Xavier, prêtre sans frontières |
Le 22 juin 2009 dernier, au lendemain de l’ouverture de l’année sacerdotale, Xavier de Verchère a été ordonné prêtre. Ce salésien de 34 ans, part cet automne comme missionnaire à Ndjaména au Tchad. (DBA n°954)DBA : As-tu eu toujours ce désir de devenir prêtre ? Pourquoi ? XdV : Le désir de donner ma vie au Christ et pour l’Évangile est venu tardivement quand étais étudiant vers 21 ans. J’ai été éduqué dans une famille chrétienne et pratiquante, la foi a toujours été une évidence. Mais comme adolescent, le prêtre n’était pas une figure qui me parlait ! Je pensais fonder une famille, travailler dans une entreprise, avoir mon « chez moi ». Très engagé dans le scoutisme, j’étais plein d’idéaux et habité par des engagements plus radicaux. À 16 ans, au moment de ma confirmation, je pensais faire médecine pour travailler comme médecin sans frontières. Finalement, j’opte pour une formation d’ingénieur. Puis au cours de ces études, des questions plus radicales m’ont beaucoup travaillé. Que faire de ma vie ? Qu’est ce que Dieu attend de moi ? J’ai aussi rencontré la Mission de France, des Salésiens. J’étais animateur à la messe des jeunes à Ste Marie de la Guillotière. J’ai rencontré aussi ces années-là Anne-Claire qui est devenue mon amie. La question de fonder une famille se posait et à la fois je sentais un non-accomplissement dans la vie conjugale. Notre séparation a été un arrachement. Après l’ECAM en octobre 1999, je pars en coopération en espérant trouver une réponse. C’est alors que j’atterris chez des Salésiens à Korhogo en Côte d’Ivoire pour enseigner les maths. Ils m’ont accueilli comme un frère et m’ont fait pleinement confiance dans le travail. J’ai découvert la vie en pays de mission avec ses joies et ses défis. Ça a été une révélation. DBA : Comment qualifierais-tu la spécificité du sacerdoce salésien ? XdV : Pour moi le modèle, c’est Don Bosco lui-même. Il fut à Turin le prêtre des jeunes qui n’avaient pas de paroisses. Le prêtre salésien est un missionnaire qui n’a pas peur d’aller aux marges. Le charisme salésien lui permet de trouver son unité dans la diversité des approches pastorales et éducatives en faveur des jeunes. Toutes les dimensions de la personne le concernent (affective, corporelle, intellectuelle, spirituelle). Je suis aussi convaincu que le prêtre salésien doit être aussi un prophète là où il est : défendre les jeunes contre les injustices dans lesquelles ils se trouvent et parler pour eux afin de défendre leurs droits. DBA : Dans notre monde, en quoi la présence de prêtres peut encore aider, notamment les enfants et les jeunes ? XdV : L’homme face à des expériences difficiles se pose toujours des questions fondamentales sur le sens de la vie. Ceci est encore plus vrai des jeunes mais ils ne trouvent pas toujours des interlocuteurs pour se faire comprendre. Le prêtre peut les aider en les accompagnant dans ce questionnement. Sa mission est de faire révéler le projet l’amour de Dieu pour chacun. Amour qui s’exprime de multiples manières. Par ailleurs, le prêtre est l’homme qui rassemble, qui crée des liens. Dans une société individualiste comme la nôtre, son message est essentiel pour aujourd’hui. Un chrétien seul est un chrétien en danger ! DBA : A des jeunes hommes qui se poseraient la question du sacerdoce, que conseillerais-tu ? XdV : Bien choisir son accompagnateur spirituel me paraît essentiel pour commencer. Ensuite, se demander quelle figure de prêtre ou de saints nous marque le plus. Les biographies sont très importantes de ce point de vue. Ne pas avoir peur de rencontrer des prêtres différents dans le style de ministère pour enrichir son propre questionnement. Enfin si la personne estime que la question est profonde, vivre une retraite spirituelle peut être utile pour se mettre sous le regard de Dieu. Propos recueillis par Sébastien ROBERT |
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