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Un récent rapport de la FAO indiquait qu’à travers notre planète, 852 millions de personnes étaient actuellement sous-alimentées. La crise alimentaire mondiale, les effets de la vie chère dans les pays en voie de développement ou émergents, renforcent encore cette situation déjà alarmante.Pour permettre aux « jardiniers du Sud » et aux familles les plus fragiles de la planète de subvenir à leurs besoins alimentaires, Jean-Marie Cordier ( ingénieur INRA ) et Gabriel Mergui ( INRA/HEC ) ont créé en 1994 : JTS « Les Semences du Jardin Tropical ». (DBA 948)
Interview de Philippe Limare, Directeur de Développement chez JTS.
DBA : Comment est née JTS ? Philippe Limare : Fruit d’une longue expérience en milieu tropical, JTS a été créée pour apporter des solutions précises dans le cadre de la sécurité alimentaire et par extension dans l’aide à la lutte contre la faim et la malnutrition des pays du Sud. L’idée maîtresse est que les jardiniers ou familles, disposant d’une surface cultivable, puissent d’abord s’autoalimenter et vendre l’excédent de leurs cultures sur les marchés pour générer des revenus. L’argent ainsi gagné permet de réinvestir soit dans des compléments alimentaires, soit dans des intrants agricoles spécialisés et notamment des semences potagères de qualité.
DBA : Quelle est votre offre, vos pays d’intervention et votre clientèle traditionnelle ? P.L. : Jusqu’à une période récente, notre offre se concentrait essentiellement dans la distribution d’ « intrants » agricoles adaptés aux climats tropicaux : semences potagères en sachets doses étanches, équipements spécialisés de développement des jardins et de gestion de l’eau… Celle-ci s’est renforcée particulièrement depuis 2007, dans le transfert de technologies et l’ingénierie des jardins tropicaux (études, maîtrise d’œuvre de projets, conseils, formations).Nous cherchons à terme à implanter des filiales dans les pays. La difficulté majeure résidant dans la mise en place de réseaux de distribution, nous recherchons sans cesse des potentiels partenaires capables de devenir aussi de réels animateurs de réseau. (Fonction de distribution / conseil prioritaire)Nous sommes présents dans plus d’une trentaine de pays de la « bande inter-tropicale ». Nous y avons de nombreux contacts sur le terrain, mais c’est en Afrique noire francophone que nous concentrons la plus grande partie de nos activités (Afrique centrale et de l’ouest). Les 4/5 de notre clientèle actuelle sont des associations et ONG du Nord et du Sud, mais nous travaillons aussi ponctuellement avec la FAO, le PNUD, d’autres grandes structures de développement, mais aussi avec des commerçants, des entreprises et des particuliers.
Avant et après
DBA : Vous avez récemment élargi vos champs d’actions. Quels sont-ils ? P.L : En période post-conflictuelle, en Europe, en Asie mais aussi en Afrique, nombre de familles se retrouvent déplacées ou réfugiées et sont regroupées dans des camps. Il nous est apparu important de proposer à ces populations d’améliorer le quotidien par la mise en place de jardins potagers. Ce jardin potager devient ainsi un outil de fixation des populations et d’insertion socio-économique. Pour concrétiser de potentiels projets en ce sens, nous nous sommes rapprochés récemment de structures impliquées dans le déminage humanitaire tel l’ONG française HAMAP Démineurs.
DBA : Vos semences sont chères paraît-il sur le marché. Comment convaincre les paysans de la qualité de votre produit ? P.L. : Nous proposons différentes tailles de sachets pour permettre aux paysans d’utiliser intégralement le contenu. Ces dispositions permettent d’obtenir une dose « utile de semences » et un « taux de germination optimum ».Il s’agit ainsi pour le paysan d’acheter en fonction de ses besoins et de la surface du sol à cultiver. Vous imaginez : avec seulement 3 grammes de semences de choux, on peut cultiver jusqu’à 1000 choux sur une surface de 200 mètres carrés ! C’est pour cette raison que nous proposons les semences dans des micro sachets et des sachets doses pouvant répondre aux besoins du maraîchage (jusqu’à 500 grammes). Le paysan peut ainsi ajuster son achat en fonction de sa surface d’exploitation.Je prendrai un autre exemple. Un sachet de 1 gramme de semences de tomates peut produire jusqu’à 300 kilos de tomates. Vous avez là un investissement de 0,28 euro initial pour une rentabilité possible jusqu’à 300 euros. On voit bien ici le levier que peut constituer la semence.
 Les voiles de jardin permettent d'économiser l'eau et protègent contre les insectes et les vents de sable
DBA : JTS est une société industrielle et commerciale à vocation humanitaire. Pourquoi ce choix ? P.L : Nous partons d’un triple principe. Le premier est de réconcilier l’humanitaire et l’économique. Le commerce est le bras actif de l’économie. Aussi longtemps qu’on fera de l’humanitaire qui reposera sur la sensibilité, on arrivera à des impasses.Nous disons aussi « L’assistanat isole l’homme; le commerce l’intègre » Les gens s’investissent davantage lorsqu’ils ont payé de leur poche. Ils sont conscients du coût et cherchent à rentabiliser au mieux leurs achats. Le troisième principe nous indique que « la bonne volonté ne remplace pas la technicité ». On peut être rempli de bonnes intentions, mais cela ne donne pas forcément de bons résultats, surtout en milieu tropical ! D’où la nécessité de former nos réseaux. Propos recueillis par Vincent GRODZISKI
Pour plus de renseignements : JTS Les Semences du Jardin Tropical, ZA des Fousseaux – Avenue des Carreaux, 49480 – Saint Sylvain d’Anjou – France ; Tel : +33 - 2 41 76 53 00 – Fax : +33 - 2 41 76 57 70 ; site : www.jtssemences.comLe « Jardin Tropical Amélioré » S’appuyant sur son expérience du jardinage et du maraîchage dans les pays tropicaux, JTS développe depuis quelques mois une méthode nommée : le « Jardin Tropical Amélioré - JTS », ( le JTA – JTS ). Son principe consiste à mettre en oeuvre des solutions de techniques améliorantes et complémentaires au sein de parcelles parfaitement identifiées et délimitées. Le but est d'obtenir une efficacité maximale pour un impact écologique minimal par :* une gestion économe de l'eau : le goutte à goutte, le travail du sol en profondeur, l'incorporation de matières organiques, de produits rétenteurs d'eau, l'utilisation de voiles de cultures limitant l'évapotranspiration, * des méthodes de luttes préventives : les voiles de semis, véritables barrières physiques contre les prédateurs, la bonne gestion de l'irrigation, les binages fréquents, la rotation des cultures, * une diffusion de semences potagères adaptées et de conseils pertinents, par le " Kit du JTA ", accompagné d'un manuel de mise en place. Avec le Kit JTA, commercialisé par JTS, c’est une solution complète pour l'installation de jardins familiaux en milieux tropicaux, qui peuvent être une " pierre angulaire du développement ".
Tableau comparatif entre un jardin traditionnel et JTA
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Jardin traditionnel |
Jardin JTA |
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Travail du sol en surface |
Travail du sol en profondeur |
| Surfaces en culture |
100 m²
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60 m²
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| Besoin d'eau |
800 litres/jour
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200 litres/jour
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| Quantité de travail |
2000 heures /an
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700 heures/ an
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| Rendement |
300 kg/an (3kg/m²)
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700 kg/an (12 kg/m²)
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| Nombre de cultures |
5 par an
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6 par an
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