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Page 1 sur 2 « J’ai toujours tellement aimé mes sœurs ! »
« Un jour viendra où un lien intime unira votre famille et ma congrégation », avait dit Don Bosco à l’abbé Andrea Marconi, secrétaire de l’évêque d’Arezzo et oncle de Marie-Thérèse. Il fut prophète ! Sœur Marie-Thérèse fut ce lien et permit à des centaines de sœurs et de jeunes de mieux connaître Don Bosco et d’être fidèles à son esprit. (DBA 948)
Maria Teresa naît à Pise en 1884. Six ans plus tard, sa famille s’installe en Sicile à cause de la profession militaire du papa. Maria Teresa, suivie bientôt de ses petites sœurs, passe beaucoup de temps avec les Filles de Marie-Auxiliatrice, dans un milieu très pauvre, mais marqué par la fraîcheur et la ferveur des débuts de l’Institut. En 1904, elle est accueillie comme postulante par Mère Madeleine Morano, aujourd’hui bienheureuse, à Ali Marina. Après ses premiers vœux à Nizza Monferrato en 1906, elle obtient le diplôme d’institutrice et a la chance d’être initiée à la pratique du système éducatif salésien par Sœur Felicina Fauda, alors directrice de Nizza. Bientôt elle est envoyée de nouveau en Sicile, à Catania, et sa prière de jeune enseignante sera exaucée : « Seigneur, je ne suis pas capable d’exercer une autorité qui s’impose ! Accorde-moi d’en imposer par la bonté ». Les petites Siciliennes l’adoreront au point de guetter ses moindres désirs. Elle sourit un jour devant des iris. « Vous les aimez ? » En deux temps trois mouvements, il y eut une invasion d’iris dans sa chambre, en classe et dans toute la maison !
Transmettre l’esprit des origines Quand, en 1922, Sœur Felicina Fauda devient provinciale de France, celle qu’on appellera désormais Sœur « Marie-Thérèse », à la française, devient sa secrétaire. En 1927, elle est nommée provinciale des maisons de Belgique. La province belge n’est autonome que depuis 1920 car, depuis la première présence à Liège en 1891, les sœurs ont été successivement rattachées aux provinces française et anglaise. Elle succède donc à la première provinciale de Belgique, Madeleine Pavese. Ce qui lui tient le plus à cœur, c’est la formation des sœurs à l’esprit de Don Bosco. Elle connaît un salésien qui a accès aux archives de la Congrégation et elle le prie de communiquer à ses sœurs, chaque semaine, « des trésors de salésianité ». C’est ainsi que les sœurs belges connaissent les vies de Marie-Dominique Mazzarello, Elisa Roncallo, Angela Vallese, Teresa Valsè, Teresa Gedda… avant même qu’il existe des traductions de leurs biographies !Elle transmet avec spontanéité et efficacité son sens d’appartenance à l’Institut et son affection pour les supérieures. Elle met beaucoup d’énergie à favoriser l’entente entre toutes : « Quand dans une maison, des sœurs flamandes, wallonnes, italiennes, slovènes, polonaises et allemandes travaillent dans une fraternelle concorde, c’est un signe de bon esprit salésien ! » Elle ouvre les internats de Grand-Bigard et de Courtrai, la maison d’études pour les sœurs à Heverlee, l’école paroissiale de Gerdingen et la maison de repos pour les sœurs, également à Courtrai. Elle porte cette maison dans son cœur au point d’espérer y terminer sa vie. Elle suit de près également les sœurs qui se préparent à partir au Congo. En 1933, elle visite d’ailleurs les maisons de ce pays, qui relevaient de sa province. « Ne désirons rien de plus que ce que le Seigneur nous demande, nous donne jour après jour, aime-t-elle dire. Avant tout pour poser un acte d’amour et de confiance en lui, ensuite parce que nous ne serons jamais bien que là où lui nous place ».
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