 Marc Muffat est responsable des Albertans en Haute-Savoie. Il témoigne de sa vie d’époux, père, diacre et de son engagement auprès de la famille salésienne. (DBA N°959)
Ta vie de diacre, l’appel que tu as reçu. L'appel a mûri avec le temps. J’ai toujours été engagé dans la vie de l'Église. Lorsque j'étais étudiant en Corrèze, le prêtre nous appelait à animer des rencontres de jeunes, des célébrations. À l'armée, je n'ai jamais caché mon appartenance à l'Église : préparation des enfants des gradés à la profession de foi, etc. Quelques mois après notre mariage, j'ai été sensibilisé au diaconat permanent par un article de presse. Je ne connaissais pas du tout ce ministère et j’ai interrogé le prêtre qui nous avait préparés au mariage. Il m'a dit qu'il fallait être à la retraite et je n'en ai plus jamais parlé à personne. Un an plus tard, le Seigneur est revenu me chercher. Nous avons alors cheminé vers le diaconat avec Sophie et j'ai été ordonné le 2 mai 1999. J’ai reçu la mission d’être attentif aux personnes qui souffrent sur un plan moral, physique, spirituel, en particulier les plus jeunes et de porter ce souci auprès des élus et des communautés chrétiennes. En fonction de mes possibilités et des besoins de l'Église locale. J’essaie d'être disponible pour les sacrements du baptême, du mariage et pour animer la prière. Je veille à garder le lien avec les Salésiens de Don Bosco. Enfin, et c’est ma mission première, j’ai été appelé à veiller à la stabilité de la famille. Le diaconat se vit au travers de ce qui fait ma vie personnelle, familiale, professionnelle, sociale et ecclésiale... être serviteur à la manière de Jésus qui nous dit : « Je suis venu pour servir et non pour être servi ».
Ta rencontre avec la famille salésienne. Deux souvenirs d'enfance : une médaille de saint Jean Bosco que papa avait à la maison et des livres pour enfants avec la vie de saints dont celle de Don Bosco. Plus tard, Sophie et moi avons placé notre famille sous sa protection. En 1986, grâce à mon frère handicapé que le père Prioul, salésien de Don Bosco, a aidé pendant une année, j'ai découvert le centre de vacances des Albertans. En 1989, l'entreprise dans laquelle je travaillais s'est éloignée de la maison et dans le même temps, j'ai été élu adjoint au maire. Mon patron m'a fait comprendre que mon mandat électoral pouvait perturber sa vision de l'entreprise. J'ai donc cherché un autre travail et suis allé chez un paysagiste, été 1990. Or le père Prioul recherchait quelqu’un pour l'aider en période hivernale aux Albertans. Je suis allé là-bas pour cinq mois. Et lors de la fête du 15 août 1991, le président de l'association m'a demandé si je voulais travailler avec eux l'hiver suivant ; comme c'était la fête de la Sainte Vierge, j'ai accepté. Si je n'avais pas essayé, je crois que je l'aurais toujours regretté. Je ne suis jamais reparti. Je me suis attaché à faire connaître Jean Bosco dans les camps de jeunes, les discussions avec les familles, les homélies que je fais parfois en paroisse… Je prête aussi des livres et donne des images.
Ta vie en famille. La famille compte beaucoup pour moi. Le couple est d'abord une communauté d'amour qui peut être à l'origine de la vie, au service de la société et au service de la vie de l'Église dont nous faisons partie par notre baptême. La vie peut parfois être difficile en montagne mais ce qui compte c'est l'espace, la nature et les différentes possibilités d'activités sportives pour les enfants. Mon souci premier est que nos enfants puissent gagner en autonomie afin de s'envoler du nid, bien armés pour affronter la vie. J’ai toujours souhaité qu'ils sachent que pour moi, la relation à Jésus est aussi importante que de respirer. Ils en feront ce qu'ils voudront mais nous avons semé. La famille est pour moi construite sur le roc lorsqu'elle puise sa force en Jésus et c'est aussi ce roc qui lui permet d'être rayonnante pour le monde. Aux Albertans, chacun a sa place ; nous passons sur le site les deux mois d'été en famille. C’est mon travail, je suis le seul salarié, mais il n'est rendu possible que parce que mon épouse se donne corps et âme. Elle est présente sur le lieu d'accueil et répond lorsque je suis absent. Elle prépare les repas pour nous et pour les bénévoles présents, le prêtre salésien, les invités. Les enfants deviennent les amis des jeunes en vacances. Cette ambiance familiale baigne le centre de vacances. À plusieurs reprises, les personnes rencontrées nous ont remerciés pour notre présence familiale, notre témoignage alors que nous n'en étions même pas conscients. Aujourd'hui, alors que « la famille » vit de rudes épreuves, le fait d’en voir une heureuse rend l'engagement visible et des jeunes peuvent se dire : « C'est possible ! ».
Ta vie de prière seule, en couple, en famille ; à quels moments de la journée ? Il m'arrive souvent de parler à Jésus comme à un ami pour lui dire mes joies, mes peines, les souffrances que je rencontre, à n'importe quel moment de la journée. Depuis mon ordination je suis très attaché aux prières des Laudes le matin et des Vêpres le soir. Une fois par semaine, le mardi matin, je participe à l'eucharistie avec le prêtre de ma paroisse. Tous les dimanches, nous allons à l'Eucharistie avec mon épouse, et je reste persuadé que ce sacrement renforce l'unité de notre couple. Nous y avons toujours emmené les enfants et, le soir, lorsqu'ils étaient encore à la maison, nous faisions la prière ensemble. La prière est pour moi l'oxygène dont j'ai besoin pour vivre. C’est écouter et parler avec le Seigneur. J'aime beaucoup, lorsque je rencontre des personnes en difficulté, les conduire avec des prières simples à espérer et à garder confiance en l'Amour bienveillant que Jésus a pour nous. L'été, aux Albertans, c'est pour moi une grâce que de pouvoir vivre le sacrement de l'eucharistie au quotidien. Je suis sûr que la vie du centre de vacances est imprégnée par cette présence, ce cadeau de Jésus.
Propos recueillis par Karine GOLD-DALG
Quelques mots sur les Albertans :
À l’origine, les chalets étaient utilisés pour l'alpage. Ils ont été construits entre 1770 et 1870. En 1953, un foyer de jeunes travailleurs de Paris proposait des vacances dans les chalets. Les jeunes étaient encadrés par des éducateurs salésiens de Don Bosco. L'Association de « Loisirs Éducatifs des Amis de l'Enfance » voit le jour en 1965, puis l'ALÉA (Amis de la Jeunesse) en 1975. En 2010, la réhabilitation et la création de nouveaux locaux techniques (avec installation d'une laverie accessible à tous les groupes de vacanciers présents sur le site) débuteront. Un hall couvert permettra des animations par mauvais temps. Nous recherchons des fonds pour cette réalisation dont les travaux commenceront à la fin du mois d'août ; nous avons obtenu le permis de construire. 7 chalets accueillent ainsi entre 2 et 32 personnes pour une capacité totale d’environ 110 lits et le camping possible pendant l’été uniquement pour les groupes de jeunes.
A.L.E.A.J. Les Albertans, 74110 MONTRIOND-LE-LAC - Contact :
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