Le "gaspilleur " de grâces |
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"La bonne nouvelle du royaume de Dieu est annoncée et tout homme déploie toute sa force pour y entrer." Luc 16, 16. (DBA 948)
Jésus fréquente les gabelous et les graines de pécheurs, des gens qui ont la vie dure, précaire, et qui souvent ne s’en tirent qu’au prix d’entourloupettes et d’égratignures à la morale. Les pharisiens et les gens de lettres murmurent, car cet homme-là gaspille la miséricorde du Seigneur. Jésus aggrave son cas : la brebis et le sou retrouvés, c’est touchant ; le fils gaspilleur et le frère honnête, c’est déjà plus piquant ; mais cette quatrième histoire d’un gérant « malhonnête », ça donne de l’urticaire. Il était une fois un homme aux abois. Il fait face avec ce qu’il connaît : son habileté. Jésus admire sa rapide décision, sa « résilience ». Mais il y a du changement chez cet homme : il sait qu’il ne pourra plus compter sur ses trucages pour vivre, il devra faire confiance à d’autres, il remet sa vie entre leurs mains… Cela ressemble à la foi, l’entrée dans le royaume. Hélas, quand on parle d’argent, le cerveau des pharisiens se bloque, ils sont obnubilés par leur amour des richesses. Ils pensent malhonnêteté. Alors, ils ricanent au sujet de Jésus. Pourtant, Luc dit simplement que le gérant « éparpille au loin » le patrimoine de son maître. Le verbe suggère qu’il fait des affaires qui profitent à d’autres que le cercle fermé de la famille et des amis. Est-ce qu’il sait seulement si ces gens sont fiables ? Derrière ce gérant, il y a Jésus qui puise dans le capital de bonté et de guérison du Dieu d’Israël, et qui l’investit dans une population à risques. Il gaspille. Jésus n’est pas du côté de la morale. Son évangile se situe du côté des trois vertus que Dieu lui-même pratique : l’espérance, la confiance et la bonté charitable. C’est d’amour qu’il vit et qu’il parle. Et si l’argent est trompeur, l’amour ne l’est pas ; si l’argent est compté, l’amour de Dieu est sans limites. Seigneur, nous sommes des gérants mesquins avec nos frères : nous essayons toujours de voir ce qu’ils valent. Nous réservons notre estime à quelques-uns et nous ricanons au sujet des autres. Tu nous apprends que tout homme est fils de ta maison et qu’il reçoit une part de tes biens. Nous sommes des gérants malhabiles de ta grâce : nous croyons dans les punitions plus que dans le pardon. Que ton église apprenne la miséricorde, qu’elle cesse de condamner et d’être un obstacle à ta lumière. Jean-François MEURS |
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