
Le dimanche 20 septembre 2009, Emmanuel Besnard s'est engagé définitivement dans la congrégation des religieux salésiens de Don Bosco, en prononçant les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Au terme de 7 années de formation et de discernement, il s'est engagé à « être dans l'Église signe et porteur de l'amour de Dieu aux plus jeunes, spécialement les plus pauvres » (constitutions salésiennes n° 2). Aujourd’hui il termine sa théologie à Lyon.
(DBA n°956)
DBA : Emmanuel, comment relis-tu ce temps de formation initiale où tu as cheminé avec tes confrères à la découverte de la vie religieuse et de sa mission ?Emmanuel Besnard : Ce temps de la formation initiale restera celui de mon inscription dans la tradition pédagogique et spirituelle qu’a initié Jean Bosco. J’ai l’intime conviction que si le charisme de Don Bosco a eu la fécondité que l’on connaît, c’est parce qu’il alliait harmonieusement son travail d’éducateur et sa vie de prêtre. J’ai ainsi découvert que disponibilité à Dieu et action éducative pouvaient s’articuler dans une même vie salésienne. Pour moi, toutes deux participent d’un même engagement missionnaire au service de l’Église et de la société. Et puis la formation initiale a été aussi une belle aventure fraternelle avec mes confrères et les sœurs salésiennes. Je trouve heureux de pouvoir partager un même essentiel avec eux, au-delà des différences d’approches. J’ai appris à leur contact que vivre, prier et travailler ensemble est une véritable école de vie !
DBA : Lors de tes vœux perpétuels, tu as rappelé que les religieux étaient appelés aux frontières de l'Église. Comment expliques-tu la mission des religieux dans nos sociétés actuelles, auprès des « plus pauvres » ?E.B. : L’histoire nous montre que la vie religieuse n’a jamais été aussi florissante que lorsqu’elle agissait auprès des personnes aux marges de la société. La mission du religieux, c’est d’être présent de manière préférentielle auprès de celles et ceux qui fragilisés par la vie, sont délaissés, rejetés, voire enfermés. Il s’agit de les rejoindre sur leurs routes, puis de grandir avec eux pour qu’ils soient libérés de ce qui les aliène et les empêche de vivre heureux. Avec ses frères et ses sœurs, le salésien religieux tente d’éduquer les jeunes les plus vulnérables. Il se fait passeur pour que les jeunes qu’il accompagne entrent peu à peu dans leur terre promise, et il se fait pasteur pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de l’Évangile.
DBA : Tu as reçu, dimanche 11 octobre, l'ordination diaconale en vue du sacerdoce. Avec tes vœux définitifs, tu témoignes d'un engagement. Comment pouvons-nous aujourd'hui expliquer aux jeunes les valeurs d'un engagement ?E.B. : S’engager, c’est choisir des postures de vie que l’on construit et que l’on tient avec d’autres au fil des joies et des épreuves de la vie. J’entends beaucoup de jeunes dire préférer être sûr avant de s’engager. J’aime alors leur dire : « N’ayez pas peur, ayez confiance en vous-mêmes, en ceux avec qui vous vous engagez, et en Dieu. » S’engager, ce n’est pas officialiser de belles certitudes, c’est plutôt risquer l’aventure d’un bonheur qui ne tombe pas « tout cuit du ciel », mais qui s’invente avec d’autres, jour après jour, rencontres après rencontres.
Propos recueillis par Sébastien ROBERT