller à Crivelle (Buttigliera) déguster d’authentiques pizzas dans les installations des parents de Claudio. Il fait nuit noire quand les derniers vélos grimpent la colline des Becchi.
La journée du lendemain est consacrée à la figure de Maman Marguerite et de la famille Occhiena. Les pèlerins parcourent les sentiers d’autrefois pour aller d’abord à la Cecca, le hameau natal, puis à Capriglio, visiter l’église du village et le petit musée installé dans l’ancien presbytère, qui fut aussi l’école de Don Lucca, fréquentée deux hivers par le petit Jean.
Le samedi 24, visite de Castelnuovo Don Bosco, l’oratoire, l’église paroissiale et le sanctuaire dédié à la Vierge du 15 août, sous la guidance du père Hubert, qui en est le curé. C’est la découverte de nombreux personnages remarquables issus de ce petit village qui a été surnommé « terre des saints » : Giuseppe Cafasso, le père Allemano, Giuseppe Cagliero, et non loin de là Dominique Savio, sœur Vera Occhiena de Capriglio. Et d’autres encore. Après la visite, on grimpe jusqu’à la très belle abbaye romane de Vezzolano, où Don Bosco aimait conduire des jeunes pour un temps de retraite et de silence. On organise le pique-nique dans cet endroit tout à fait remarquable plongé au milieu des bois et des vignes. Puis, après la remontée sur Albugnano, on redescend à pic jusqu’à Mondonio, voir la maison où Dominique Savio est mort. On regagne les Becchi par la route de crête qui passe par Morialdo.
Dimanche 25. Journée de repos. Grasse matinée et puis lessive… L’après-midi, temps de désert que chacun peut prolonger jusqu’au souper avec sandwiches. L’eucharistie se fait devant le monument à Don Bosco acrobate, à côté de la maison où la famille Bosco a vécu.
On en parlait depuis le début, c’est le défi de la montée à Superga. Mais on « attaque » par l’arrière, par les collines, et non de tout en bas par Turin. Certains sont étonnés de la facilité avec laquelle ils ont grimpé sans mettre pied à terre ! Où est l’exploit dont parlaient les anciens ? Certains redescendent plusieurs fois pour le fun. Après un bon temps de détente, on redescend jusqu’à l’oratoire de Chieri où Daniela nous accueille dans ses locaux. Un grand jeu dans les rues de la ville permet de découvrir des traces du passage de Jean Bosco, qui y a vécu 10 ans. Claudio, Lorenzo et Mélanie nous régalent d’un excellent couscous, dont il ne restera que quelques saucisses…
Mardi 27 : rendez-vous au Valdocco, pour la visite des chambrettes, de la chapelle Pinardi, de l’église St François de Sales, et enfin de la basilique, avec le sarcophage de Don Bosco qui continue d’impressionner les jeunes. Les avis en ce qui concerne l’ornementation chargée de la basilique sont fort divergents. Les jeunes ont ensuite un temps de visite et d’animation au centre ville, en passant par les diverses fondations importantes qui eurent lieu à l’époque de Don Bosco : le refuge et le couvent de la Marquise de Barolo, l’hôpital Cottolengo, les maisons construites par les maçons qui fréquentaient l’oratoire, le couvent Ste Anne fondé par la dite Marquise, l’hôpital des fous, le sanctuaire de la Consolata. Le retour se fait en peloton jusqu’à Moncalieri. C’est plus impressionnant, mais aussi plus rassurant selon certains.
Le 28, c’est la dernière étape, à travers les champs de maïs jusqu’à l’école Don Bosco de Cumiana, avec arrêt pique-nique sur la place de Scalenghe. On arrive assez tôt à la colonie agricole, et les jeunes ont le temps de peaufiner la veillée du soir, qui évoque « Ephata dans dix ans ». Selon toutes les apparences, il n’y aura pas grand chose de changé, sauf qu’il y a de nouveaux candidats animateurs, et c’est tant mieux.
Journée finale le 29. On peut ranger et charger les remorques calmement. Thierry, le chauffeur du car, est déjà là depuis hier soir, avec sa famille, faisant du camping et dérangeant les guêpes. On prépare le repas festif. Après la célébration de l’eucharistie, c’est la dernière pagaille pour arriver à charger tout ce qui traîne… Le car démarre vers 9h00.
Accueil à Farnières le 30 au matin, vers 9h30. Des pistolets et des croissants attendent les pèlerins, avec le cacao. Les parents en profitent aussi. Les jeunes reçoivent les T-shirts… qu’on avait oublié d’embarquer le premier jour ! Photos de groupe sur le terrain de foot, derniers chants mimés, derniers mots, ou plutôt derniers cris : « Oh Ephata ne périra pas ! ».
Jean-François Meurs
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