Au « Don Boskot » de Louvain-la-Neuve…

cuisineEn août 2001, les salésiennes ont ouvert une petite communauté dans la ville universitaire de Louvain-la-Neuve. Cinq ans plus tard, elles ont eu la chance de pouvoir emménager dans le « monastère Sainte-Gertrude » que les bénédictines quittaient. Qu’en est-il aujourd’hui de cette présence salésienne à Louvain-la-Neuve ? (DBA n°957)

 

 

 

« Ouvrir un kot(1) chrétien ? Cela ne marchera pas ! Les étudiants chrétiens ne sont pas si nombreux, et des étudiantes qui veulent vivre avec des sœurs, ça ne tombe pas du ciel ! », avait-on dit aux salésiennes juste avant qu’elles n’arrivent. Et pourtant, des étudiantes sont venues vivre avec les sœurs et leur ont fait une bonne publicité ! Comme projet à mener avec ces étudiantes, la communauté pensait ouvrir une école de devoirs. « Il y a déjà au moins 6 écoles de devoirs dans la ville, leur a rétorqué quelqu’un. Vous n’aurez pas d’enfants », mais elles ont été faire du porte à porte… et les enfants sont arrivés ! Après 3 ans, elles ont été interpellées : ‘Qu’est-ce que vous attendez, vous qui êtes salésiennes, pour fonder un patro ? ’ Elles ont prié, réfléchi… Où trouver des animateurs ? C’est alors qu’une jeune fille de 27 ans a proposé ses services : ‘Vous n’auriez pas un projet social salésien sur Louvain-la-Neuve ? ! Je voudrais m’investir pour des enfants dans l’esprit de Don Bosco !


La Providence à tout bout de champ

À coups de foi, d’audace, de prière et d’enthousiasme, la petite présence des débuts a grandi. « Quand Isabelle s’est montrée prête à fonder un patro avec nous, cela a été le signe évident qu’il fallait une fois de plus oser, se risquer, explique Sœur Anne Decoster. Une phrase de l’évangile nous touchait beaucoup : ‘Cherchez d'abord le Royaume… et tout le reste vous sera donné par surcroît ! Nous sentions bien que lancer un mouvement de jeunesse, cela demanderait un travail fou au long des années, mais y a-t-il plus salésien qu’un patro pour éduquer les jeunes à la façon de Don Bosco ? Il ne fallait surtout pas regarder nos peurs mais foncer comme Don Bosco l’aurait fait, en nous fiant à la Providence ! Des gens de la paroisse appréciaient ce projet « social » et nous ont aidées : tout est arrivé : des locaux, des animateurs et bien sûr des enfants ! Quel bonheur d’être au service des jeunes dans une paroisse et une ville si dynamiques ! »


De l’espace pour les jeunes

oratoireDans cette grande maison située dans un coin calme et verdoyant du quartier de l'Hocaille vivent aujourd’hui quatre sœurs et dix-huit étudiants. Ajoutez-y les enfants de l’école des devoirs les lundis, mardis et jeudis après quatre heures, ceux de la catéchèse le mercredi après-midi ou le samedi, les ados de l’Oratoire le vendredi, les animateurs patro pour leurs réunions en soirées et parfois les patronnés le dimanche pour une activité ou l’autre… et vous aurez une petite idée de la vie qui circule sans arrêt dans cette maison ! « Vivre dans cette grande maison est une véritable aubaine pastorale si on peut dire, explique Sœur Geneviève Pelsser, la responsable de la communauté. Luc Terlinden, un des prêtres de la paroisse, ne nous aurait jamais proposé d’ouvrir un Oratoire pour les adolescents, avec lui et d’autres adultes, quand nous louions de petits appartements. Avoir de l’espace permet beaucoup au niveau pastoral. Nous tentons de mettre en œuvre l’approche salésienne : ‘vivre ensemble’ avec les jeunes et ainsi faire de notre lieu de vie, une maison qui accueille, une école qui prépare à la vie, une paroisse qui éveille à la foi, en privilégiant l’optimisme dans un climat de fête. »


« Quand on nous dit que l’esprit de Don Bosco se diffuse autour de nous, conclut Sœur Anny Thomas, nous nous sentons toutes petites, nous touchons du doigt, émerveillées, que le Seigneur a agi à travers nous ; nos limites et nos défauts ne sont vraiment pas des obstacles pour lui si on lui laisse le champ libre ! »

 

Propos recueillis par Bénédicte PITTI

(1) Un kot en Belgique désigne soit une chambre d’étudiants soit un ensemble de chambres d’étudiants. A côté des kots ordinaires, il y a des « kots-à-projet » : des jeunes choisissent de mener, en même temps que leurs études, un projet commun : écologique, culturel, sportif, chrétien…

 


François, 19 ans, étudiant au « Don Boskot » :

« En tout, les salésiennes logent 18 jeunes, parmi lesquels 10 forment le Don Boskot. Nous partageons avec elles les repas que nous préparons chacun à notre tour. Une fois par semaine, nous avons également tous ensemble une prière de kot et nous participons à la messe des étudiants et à d’autres activités que la paroisse propose. Nous nous occupons des tâches ménagères à tour de rôle pour que le kot soit bien tenu. Ensuite, à raison de deux fois pas mois, nous nous réunissons une soirée pour jouer ensemble, regarder un film, discuter… L’ambiance est vraiment très conviviale, en un sens nous sommes une grande famille. Cela nous apporte beaucoup. Je considère la vie en kot comme une véritable école de vie, c’est une expérience extrêmement enrichissante. »


Giulia, 14 ans, jeune de l’Oratoire St-François d’Assise :

« Tous les vendredis, les salésiennes ouvrent leur maison pour nous : nous pouvons aller et venir entre 16 h 30 et 21 h 30 ! On est parfois 20, parfois 30… On se retrouve pour faire du sport, du théâtre, préparer le repas, manger ensemble… Cette super-soirée se termine toujours par ¾ d’heure de prière que nous préparons à tour de rôle… ça fait vraiment du bien de ne pas se sentir tout seul comme chrétien ! À l’Oratoire, on s’entend super bien, on apprend plein de choses et on approfondit notre foi. »


Sœur Albertine Ilunga, 34 ans, salésienne congolaise, doctorante :

fete« Pour la vie avec les étudiants, on a expérimenté que le cadre et les règles claires contribuent grandement au développement d’un climat joyeux, confiant, plein d’amitié. J’admire en tout cas les attentions qu’ils ont les uns pour les autres ! Il est très beau de voir le chemin que font les ados et les jeunes. Quand on ose leur faire des propositions fortes, ils y entrent beaucoup plus qu’on ne le penserait. Je suis émerveillée de voir comment ceux qui ‘n’y connaissaient rien’ prennent goût à la prière, comme ils tiennent aux temps de prière et de partage ! »

 

 

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