JMJ retour

967_1020JMJ : retour sur la route salésienne

 

Ils étaient plus d’un million et demi de jeunes rassemblés sur le tarmac de l’aéroport de Cuatros Vientos de Madrid, venus de plus de cent quarante pays. Au milieu de cette foule, un petit groupe de cent huit pèlerins du M.S.J. France-Belgique Sud, avait pris la route salésienne pour l’Espagne, douze jours auparavant. Récit de cette formidable aventure.  (DBA 967) 

 

« Les JMJ sont peut-être terminées mais finalement c’est là que tout commence. J’ai repris plein de force. J’ai vraiment pu nourrir ma foi ; et c’est maintenant à moi de donner tout cela aux autres, de faire ce que je dois faire, mon métier de tous les jours à fond, avec le Christ et avec les autres. » L’expérience des Journées Mondiales de la Jeunesse marque chaque pèlerin suivant son cheminement, comme vient de le partager Nathalia, vingt-cinq ans.

Un an pour se préparer
À peine sorti du Confronto 2009, le Mouvement Salésien des Jeunes se voit confier la route salésienne des JMJ. Un an pour préparer la communication et mettre en place des relais. Septembre 2010 : les groupes locaux se lancent dans le projet, organisent des repas espagnols, font des extra-jobs… et se préparent aussi spirituellement, au moyen de fiches de réflexion mensuelles, écrites par des membres de la Famille salésienne. « Ces moments sont précieux, confie Jérôme, vingt et un ans. Ils m’aident à y voir plus clair dans ma foi. Par le partage en groupe, j’ai découvert d’autres expériences et fait de nouvelles connaissances. »
C’est ainsi que cent huit pèlerins ont pris la route salésienne. Deux bus, l’un du Nord, l’autre de l’Est, se sont retrouvés à côté de Toulouse. « Quelle journée ! L’ambiance est superbe. Le témoignage de Xavier, qui vient de renouveler ses vœux, me touche. On vient des quatre coins de la France, de Belgique, et même d’Afrique, d’Asie et du Mexique ! Ça donne une bonne idée de ce qu’on va vivre en Espagne ! » dit Marie, vingt-trois ans.
967_1021Une nouvelle nuit de route en bus attend les jeunes pèlerins qui va les conduire dans le diocèse de Tolède, le seul diocèse où il n’y a pas de salésiens… Curieux ! David, vingt-six ans, s’explique : « Nous voulions vivre un moment fort avec l’Église d’Espagne, au cœur d'un diocèse espagnol dit "traditionnel", pour être, quelque part, percutés dans le bon sens de nos pratiques et partager avec les jeunes espagnols notre manière de vivre et célébrer Dieu. Comme le jour où nous étions dans le village d'Orgaz pour une journée avec tous les groupes présents dans la région, au cours du pèlerinage vers la chapelle de la Vierge Marie du Secours, une délégation du MSJ a chanté "Marche avec toi, Marie" pour tous les pèlerins qui entraient dans la chapelle. C’était un très beau moment de prière et un témoignage de foi extraordinaire. » Tristan, vingt-deux ans, ajoute : « En sortant, beaucoup de personnes ont été touchées par la beauté des chants à Marie que le groupe entonnait ; D’autres jeunes, dehors, étaient en train de danser le Waki-Waki et autres danses typiques de notre mouvement, témoignant de la joie que nous avons. N’est-ce pas cela, en partie, que Don Bosco souhaitait : “Une paroisse qui évangélise et une cour de récréation pour se rencontrer entre amis et vivre dans la joie” ? »

967_1022Un temps en diocèse
Arrivé à Tolède, le groupe se sépare en deux, l’un à Orgaz, l’autre à Mora, deux bourgs situés à 40 km au sud de Tolède. Tout est bien organisé pour vivre des moments festifs, de détente et de célébration. Astrid, vingt-deux ans, était à Orgaz : « Ce qui m’a le plus touchée pendant ces quatre jours, ça était la relation qu’on a créée avec les Espagnols. Ils ont donné tout ce qu’il y avait de mieux pour nous. On est arrivé à vivre des moments très forts ensemble, notamment hier lors de la fête, à travers des danses. L’orchestre avait spécialement fait des chansons françaises pour nous. On a dansé le french cancan ! Aujourd’hui on a planté un olivier de la paix ensemble. On a senti qu’il y avait quelque chose, qui nous unissait en plus de notre amitié. Et j’espère qu’on pourra développer cela dans l’avenir avec le village d’Orgaz. »

Madrid
Puis, c'est l'arrivée à Madrid. Hébergé dans un collège salésien, le groupe se retrouve avec des jeunes d’Italie, du Venezuela, du Congo,… les jeunes tissent de nouveaux liens, de façon informelle. Le programme est bien ficelé : catéchèse et célébration le matin, festival de la jeunesse en soirée avec d’autres temps forts comme l’arrivée du pape. Quant à Florine, dix-huit ans, elle se rappelle d’un moment inimaginable, celui du chemin de croix : « Habituellement, je ne suis pas du tout "fan" de ce genre de choses, mais là, voir des jeunes handicapés, des jeunes dont les pays sont en guerre, des jeunes travaillant dans des associations caritatives, porter cette croix m'a profondément émue. Cet instant comme suspendu dans le temps m'a permis de confier des prières pour tous ces gens qui souffrent et tous ces gens qui tentent de les aider. Je me suis sentie en communion avec eux. Cela a été comme une bouffée d'air dans cette foule un peu folle ! »
Et pour Gratien, dix-huit ans, il y a cette rencontre où plus de onze mille jeunes venant du réseau salésien du monde entier étaient rassemblés : « C’était émouvant de voir tous ces jeunes que je ne connaissais pas, alors que cela se sentait que nous étions de la même famille ! J’ai même pu voir des salésiens venant de mon pays, le Congo ! Et j’ai aussi découvert la présence salésienne en Inde ! Le Recteur Majeur, Don Pascual Chavez, et la Supérieure des Salésiennes, Mère Yvonne Reungoat étaient avec nous pour la fête. C’était la première fois que je les voyais et je ne m’attendais pas à ce qu’ils soient aussi proches de nous. J’ai eu la chance qu’ils m’aient serré la main. C’est un moment inoubliable. Puis ensuite, je les ai vus danser avec nous ! »

Oui ! Ces grands rassemblements marquent les jeunes. Ce sont comme des moments « éclairs » dans leur vie. Le retour à la réalité n’est pas toujours facile. Mais ils peuvent compter sur divers lieux d’Église où ils pourront « fonder et enraciner leur vie en Christ » dans le quotidien de leur vie pour répondre, là où ils sont, à l’invitation de Benoît XVI : « Transmettez aux autres la joie de votre foi ! »

Vincent GRODZISKI

 

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