Académie

À Turin, ils apprennent leur métier d'artiste

967_1003Ils s’appellent Eugenio, Daniella, Lucia, Jacobo… leur rêve : devenir acteur, chanteur ou danseur. Pour cela ils ont frappé à la même porte : l’École de Formation des Acteurs, une structure de l’Académie du Spectacle à Turin. En trois ans, ils ont reçu une formation de qualité. De plus, ils ont participé à diverses représentations et tournages. L’Académie du Spectacle lève le rideau. (DBA 967)

 

 

Septembre 2011. Les élèves de l’École de Formation d’Acteurs sont sur scène pour le tournage d’une comédie musicale « Scrooge, un chant de Noël », d’après l’œuvre de Charles Dickens. Le roman est repris par Mario Restagno, le directeur de l’école. C’est la quatrième production que réalise l’académie, après le Géant égoïste, les Aventures de Pinocchio et Hamelin. La démarche se veut éducative : proposer aux écoles des productions pour permettre à la fois une réflexion avec les enfants et aussi de rejouer sur scène ce que les enfants auront vu à la vidéo. Le projet est ambitieux mais réaliste. Soutenu par Missioni Don Bosco, ce sont trente mille DVD qui sont produits et distribués gratuitement dans les établissements du pays. L’année dernière, cent soixante-dix écoles ont repris les aventures de Pinocchio pour le remettre en scène.
L’activité de l’académie a commencé en 1987 avec la production de la première comédie musicale originale créée à Turin : « Le Big red maple », écrit par Mario Restagno. À cette occasion, le casting a montré le manque de jeunes acteurs en mesure de réciter, danser et chanter. La plupart des candidats était capable de pratiquer un art, deux au maximum. Fort de cette expérience, l’Académie a décidé de créer une école de formation.

 

967_1002La « Scualo Formazione Attore »
L’académie du spectacle est donc à la fois un centre de production de théâtre et de cinéma et une école de formation des acteurs. Installée dans les bâtiments de l’oratoire salésien Saint-Paul, l’académie dispose de salles de danse, de studios d’enregistrement pour le tournage et le montage. Elle fait appel à des professionnels du métier de la danse, du chant et du théâtre.
L’école de formation est organisée en deux sections, l’une pour les plus de dix-huit ans avec une formation de trois ans, et l’autre pour les six à dix-huit ans. Elle prend, comme référence, les méthodes adoptées dans le monde anglo-saxon, en proposant une formation dite « globale ». En étudiant les trois principales disciplines, que sont la danse, le chant et le théâtre, les étudiants acquièrent ainsi une compétence multidisciplinaire.
L’école accueille chaque année seize nouveaux étudiants. Un chiffre bas ? C’est un choix pour permettre de donner une formation de qualité à chaque élève. L’école accueille aussi des étrangers. L’année dernière, un Américain, un Estonien, un Roumain et un Colombien ont suivi la formation.
L’étudiant découvre que devenir artiste s’inscrit dans un long processus. Il devra travailler très dur avant d’avoir quelques résultats. Il aura à résister à la fatigue, la souffrance, le désespoir, les tensions avec leurs pairs, avec les enseignants. Ramon et Daniela, anciens élèves, évoquent la formation : « Nous étudions du mois d’octobre au mois de juin, tous les jours huit heures. Il y a des jeunes qui viennent de toute l’Italie. Et tous les ans nous sommes engagés à réaliser un projet destiné aux écoles. Par exemple j’ai été une des artistes de Hamelin. C’était une expérience fatigante et très émouvante. « Le travail est difficile, ajoute Irène. Mais il faut de la patience, de la persévérance. À la fin on obtient des résultats qui nous rendent fier de nous-mêmes. » Saran, enseignante, s’exprime : « Apprendre un art, c’est un parcours long. Cela requiert de l’humilité, du sacrifice. Ainsi étudier l’art devient une formation humaine aux grandes valeurs de la vie et de l’esprit. »

Un partenariat franco-italien
L’année dernière, l’Académie du Spectacle a reçu une proposition de l’Atelier Multimédia, un service de communication des salésiens de don Bosco en France, de travailler à la réalisation d’une comédie musicale, intitulée « Sur la corde raide ». Ce projet, réalisé par Jacques Rey, raconte l’histoire d’un jeune d’aujourd’hui, en galère, faisant la connaissance d’un gars du temps de Don Bosco. Des chorégraphies inventées par Sabrina Scolarie et Lucia Carnevale ont accompagné les chants de Téo Mertens. Une première rencontre en avril avec l’ensemble de la troupe – acteurs français et danseurs italiens – a permis de faire connaissance et de commencer à répéter quelques scènes. Puis début juillet c’étaient les répétitions et le tournage durant dix jours. Le montage est en cours de réalisation. Le produit sortira pour le mois de décembre. Une belle expérience vécue par les élèves de l’Académie du Spectacle qui, grâce à cette comédie musicale, permettra de redécouvrir la pédagogie de Don Bosco.

 

Dans le premier oratoire de Turin, le théâtre, les chants, la musique tenaient une place importante dans la vie du Valdocco. En permettant à des jeunes, rejetés par la société de l’époque, de mettre ainsi en avant leur talent, Don Bosco leur offrait la possibilité d’être reconnu. Aujourd’hui, une bonne formation est nécessaire pour permettre à des jeunes de rêver un métier des arts scéniques. L’Académie du Spectacle s’y emploie et veut donner aux jeunes tous les moyens pour que ce rêve devienne réalité.

Vincent GRODZISKI

Site :  L’académie :  www.accademiadellospettacolo.it
 L’école : www.scuoladimusical.org


967_1004Une œuvre au-delà de l’Atlantique : le mythe de la création
Les étudiants de l’École de Formation des Acteurs ont été engagés en juin dernier dans une production vidéo destinée au Musée anthropologique de Campogrande Brésil. Le sujet a été travaillé par Sabrina Scolari. Pour monter cet œuvre, Sabrina s’est rendue au Brésil : grâce à Missioni Don Bosco, elle s’est rendue avec une équipe de chercheurs qui étudie depuis longtemps les populations indigènes du Brésil dans le Mato Grosso. Ils ont rassemblé beaucoup de matériel, avec une remarquable collection de mythes qui racontent l'histoire, les événements et les héros de ces groupes ethniques.
L’intention de Sabrina a été de transformer certains de ces contes en chorégraphie dans le but de promouvoir la culture de ces groupes peu connus et peu reconnus ethniquement : « L'art est fascinant. Il se sert de la beauté pour montrer que l’amour est une valeur universelle qui nous unit - c'est ce que nous avons en commun au-delà des nombreux concepts de l'homme du monde. Une légende Bororo a été choisie comme première expérience. »

 

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