Sur la corde raide

Terre Sainte 2009 : une génération formidable ?

Vue des pèlerins à la fin de la messe finale, à Jérusalem, en contrebas du jardin des OliviersL’été dernier, 1 800 jeunes étudiants, venant de 74 diocèses, ont pris part au premier pèlerinage jamais organisé à leur intention par les évêques de France en Terre sainte, sur les pas du Christ. Une expérience spirituelle extraordinaire, mais aussi une organisation lourde, prise en charge par les jeunes eux-mêmes. Et ces jeunes-là ont impressionné les évêques ! (DBA n°955)



Ils sont un peu l’Église de demain. Ils sont surtout des chrétiens français d’aujourd’hui, bien dans leurs baskets, mais en même temps plutôt isolés. « Ce pèlerinage me fait du bien car à l’église, le dimanche, j’avoue que je me sens un peu seul comme jeune », témoigne Julie, une Lensoise de 19 ans. Avec 1 800 autres étudiants, mais aussi des séminaristes, des prêtres et 18 évêques, elle a pris part, dix jours durant, à « Terre sainte 2009 », un pèlerinage sur les pas du Christ. Une organisation impressionnante : « Au départ, explique Mgr Benoît Rivière, évêque d’Autun et responsable du monde étudiant pour l’épiscopat, on pensait être un millier. Moi-même, je me disais que 800, ce serait bien. Alors, là, 1 800, c’est un sacré succès ». Mille huit cents personnes à transporter jusqu’en Israël, puis à héberger, nourrir, prendre en charge… « Organiser un tel voyage aujourd’hui, en Terre sainte, avec autant de monde, c’est particulièrement compliqué. D’ailleurs, on n’aurait pas pu aller au-delà de 2 000, notamment pour l’hébergement », poursuit Mgr Rivière. Preuve des difficultés d’un tel voyage, ce problème de rupture de la chaîne du froid dans un campement, en Galilée, qui provoqua une belle panique : une centaine de jeunes malades, trois hôpitaux mobilisés, les autorités israéliennes en alerte…


Pèlerins français, avec leur chèche bleu, dans la vieille ville de JérusalemReste que l’évêque d’Autun aime à le souligner, l’équipe nationale, mise sur pied pour gérer toute l’organisation, a été d’une efficacité remarquable : « De jeunes professionnels, du même âge que les participants, tous bénévoles ». Le père Raphaël Buyse, responsable de la pastorale des jeunes pour le diocèse de Lille, complète : « Lors de la dernière réunion préparatoire à Paris, deux mois avant le départ, j’avais été très impressionné. Logistique, communication, sécurité…, tout avait été monté de manière très professionnelle ». Cette génération-là serait-elle plus douée que les précédentes ? « Moi, ce que je trouve, c’est qu’ils n’ont pas peur. Ils osent prendre des décisions, assument leurs responsabilités », juge Mgr Rivière.
Autre exemple, qui étonnera les plus anciens : parmi les pèlerins serviteurs, ces jeunes qui ont payé leur voyage uniquement pour assurer les services (repas, hébergement, accueil, orientation, gestion des quarante bus…), les trois branches du scoutisme catholique ont travaillé main dans la main : scouts de France, scouts unitaires et scouts d’Europe. « C’est nous, les évêques, qui les avons sollicités, et c’est vrai que cela a été un magnifique signe d’unité que de les voir travailler tous ensemble », indique Mgr Rivière. « Quand on leur proposait des temps en unité, chacun de leur côté, ils insistaient pour rester mélangés ! », se félicitait Thibault, l’un des deux responsables des pèlerins serviteurs.
Reste, bien sûr, l’expérience humaine et spirituelle. Que restera-t-il, chez cette « minorité, certes, mais minorité vraiment désireuse de recevoir et de partager » (Christian Kratz, évêque auxiliaire de Strasbourg), de ce séjour de dix jours, à travers le désert du Néguev, Bethléem, Tibériade, le mont des Oliviers, Gethsémani ou la basilique de la Résurrection, à Jérusalem ? « Moi, ces jeunes m’ont impressionné, jugeait, à l’issue du pélé, le cardinal Philippe Barbarin (Lyon). On les a sentis très demandeurs, dans tous les domaines. Et cela a été très beau de voir comment ils fortifient leur foi entre eux ». L’archevêque de Lyon le sait : peu de ces jeunes avaient ouvert la Bible par eux-mêmes avant de venir. Mais de place en place, mais aussi en côtoyant leurs aumôniers, les séminaristes et, surtout, ces évêques avec qui ils ont partagé ces dix jours, ils ont questionné, ils ont écouté, ils ont appris le silence. Ils ont aussi beaucoup prié. « Ca m’a vraiment permis d’approfondir ma foi personnelle », témoigne par exemple, Julie la Lensoise. C’est sûr, Terre sainte 2009 portera des fruits.

Benoît DESEURE
 

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