Entre loups et hyènes |
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Carole est arrivée pimpante avec un sourire éblouissant à la terrasse )de chez Polo pour fêter l'anniversaire de son petit ami, Didier. Elle avait une petite robe jaune, courte, avec des bretelles fines sur ses épaules rondes, et s'était maquillé les yeux bien noirs. (DBA N°949)
Avec ses anneaux aux oreilles, elle avait un petit air de gitane. Elle avait sûrement passé des heures à se faire belle pour lui faire plaisir. Son sourire s'est éteint brusquement quand son chéri lui a lancé un regard furieux : - Va te rhabiller, espèce de pute ! Et enlève ton maquillage. Carole est restée paralysée. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait, et nous non plus. Elle a voulu l'embrasser, mais il lui a tordu le bras en lui disant : - Tire-toi ! Je ne veux pas te voir comme ça ! Elle s'est enfuie en larmes, et nous, on a compris que Didier venait de faire une crise de jalousie, comme si Carole voulait séduire tous les garçons. Maintenant, on sait qu'il ne faut pas trop s'approcher d'elle.
Les machos jaloux, ça existe. Il y avait Henri, qui avait obligé sa copine (on la surnommait « planchon », je ne connais même plus son nom) à choisir l'option mécanique, pour qu'elle soit dans la même classe que lui. Elle ne pouvait pas parler aux mecs sur la cour de récré. Heureusement, il y a aussi des garçons sensibles. Le jour de Saint Valentin, Arnaud a offert un bouquet de fleurs à Célestine, le matin, dans la cour. Ils se sont embrassés avec beaucoup de tendresse. C'était tellement naturel et mignon que les professeurs n'y trouvaient rien à redire ! Elle a de la chance, Célestine, mais qu'elle fasse gaffe. Cinq mètres plus loin, il y avait le « club des hyènes » qui l'observait et qui préparait une vengeance. Ça se voyait : leurs lèvres trop rouges et leurs dents très blanches, leurs poignets nerveux où des bracelets cliquettent, tout est fait chez elles pour blesser ou pousser à la folie.
Il y a aussi « le club des loups », qui organise le partage des femelles. Au camp vélo, le grand jeu était de former des couples. Le « caïd » avait d'abord fait son choix personnel, puis, il avait distribué les plus belles à ses premiers lieutenants. Les filles, soumises, n'osaient pas se plaindre, et les garçons plus jeunes non plus, qui devaient se contenter du « deuxième choix ». Bref, le monde de James Bond ou de Largo Winch où les femmes sont le faire-valoir du héros ! Moins cynique, mais tout aussi pathétique, l'histoire de Jean-Mi, bleu de Nathalie. Celle-ci profitait de son capital séduction pour se faire pousser dans la montée du col. Or, dès qu'elle est arrivée en vue du sommet, elle a démarré sans effort pour aller rejoindre son Julien qui était déjà en haut en train d'attendre, et le pauvre Jean-Mi, épuisé, est resté sur place avec l'air d'un Don Quichotte ignoré par sa Dulcinée. Jean-François MEURS
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