Sur la corde raide

La prière est le carburant de mes journées

Suite de notre rubrique Paroles de foi, guyavec Guy Schyns, président des Anciens, anciennes et amis de Don Bosco de Belgique francophone. (DBA n°957)

 

 

 

 

DBA : Guy, qu’est-ce qui vous a marqué lors de vos jeunes années passées dans une école Don Bosco ?

Guy : J’ai reçu à Don Bosco Verviers un enseignement que je qualifierais de familial. Il y avait une certaine rigueur bien sûr, mais aussi un courant porteur qui passait entre l’enseignant et l’élève, courant que je n’ai connu que là, alors que j’ai aussi fréquenté d’autres écoles. Les salésiens étaient très disponibles, simples, profonds. Il y en a un qui avait aménagé une petite chapelle pour les élèves, en plus de la grande chapelle de l’institut. Des groupes de prière sont nés de l’institut. Nous avons reçu de la pédagogie salésienne à doses homéopathiques, chaque élève était profondément respecté ! Le directeur était le père Joseph Firquet. Chaque matin, il se tenait devant la porte d’entrée et saluait d’une manière personnelle chaque enseignant, chaque élève. Il avait un mot pour chacun : cela m’a marqué !


DBA : Y a-t-il une phrase de Don Bosco qui vous parle particulièrement ?

Guy : « J’ai fait le brouillon, vous mettrez les couleurs » me passe régulièrement par l’esprit. Ces couleurs, c’est l’apport de chacun de nous, avec ses talents, si petits soient-ils. Chacun de nous, sans exclusion, est invité à prendre part à cette aquarelle multicolore et lumineuse. Cette participation à la mission, chacun est invité à y participer, en Famille Salésienne, issu bien sûr de sa branche originelle, travaillant ainsi dans la complémentarité. Don Bosco nous recommandait également une participation régulière au repas eucharistique, source de notre vie chrétienne. Il est important que nous « transpirions » notre salésianité, dans le vécu de nos journées et que nos visages soient le reflet de nos âmes.


DBA : Une valeur particulièrement importante pour vous ?

Guy : L’accueil ! Dans mon métier comme dans toutes mes rencontres, j’accorde une grande importance à la qualité de l’accueil. Je suis vigilant pour laisser une place de choix à l’écoute de mon interlocuteur. Nous avons tous nos turbulences, nos jours de stress, mais je ne voudrais pas rejeter quelqu’un. Si je ne peux lui consacrer une heure, je peux toujours lui donner mon sourire et une poignée de main. Au travail par exemple, l’heure de midi, c’est sacré ! Mais si un collègue vient me trouver, j’essaie d’être accueillant. Cela laisse des traces apparemment : un collègue à qui j’avais accordé du temps, sans pour autant entrer dans de grandes considérations, est revenu me trouver quelques mois plus tard pour me demander si je pouvais l’aider à préparer la célébration du baptême de sa fille ! Il avait perçu quelque chose…

DBA : Être président des Anciens Élèves de Don Bosco, est-ce un appel de Dieu pour vous ?


Guy : Oui, quand on m’a élu président, je l’ai senti très fort comme un appel de Dieu. Et j’ai décidé de me mettre au service de mes frères sans distinction, à la lumière de l’évangile, dans les pas de notre fondateur Jean Bosco, et ce dans tous mes milieux de vie. C’est une belle fonction, enthousiasmante. Elle fait partie intégrante de ma vie. Elle me donne l’occasion d’avoir de nombreux contacts, qu’ils soient belges, français ou internationaux, tous empreints de cet esprit salésien chaleureux qui facilite toutes nos rencontres. Dieu m’appelle à prendre une part active à sa mission, et m’invite à avoir une attention toute particulière aux enfants, aux rejetés. Ma vie en est transformée. Mais je crois que si je ne pouvais pas partager de manière très intime avec mon épouse, cette responsabilité serait source de tensions…


DBA : Alors que votre semaine est remplie par la vie professionnelle et familiale, réussissez-vous à prendre des moments de prière ?

