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« Paroles de provinciales ! »
Après six ans au service de la Province des sœurs salésiennes de France, Sœur Marie-Agnès Chetcuti termine son mandat de Provinciale. Sœur Chantal Fert a pris la relève au début du mois d’août. (DBA 966)
DBA : Sr Marie-Agnès, pendant tes années de Provinciale, quels projets ont été lancés ? Sœur Marie-Agnès : L’ouverture de la communauté Ste-Blandine, à Lyon, a dynamisé la pastorale de la province. En effet, en Famille Salésienne, en mettant en synergie un réseau d’œuvres différentes, le charisme salésien a pu déployer à Lyon toutes ses couleurs. Des jeunes se sont retrouvés dans l’esprit salésien qui propose différentes formes d’engagement dans l’Église. Des jeunes sœurs ont donné le meilleur d’elles-mêmes dans un large champ missionnaire. Nous avons voulu potentialiser notre présence auprès de quartiers en difficulté ; nous avons ainsi renforcé notre mission à Lille Sud avec nos frères salésiens. La Pastorale des jeunes a été une priorité. Nous avons accompagné la croissance de rassemblements (Campobosco) et mouvements dans le réseau salésien (MSJ). La nomination d’une déléguée à la pastorale des jeunes en est l’expression. La Tutelle a pris sa vitesse de croisière, avec l’engagement d’un laïc comme délégué de tutelle. Le souci d’accompagner nos sœurs jusqu’au bout de leur vie, est aussi une réelle volonté provinciale. Et il y a eu le projet d’ouvrir une nouvelle communauté à Tunis, qui a vu le jour à quelques semaines de la Révolution Tunisienne !
DBA : Quels ont été tes grandes joies ? S. M. A. : La joie de l’accompagnement des sœurs, du partage de la vie de foi. La joie d’accueillir de nouvelles vocations. Je n’oublie pas ma participation au Chapitre Général, avec l’élection de Sr Yvonne.
DBA : Les difficultés rencontrées ? S. M. A. : Il y en a eu mais franchement, aucune qui ait été insurmontable ! Il y a eu la douleur de la fermeture de communautés, le départ pour la communauté du paradis de plusieurs sœurs et ma maladie mais qui m’a ouvert les grands horizons de l’Espérance !
DBA : Cette responsabilité provinciale t’a changée ? Sr M. A. : Enormément ! Mon univers s’est élargi. La passion missionnaire a pris un autre visage. J’ai beaucoup reçu dans l’accompagnement des sœurs et des communautés. Mon appartenance à la province, à la congrégation s’est affermie. J’ai une envie aussi forte, sinon plus, de me donner pour le Seigneur et son Royaume avec les couleurs salésiennes !
DBA : Sr Chantal, comment as-tu reçu l'annonce de ta nomination ? Sœur Chantal : Cela a été un choc car je n’avais pas du tout envisagé cette hypothèse ! Lors du discernement provincial plusieurs noms sont sortis, dont le mien. Mais consciente de mes limites, j’étais sûre que cela ne risquait pas de m’arriver. C’est une grande marque de confiance des sœurs. Je ferai tout mon possible pour servir au mieux et maintenir cet esprit de communion suscité par Sr Marie-Agnès.
DBA : Quels défis sont à relever ? S. Ch. : Il s’agit de persévérer dans une vie de foi ancrée dans le Christ, nourrie par sa Parole et par les Sacrements et d’avoir sans cesse cette ouverture, cette solidarité avec les jeunes et les adultes. « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime ». Chaque éducateur peut adopter cette attitude de fond qui permet au jeune de grandir dans l’amour et la confiance. Nous avons la chance d’être dans une congrégation internationale et nous travaillerons de plus en plus en réseau salésien pour répondre d’une manière plus adaptée aux défis de l’immigration, de l’exploitation des femmes et des enfants.
DBA : Que peut-on inventer pour réveiller les vocations religieuses ? S. Ch. : Une vie fraternelle et communautaire, vécue dans la joie, le bonheur du don de notre vie à Dieu pour les jeunes les plus pauvres, est appelante. Le « venez et voyez » qui permet d’ouvrir nos portes et nos cœurs, d’accueillir les jeunes dans nos communautés, de nous laisser bousculer est appelant. L’expérience du « vivre ensemble » avec eux, en famille salésienne, comme au Campobosco, témoigne et donne force au charisme. En fait, toute pastorale devrait être vocationnelle.
Propos recueillies par Joëlle DROUIN
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