devoirs des enfants |
« Je me prends la tête sur les devoirs de mes enfants »![]() Les parents sont souvent démunis quand vient l’heure des devoirs et des leçons. La table de la cuisine, de la salle à manger ou, dans le meilleur des cas, le bureau de la chambre, se transforme en champ de bataille où les adultes ne sont pas forcément dans le camp de celui qui doit montrer l’efficacité de sa journée d’école. La volonté de camper cette photographie relevant plus d’un drame que d’une comédie, met en évidence l’importance du décor : le contexte affectif. (DBA 960) Il est essentiel que les protagonistes puissent se débarrasser du stress de la journée. Nous évoquons souvent la fatigue de l’enfant sans mettre assez l’accent sur celle des parents. Sont-ils prêts à affronter la dure réalité des devoirs après une journée bien remplie ! À chacun d’imaginer la façon de se détendre ; une douche, une activité sportive, une promenade, etc. Le corps ayant souvent été le parent pauvre des activités liées au travail, reprend alors sa place dans l’espace chronobiologique des grands et des petits. Ce constat étant exprimé, vient l’heure où il faut se mettre en projet d’accompagner l’enfant dans ses devoirs en précisant le balisage de la séance : qui fait quoi, quand et comment ? Il est clair que ce ne sont pas les parents qui vont exécuter le travail scolaire. Ils vont veiller à ce que leur petit écolier soit dans de bonnes conditions : lumière, ambiance sereine et silencieuse, température, posture et surtout… un petit mot d’encouragement dans la relecture des consignes. On laisse enfin l’étudiant seul en lui donnant rendez-vous dans un temps raisonnable. Lorsque son travail semble terminé, on essaie de prendre l’attitude d’un scientifique qui doit faire des recherches par tâtonnement expérimental. L’erreur n’est plus alors une tare mais un outil sur lequel on pourra s’appuyer pour progresser dans d’autres tentatives de réussite. ![]() Le décor étant planté, on peut s’attarder sur les outils qui aideront le jeune à optimiser l’efficacité de sa démarche d’apprentissage. Antoine de la Garanderie et bien d’autres chercheurs en pédagogie, ont développé, sous la notion de « gestion mentale », les gestes d’apprentissage. Ils sont classés en trois catégories : les gestes d’attention, de réflexion et de mémorisation. Pour le geste d’attention, on commence à demander à l’enfant ce qu’il sait de sa leçon ou ce qu’il sait faire dans ses devoirs. En exprimant ses savoir-faire le jeune prend confiance en sa démarche et se sent valorisé. De plus, on prend le soin de mettre de côté tout ce qui est acquis. Ainsi, on allège la quantité de travail qui reste à faire. Le geste de réflexion aborde, entre autres, la façon d’apprendre. Par exemple, si l’enfant est auditif, il gagnera à épeler les mots dont il doit apprendre l’orthographe. Pour la mémorisation des leçons, le jeune va s’imaginer en train de restituer son savoir ou jouer au rôle du maître qui fait réciter ses élèves. Forts de ces quelques conseils, redisons-nous que celui qui apprend ses leçons et fait ses devoirs doit être acteur. Il doit mémoriser, rédiger, résoudre des problèmes mais aussi apprendre à apprendre. La méthode est aussi essentielle que le contenu. En reprenant les notions de confiance et de douceur, nous donnons à notre accompagnement des devoirs une teinte Salésienne. Alain THIEBAUT Alain Thiébaut est actuellement directeur de l’école privée Carlhian Rippert à Briançon. Le lecteur trouvera de bons conseils dans les ouvrages d’Antoine de la Garanderie (éditions Centurion) : « Pédagogie des moyens d’apprendre », « Dialogue pédagogique avec l’élève », « Les profils pédagogiques », avec Geneviève Cattan : « Tous les enfants peuvent réussir » |
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