Guy : La prière est pour moi un moment de ressourcement, d’entrée en dialogue avec Dieu, où je fais le plein d’énergie. Elle est le carburant de mes journées. Je me réserve systématiquement un moment de prière au début de la journée, avant toute activité, et le soir au coucher. Durant la journée, durant mes déplacements en train par exemple, mon esprit s’évade vers Dieu. Durant ses journées, être attentif pour vivre toute action de manière évangélique, n’est-ce pas une forme de prière ?

Voir en tous ceux et celles que nous rencontrons, des enfants de Dieu avec qui partager une relation fraternelle, n’est pas une chose facile. Et pourtant, cela est primordial pour être appelé fils de Dieu. Aimer son prochain en toutes circonstances et quelles que soient sa culture, ses origines ou couleur de peau. Trouver les mots adaptés devant nos frères en difficulté, malades, seuls. Toutes ces situations courantes nécessitent à mes yeux un dialogue quasi permanent avec Dieu.


DBA : Priez-vous en couple, avec vos enfants ?

danielleGuy : Je suis marié à Danielle et papa de deux enfants : Guillaume et Astrid. Nous pouvons dire que Don Bosco fait partie intégrante de notre vie. Dans la mesure du possible, je veille à ce que mes engagements se vivent en famille. La participation à la messe dominicale est un moment privilégié et important de partage et de témoignage de notre foi, que nous partageons en famille. Les enfants participent, pendant la messe, à une animation adaptée, encadrés par des animatrices. Nous nous rendons périodiquement en famille à Banneux, où nous sommes appelés par la Vierge des Pauvres pour nous recueillir et plonger nos mains dans cette eau d’une source destinée à toutes les nations. Ces passages par Banneux coïncident souvent avec des moments où nous avons besoins d’aides spirituelles pour prendre certaines décisions ou demander protection. Le repas du soir est chaque jour un moment important où chacun partage les moments forts de sa journée. La cellule familiale est au complet. Cette écoute mutuelle, voulue dans le respect, est pour nous un moment de prière, où en ma qualité de parent, je dispense avec l’aide de l’Esprit, le conseil où l’aide requise par chacun.

astridguillaume

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DBA : Une question vous tient-elle particulièrement à cœur ?

Guy : Étant père de famille, l’éducation de nos enfants est une de mes priorités. Comment leur inculquer ces vraies valeurs évangéliques qui nous animent, dans ce monde où rendement et bénéfices financiers sont des priorités majeures et où les repères s’estompent ? Comment aider ces jeunes à trouver leur voie, autonomie et indépendance dans la diversité des tentations de notre monde actuel, fait de consommation anarchique ? Pour moi, Dieu est vraiment le Créateur de ma vie. Par l’eau de mon baptême, je peux l’appeler « Père » et ainsi avoir avec lui une relation privilégiée qu’un enfant peut avoir avec son père. Je fais ainsi partie de cette grande famille des enfants de Dieu, lesquels sont appelés mes frères et sœurs. Dans l’universalité de l’Église, je les porte tous dans ma prière.

 

Propos recueillis par Bénédicte Pitti

Guy Schyns, en quelques lignes :

- Né à Verviers en 1960
- Entré à l’Institut Don Bosco de Verviers en 1972
- Entré à la SNCB (chemins de fer) en 1980, en qualité de technicien électromécanicien spécialité « signalisation » ; depuis 2002, personnel de maîtrise signalisation à la direction de l’infrastructure Signalisation à Bruxelles.
- Marié en 1992 à Danielle Roosen, ancienne de Don Bosco Verviers, par le Père Julien Lizin, sdb.
- Papa de Guillaume en 1995 et de Astrid en 1998. La famille vit à Dison, près de Liège.
- Élu Président de la Fédération des Anciens, Anciennes et Amis de Don Bosco Belgique-Sud en 2004.

 

 

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