Normal qu'il entre à la synagogue un jour de sabbat. Normal qu'il ait quelque chose à dire sur les textes du jour. Mais surprenant qu'il parle un tel langage : quelle secousse ! Quand il parle c'est pour qu'on existe, qu'on vive. Donc ça bouge, ça dérange. Et voici qu'un « possédé », un tourmenté, un incarcéré dans la peur et l'angoisse, se lève et l'interpelle : mais qu'est-ce que tu nous veux à la fin ?
Il est possédé, c'est diabolique ce qu'il vit, mais on n'y peut rien... c'est souvent comme ça que ça se passe... il n'y a rien à faire... SILENCE, dit Jésus, car il faut du calme et beaucoup de respect pour « désincarcérer » quelqu'un. L'esprit mauvais est un occupant, un colonisateur, un parasite. Jésus, lui, est un PARTENAIRE. « DEGAGE » dit-il, va-t-en, lâche-le ! Et cette Parole libère, elle circule comme une source vive, elle irrigue, elle apaise. Et voici que s'ouvre un espace de liberté là où le fatalisme, le formalisme et le fanatisme, peut-être aussi, avaient pris toute la place. Quelle autorité ! C'est la vraie : pas celle qui vous possède mais celle qui fait naître, celle qui rend chacun à lui-même.
André STUER |