Va, vis, deviens ! (Marc 2, 1-12)

spiritualiteUne maison, close par la foule qui enserre Jésus, le paralyse, et essaie de le piéger.
Un paralysé, étrangement silencieux, porté par quatre hommes décidés.

Scène unique ! Trop drôle pour qu'on l'oublie ! Imaginons le torchis du toit qui se craquelle, la poussière dans les apéros, et du plafond, une descente sans rappel par quatre porteurs avec une confiance sans faille. D'où vient le salut ? Sinon d'une ouverture, d'une brèche, d'un pan de ciel bleu sur une assemblée grisâtre, révulsée par l'irruption d'un pécheur en son sein. D'où vient le salut ? Sinon de la dissociation de l'antique lien entre handicap et noirceur de l'âme ou péché ; de la sortie, non par le haut, mais par la porte enfin ouverte sur une vie normale : « Lève-toi et marche » Devant est la vie !

Et s'élève la contestation envers ce « Fils d'homme » dont la parole est inacceptable.
Désormais les repères sont changés : aux cases de la loi succèdent les horizons de la grâce ; à la peur de vivre, l'invitation à se mettre le brancard sous le bras.

Un homme se met debout non pas lorsqu'il entend la parole du pardon mais à l'injonction : lève-toi. Il ne savait pas que le pardon est un des mots-clefs de la vie, qu'il remet debout, qu'il enlève la peur de vivre et de marcher.

Ainsi après lui tant de fils d'hommes, malgré leurs déficiences, apprendront, leur vie durant à marcher dignes, confiants, vivants, se souvenant de la parole du Fils de l’Homme : Lève-toi et marche ; va, vis, deviens !

André Stuer.


 

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