 « Affectivité et autorité », c’est le thème abordé lors du 4ème congrès de l’éducation les 21-22 octobre, organisé par le Centre Jean-Bosco*. Plus de 250 personnes du réseau salésien et invités ont pu ainsi approfondir, grâce à différentes interventions, un sujet d’actualité où la pédagogie salésienne garde toute sa pertinence pour aujourd’hui. (DBA n°956)
L’autorité en crise ? Doit-elle s’opposer à l’affectivité ? Quel doit en être le positionnement des parents, enseignants, éducateurs ? Comment Don Bosco a-t-il intégré la notion d’autorité et d’affectivité dans sa pédagogie ? Comment a-t-elle évolué au fil de son temps et jusqu’à aujourd’hui ?... Autant de questions abordées durant ce congrès. Dans son développement, Guy Avanzini* resitue le concept d’« autorité ». « La pédagogie salésienne permet de considérer les deux notions non seulement comme compatibles mais même comme solidaires et interactives. L’autorité est reconnue à celui qu’on estime et qu’on aime… Don Bosco ose dire explicitement que l’autorité est suspendue à l’affectivité, reçue et perçue. » Morand Wirth* évoque, quant à lui, le sujet par une approche historique. « En 1863, c’est le début de l’expansion des écoles. Don Bosco pense à former les nouveaux directeurs selon l’esprit du Valdocco. Il leur donne quelques conseils : « Tâche de te faire aimer plutôt que de te faire craindre ; que la charité et la patience t’accompagnent dans tes ordres et tes corrections ; veille à ce que rien ne manque à tes professeurs ; aie le souci de te faire connaître de tes élèves… » Pour l’époque, ces propos sont déjà une révolution. Paroles qui prennent une résonance particulière aujourd’hui alors que l’équilibre reste à trouver entre la distance et la proximité avec les élèves. « Les personnes qui font autorité ne sont pas celles qui ont le verbe haut, explique Xavier Lacroix*. Ce sont plutôt celles dont on sent que la parole n’est pas aléatoire, mais orientée et unifiée par un principe intérieur de cohérence et de clarté… L’autorité est une force ; et l’enfant attend de son père une certaine force, une force morale, qui est pressentie et accueillie comme venant de l’intérieur, du plus intime de la personne. » Le professeur Jeammet* précise : « L’autorité est liée au fait que l’adulte est devant. Il a une antériorité. Celle-ci est renforcée par l’immaturité physique et affective de l’enfant. Ce n’est pas votre enfant en naissant qui va vous dire : ‘J’ai opté pour une éducation libérale. Vous lui imposez une éducation libérale. Si vous lui dites tout petit ‘tu feras tout ce que tu voudras’ ce n’est pas lui qui choisit, c’est vous et lui va subir cette situation, comme il va subir une éducation un peu plus autoritaire, avec ses avantages et ses inconvénients. » Jean-Marie Petitclerc* pointe trois exigences en autorité : une exigence d’authenticité ; une exigence de bienveillance ; et une exigence de justice. En ouvrant le congrès, Alain Beylot souhaitait que cette manifestation « puisse être l’occasion d’un approfondissement et d’une actualisation des sources salésiennes avec des moments de rencontres interpersonnelles dans un climat de joie et d’amitié. » Pari réussi ! Notons aussi la remarquable prestation théâtrale des lycéens de Marseille-Sévigné ainsi que celle des enfants du même établissement en chorale et cela au cours de la veillée.
Vincent GRODZISKI
Pr GUY AVANZINI, professeur émérite à l'Université Lumière Lyon II. P. MORAND WIRTH, Professeur à l'Université Pontificale Salésienne (Rome). Pr XAVIER LACROIX, professeur à l'Université Catholique de Lyon.P. JEAN-MARIE PETITCLERC, éducateur salésien, directeur du Valdocco Pr PHILIPPE JEAMMET, professeur de pédopsychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'Université Paris Descartes |