Sur la corde raide

Bénédicte et Denis, salésiens coopérateurs

familleBénédicte et Denis habitent Poitiers. Ils ont trois enfants Durant la semaine, Bénédicte travaille à l'aumônerie de Poitiers-Est alors que son mari a un poste chez Canon. Il sillonne la région et va très souvent sur Paris. Les journées se suivent et ne se ressemblent pas. Profitons de la pause du week-end pour passer une journée avec eux. (DBA 951)

« Ouf ! » s'exclame Denis. Après une semaine chargée de stages sur Paris et des visites chez des clients, le voilà chez lui pour décompresser. Prendre du temps avec sa famille, c'est la priorité numéro 1 du week-end. Il s'agit ici d'un week-end, un peu particulier. En effet, Bénédicte a organisé un temps fort pour les collégiens de l'aumônerie sur le thème de la prière et la protection de Don Bosco. Ils sont trente jeunes à répondre présents. Et nous voilà partis vers le monastère de la Cossonière. La marche est assez longue ; cela permet à chacun de discuter. Occasion aussi de comprendre ce qui pousse Denis à s'impliquer dans les activités de son épouse. « Il est important qu'on ait des activités en commun. Il est vrai que je conçois ma mission de Salésien coopérateur dans les différents lieux où je suis : d'abord en famille. Mais aussi dans mon travail et mes engagements syndicalistes et associatifs. Je me laisse guider par une seule question : Pour quoi je m'engage ? Dans quel esprit ? L'expérience de Don Bosco me parle. Il a été proche des jeunes, les formant à être de bons chrétiens et d'honnêtes citoyens. Dans un monde qui privilégie la compétitivité, on risque de ne plus respecter la personne. L'important, c'est le dialogue avec l'équipe avec ce regard constructif salésien, pas un regard revendicatif mais qui soit force de propositions, avec des idées nouvelles, innovantes. »

En arrivant à la Cossonière, Bénédicte va chercher les clés et Denis lance un jeu de ballons avec les jeunes. Une salle est mise à la disposition du groupe. Bénédicte prend plusieurs chants. L'occasion est donnée à chacun de se présenter, car les jeunes viennent de différentes aumôneries. Midi sonne. Chacun sort son pique-nique. Une nouvelle occasion de poursuivre l'échange. Bénédicte et Denis précisent leur cheminement chez les Salésiens Coopérateurs. Denis est un ancien élève de l'Institut Lemonnier. « Avec Jean-François, un ancien aussi de Lemonnier, j'ai effectué ma coopération à Kénitra dans une œuvre salésienne. Cette expérience m'a marqué à la fois par la découverte d'une autre culture et aussi de voir comment l'esprit salésien pouvait se vivre dans une œuvre marocaine. Au retour, Jean-François s'est engagé chez les coopérateurs. Un peu plus tard il m'en a parlé. Bénédicte était plutôt réservée mais me laissa la possibilité de cheminer avec le groupe de Caen. Nous avons dû déménager pour des raisons professionnelles. Nous sommes arrivés à Poitiers. Une nouvelle expérience se présentait car il n'y avait pas de salésiens coopérateurs dans le secteur. Nous sommes rattachés au groupe de Pouillé, à côté d'Angers. » Bénédicte prend le relais : « C'est à partir de ce moment-là que je me suis reposé la question. Je retrouvais des familles de notre âge ; par la mission à l'aumônerie, j'ai été touchée aussi que des « coop » me donnent un coup de main dans la réalisation d'un projet avec des jeunes. Et enfin, je trouve la pédagogie salésienne proche de ce que je vis au contact des jeunes. L'esprit festif, de l'action, de célébration adaptée aux jeunes, tout cela me marque et c'est ce que j'ai envie de partager avec les jeunes. Ce que j'apprécie dans nos rencontres bimestrielles du groupe de Pouillé, c'est le fait qu'on puisse faire relecture de notre vie, à la fois sur le plan professionnel et familial. Je me sens portée par le groupe dans la prière. »

monastereLe pique-nique terminé, des jeunes donnent un coup de main pour le nettoyage.
13 h 30. Le groupe se dirige vers le monastère pour prier « nones » avec les moniales. Puis les ateliers se mettent en place. Pour les 6èmes, 5èmes et 4èmes : atelier mosaïque, atelier « découverte de Don Bosco » à partir de différents supports ludiques et un atelier « fabrication d'un dizainier » avec réflexion sur la prière. Quant aux 3èmes, ils travailleront la présentation de Don Bosco en vue du spectacle « Témoins de tous les temps ». Les jeunes de 3ème sont marqués par la vie de Jean Bosco et vont retenir quatre épisodes de sa vie qu'ils présenteront par un montage vidéo. Déjà l'heure du goûter les rassemble avant de clôturer la journée par la célébration eucharistique. Une belle journée où les jeunes ont pu approfondir leur foi en vivant le temps de l'accueil, de la rencontre, du jeu, de la réflexion et de la célébration.

