Un chalet pour le “potager social” de Liège

Mise en place de la toitureLes élèves de 7e année en menuiserie de “Don Bosco Liège” ont construit un chalet destiné à un potager social dans la banlieue liégeoise. Ils ont coordonné le projet qui a fait appel à la collaboration de plusieurs sections de leur école. Une aventure en partenariat avec l’Association “Espace Oxygène” qui émane d’une clinique psychiatrique, et avec le comité de quartier de Glain. (DBA n°956)

Les soignants de la clinique Notre-Dame-des-Anges de Glain ne manquent pas d’idées pour élargir l’espace des personnes fragilisées par les dépressions, les maladies mentales et les assuétudes, dans le but de les sortir du milieu hospitalier, de leur redonner une vie sociale. Sur un terrain offert par la ville, qui n’est plus tout à fait la clinique, mais qui reste sécurisant, ils proposent aux malades des activités sociosportives et socioculturelles. Les gens du quartier qui le souhaitent peuvent les rejoindre dans les animations proposées et profiter de ce terrain aménagé pour y rencontrer d’autres personnes, faire du sport, échanger, bavarder… C’est une aubaine pour un quartier marqué par la récession économique et qui accueille une population mélangée : plus de vingt nationalités y sont représentées.
Jean-François Pinchard, avec l’équipe des kinés et des ergothérapeutes, a lancé l’idée d’un potager social ouvert à tous : aux habitants du quartier et aux patients. Mais pour cela, il fallait un abri de jardin pour ranger les outils, et aussi pour cuisiner les légumes et partager un repas autour d’une table.

Un magnifique travail de collaboration

C’est ici que les élèves de Don Bosco entrent en jeu. Benoît Geelen, ergothérapeute et ancien élève a pensé à son école pour la réalisation de ce chalet. Au départ, il s’agissait avant tout d’une commande. Or, l’école a compris qu’un projet citoyen pouvait être développé à partir de là en favorisant la participation de plusieurs qualifications professionnelles.
Alexandre, Florent, Jérôme, Joseph et Julien, élèves de la 7e Qualification menuiserie ont porté le gros du projet durant un an : ils ont rencontré l’architecte, réfléchi aux contraintes techniques, pensé les plans et la structure en bois, lancé des appels d’offre aux fournisseurs de matériaux ; ils ont également coordonné le travail des autres corps de métier.Les soudeurs préparent les grilles de protection Électriciens, menuisiers, ébénistes, soudeurs, assistants en décoration, chauffeurs de poids lourds, techniciens des industries graphiques, tous se sont mis autour de la table pour connaître les besoins et apporter les meilleures réponses. Les réunions de chantier se sont succédées régulièrement avec les délégués de chaque spécialité. Chacun apportant ainsi ses compétences.
Commencée en novembre 2008, l’opération a connu un moment fort durant le long week-end de Pentecôte, en mai 2009. Le vendredi 29, les chauffeurs poids lourds entrent en action pour charger et transporter sur place les éléments réalisés à l’atelier depuis des semaines et montés en partie. Ils transportent aussi les machines, les outils. Les élèves de manutention aident pour acheminer le tout sur place.
Dans les mois qui précèdent, une société spécialisée avait placé l’égouttage et coulé une dalle. Les élèves en maçonnerie du Centre de Formation en Alternance Don Bosco avaient ensuite placé une hauteur de blocs pour garantir l’étanchéité.

Un week-end de Pentecôte qui a du souffle

Le chaletCe week-end-là, donc, on commence à monter l’ossature. C’est l’affaire des menuisiers de 5e et 6e années ainsi que des techniciens en industries du bois ; durant trois jours, ils se relayent. Les panneaux intérieurs et extérieurs sont placés, puis la structure portante du toit est ajoutée. L’esprit d’équipe est remarquable, les professeurs donnent des conseils appropriés. Le personnel de direction vient encourager et prêter main-forte, tandis que le personnel de la clinique assisté de quelques patients organise l’intendance et les repas. Les rencontres, les connivences se multiplient. Le lundi, l’essentiel est fait. Quelques jours plus tard, les élèves de la section “couverture” viennent poser la toiture. Les châssis et le bardage sont placés après les examens. Le 19 juin, on pose le “bouquet” qui fête la fin du gros œuvre. Un repas convivial rassemble tous les acteurs dans la bonne humeur.
Après l’interruption des vacances, et le temps d’organiser la reprise des cours, les travaux ont repris. Il a fallu réparer quelques dégâts causés durant l’été. Les menuisiers ont achevé le bardage et réparé la quincaillerie. Les électriciens ont posé les canalisations et l’éclairage, les ébénistes ont monté le mobilier et la cuisine équipée, les décorateurs sont encore occupés à ajouter la touche finale.
En janvier, on procède à la sécurisation du site : pose de cornières d’angles sur le chalet, placement des fenêtres et des grilles de protection réalisées par les élèves de soudure, installation d’une alarme et d’un éclairage avec capteurs d’approche par les élèves de 7e électronique. Dès le printemps, le chalet sera opérationnel.
Cette opération “citoyenne” a été non seulement une excellente démonstration de ce qu’on arrive à faire quand on met ses talents au service d’un projet, dans une belle complémentarité, mais encore une occasion formidable de se battre ensemble contre des préjugés : les patients en psychiatrie ne sont pas dangereux. Ils ont surtout besoin de retrouver une vie sociale et les gestes du quotidien pour reprendre pied dans la vie.

Jean-François MEURS

Nicolas Mathieu, élève en menuiserie, pendant le W.E de Pentecôte : "Voir le chalet à l'atelier puis le voir ici, fixé et monté, c'est une grande satisfaction" et "on aime bien voir les gens qui sont heureux en sortant d'ici. On réalise leur projet et notre projet en même temps. C'est ce qui nous motive de venir travailler ici".
Jonathan Bonina, élève en menuiserie : "Voir le sourire sur les visages des bénéficiaires de la clinique psychiatrique, tout contents de voir des gens qu'ils ne connaissent pas faire quelque chose pour eux, c'est amusant".
Julien Mozin, 7e “Technicien des constructions en bois” : “Mettre mes compétences au service des malades, c’est une expérience qui restera gravée dans mon cœur".

 

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