Astorgano

967_1005Angel Astorgano : porte-parole de l’enseignement catholique

Depuis plus de dix ans, le Père Angel Astorgano, salésien, préside l’ “Office International de l’Enseignement Catholique” (OIEC). Le Recteur Majeur lui a demandé de présider “Don Bosco International” (DBI) afin de faire entendre la voix de la congrégation auprès des institutions européennes et mondiales.  (DBA 967)

DBA : Père Angel, qui êtes-vous ?
Père Angel Astorgano : J’ai été élève à l’école technique Don Bosco de Bilbao, et je suis devenu ingénieur en électronique. Salésien, j’ai étudié les sciences de l’éducation à la célèbre université Deusto des pères jésuites. J’ai été professeur d’électronique et coordinateur de la pastorale de l’école, puis directeur, à Bilbao, et ensuite à Burgos. J’ai été appelé à devenir économe provincial de la province basque, et en même temps délégué à l’éducation. C’est ainsi que j’ai fait partie de la Fédération Espagnole des Religieux Enseignants. J’en suis devenu le secrétaire général en 1993, résidant à Madrid jusqu’en 2000. À ce titre, j’ai participé aux assemblées de l’OIEC, l’Office International de l’Enseignement Catholique, qui regroupe les fédérations nationales. À ma grande surprise, la région d’Amérique latine a proposé ma candidature pour le poste de secrétaire général, et j’ai été élu à Brasilia en 2002. Depuis lors, mon pied-à-terre est à Bruxelles, puisqu’il s’agit de représenter l’enseignement catholique notamment auprès des Communautés européennes. Mon mandat a été renouvelé. Après dix ans, j’ai l’avantage de connaître les responsables de l’enseignement catholique dans de nombreux pays.

DBA : Vous voyagez beaucoup. Pouvez-vous nous donner une idée de votre travail ?
P.A.A. : L’OIEC est l’organisme qui représente l’enseignement catholique mondial auprès des grandes instances comme l’ONU à New York, l’Unesco à Paris, le Conseil de l’Europe à Strasbourg, le Vatican. Le monde catholique peut ainsi dire une parole dans ces lieux où l’on réfléchit et propose des pistes d’action pour l’éducation, l’enseignement, la culture, la jeunesse.
Pendant mes différents mandats, nous avons beaucoup travaillé selon deux axes : la qualité de l’enseignement catholique, par la formation des professeurs, et l’identité des écoles catholiques, qu” il est devenue problématique en Europe.
J’ai aussi beaucoup voyagé pour faire se rencontrer les écoles catholiques dans le monde entier, - il est important qu’il y ait une certaine unité de parole -, et pour favoriser la communication entre les différentes fédérations, les échanges d’expériences, affronter les difficultés communes. C’est aussi le lieu de collaboration, de coopération, et aussi de solidarité avec les pays défavorisés. L’idée générale est de faire de l’école catholique un lieu d’espérance dans un monde en crise généralisée, en éduquant aux droits de l’homme.

DBA : Quelles sont les avancées les plus encourageantes de ces dernières années ?
P.A.A. : Nous avons beaucoup investi en Afrique et en Asie, parce que ce sont les régions les plus faibles, les moins organisées. En Afrique, nous avons travaillé pour que chaque pays ait une organisation qui fédère les établissements catholiques. Actuellement, vingt-trois pays possèdent cette organisation. Tenant compte du problème de la multiplicité des ethnies, nous avons mis en place des formations adressées aux professeurs, pour créer une culture de la paix et du vivre ensemble.
Le problème de l’Asie est qu’il n’existe pas de sentiment d’appartenance à un même continent : les Indiens ne se sentent pas asiatiques, ni les Thaïlandais, ni les Philippins, etc. Il n’y a pas de langue commune, même pas l’anglais. Nous essayons de créer une mentalité “régionale” entre les dix-huit pays qui font partie de l’organisation.
Le Moyen-Orient est une mosaïque de peuples, de communautés chrétiennes et de cultures. C’est la dimension interreligieuse et interculturelle qu’il faut développer par un équilibre des membres délégués.

DBA : Le Recteur Majeur vous a chargé de la présidence de “Don Bosco International”. De quoi s’agit-il ?
P.A.A. : DBI est une organisation non gouvernementale. Elle est la “face civile” de la congrégation salésienne : elle lui permet d’être représentée officiellement auprès des grandes instances comme l’ONU, l’Union Européenne. Ainsi, un salésien fait partie de l’ECOSOC (le Conseil Économique et Social) à New York. Elle assure une présence significative dans les divers forums européens et internationaux, faisant connaître l’avis et l’action de la congrégation aux diverses commissions qui s’occupent de l’éducation, de la culture, de la jeunesse. C’est aussi un outil pour recueillir la réflexion et l’information qui vient de ces travaux et congrès pour les diffuser auprès des provinces salésiennes. Pour les sensibiliser, par exemple, aux diverses situations des jeunes immigrés en Europe, et pour élaborer des programmes sociaux et culturels. Elle coordonne les synergies et les initiatives qui surgissent dans les milieux salésiens.

DBA : DBI a son bureau en Belgique. Pourquoi pas à Rome, puisque le Recteur Majeur tient beaucoup à développer cette organisation, et veut qu’elle travaille en communion avec le conseil.
.P.A.A : L’idée de DBI est du père Luc Van Looy alors qu’il était Vicaire Général de la congrégation. Elle a été saisie au bond par le Père Van Hecke, qui était responsable de la région salésienne “Europe du Nord”, qui va de l’Angleterre à la Russie. Cette ONG est déjà reconnue par la Belgique, et c’est pourquoi le bureau se trouve à Bruxelles. Outre le fait que Bruxelles est le centre de l’Europe. Le Recteur Majeur a nommé un secrétaire permanent, Mattia Tosato, ancien élève des salésiens de Milan, qui assure le lien avec le Conseil Supérieur.

DBA : Quel est votre plan d’action et les défis que vous vous donnez ?
P.A.A. : Une des premières tâches sera de faire connaître l’existence et l’utilité de cette ONG dans les diverses provinces salésiennes du monde entier. Les sœurs salésiennes sont concernées et participent déjà aux assemblées générales qui ont lieu tous les quatre ans. Il s’agira aussi de clarifier et de rationaliser les différentes ONG qui ont pour but de mettre en réseau la jeunesse salésienne : “Don Bosco Youth-net”, qui existe depuis dix ans, et qui favorise les échanges entre jeunes qui travaillent en lieu salésien à travers l’Europe ; “Don Bosco Network” qui est un réseau de différentes ONG salésiennes de coopération internationale comme le VIS (Volontariat International Salésien), ou encore le MSJ, Mouvement salésien des jeunes, qui anime les animateurs. Enfin, être partie prenante du “Projet Europe” qui veut créer une plus grande mobilité des salésiens à travers l’Europe, et une plus grande solidarité, afin de répondre aux défis et aux pauvretés du monde des jeunes. Et pour cela, assurer la pérennité de la pédagogie et de la spiritualité de Don Bosco malgré la diminution des religieux et des religieuses.

Propos recueillis par Jean-François MEURS

Pour plus d’informations : www.infoiec.info

 

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