Le repas du soir permet de faire le point sur la journée passée. Bénédicte et Denis sont satisfaits. À l'Eucharistie, ils étaient étonnés de voir autant de parents. Depuis un certain temps, ils réfléchissaient à monter un groupe « coop » sur Poitiers. Pour cela ils en ont parlé à des amis et aujourd'hui ils sont sept à se retrouver en soirée, une fois par trimestre : cela commence par un temps de célébration eucharistique ; puis un temps de convivialité autour du repas partagé et d'une question en lien avec la vie. Les cinq amis se disent « regardants ». Ils apprécient la pédagogie salésienne. Bénédicte et Denis ont l'occasion de leur en parler quand un sujet lié à l'éducation des jeunes est abordé. Cette pédagogie salésienne influence Bénédicte et Denis dans l'éducation de leurs enfants. « Nous avons notre façon de nous y prendre, partage Denis. Pour nous il est important de mettre en valeur aussi chez l'enfant « le savoir être ensemble ». C'est la vie de famille. Être capable de jouer aux cartes, partir en vacances, avoir des week-ends entre nous... La notion du savoir être est celle du cœur, de la mise en responsabilité, de la confiance. Nos enfants ne sont pas tendres entre eux. Et pour dédramatiser les situations nous utilisons beaucoup l'humour. Cela désamorce le conflit, et cela montre le côté ridicule de la situation. »

Au programme de la soirée : projection du film « St Jacques - La Mecque », une belle comédie pour se détendre de la semaine tourbillonnante. Minuit est passé. Le film se termine. La journée de dimanche s'annoncera plus calme et permettra à chacun de décompresser avant de reprendre une nouvelle semaine « tourbillonnante » !


Vincent GRODZISKI

Coopérateurs de l'œuvre de Don Bosco
Troisième branche de la Famille salésienne, les salésiens coopérateurs participent à la mission reçue de leur fondateur, Don Bosco, dans leur vocation de laïcs, là où ils sont, famille, travail, association, Église. Ils sont 35.000 à travers le monde.
Poser un regard bienveillant sur le monde d'aujourd'hui, ne pas gémir sur celui d'hier, reconnaître en chaque jeune l'amour prometteur de Dieu, lui transmettre les valeurs reçues de son baptême, se sentir et vivre en solidarité avec ceux qui nous entourent, telle est la vocation de tout chrétien sans doute, mais de chaque salésien coopérateur certainement. Si Don Bosco voyait d'abord en eux les plus proches « coopérateurs de son œuvre », aujourd'hui ils sont partenaires quand cela leur est possible des salésiens religieux et religieuses. « Je suis actuellement infirmière dans une école salésienne, je me laisse imprégner et transformer par la pédagogie de Don Bosco. » nous dit M. Hélène.
Leur engagement se concrétise dans une promesse qui devient pour chacun un véritable lieu de son ressourcement. Ils se retrouvent régulièrement dans leurs équipes pour une journée de prière et relire leur vie à la lumière de l'Évangile et « Projet de Vie apostolique », le livret remis le jour de leur promesse. Ils se forment à la pédagogie héritée de Don Bosco, accompagnés fidèlement par les délégués religieux et religieuses garants du charisme.
M. Hélène poursuit : « Quand j'ai devant moi, une tête un peu triste, quelques petits mots glissés à l'oreille, et le visage s'éclaire d'un merveilleux sourire, et je peux vous dire que cela fait ma joie. Je ne suis pas toujours d'accord avec les jeunes, et dans l'infirmerie, il m'arrive de leur dire non, et de leur expliquer pourquoi ; ils ne m'en veulent pas puisqu'ils reviennent toujours. Je crois sincèrement qu'ils savent très bien que je les aime, comme une maman peut aimer ses enfants, comme Maman Marguerite les aimait ». Maman Marguerite : première coopératrice !


Christine MEAUX, coordinatrice provinciale de France

 

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