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« Il y a dans la compassion un toucher d'éternité. » (Jean Vanier)
Pour opérer ce toucher guérisseur*, Jésus, se laisse toucher « jusqu'aux entrailles ». La bible nous dit que les entrailles de Dieu sont maternelles. Et s'il faut prendre acte que la psychologie de Jésus restera à jamais hors de notre atteinte, nous avons cependant accès à son humanité par un évangile comme celui-ci. (DBA n°958)
En réponse à la demande du malade, son intervention paraît tout à fait ajustée. Et ce « toucher d'éternité », qui relève d'une sensibilité particulièrement développée, d'un charisme de guérisseur, du paranormal ou du surnaturel, est suivi d'effets étonnants qui font franchir l'infranchissable au lépreux en lui rendant santé, parole, vie sociale mais surtout beauté intérieure et dignité.
En quoi cela nous concernerait-il si nous n'étions nous-mêmes des lépreux qui s'ignorent ou qui le savent tellement qu'ils s'isolent et se tiennent à l'écart. Qui n'a en lui ce pan de mur lézardé ou lépreux, ces aspects à cacher absolument ? Savons-nous où ça nous blesse et où nous blessons ?
Oser se tenir en Sa présence, L'appeler, Lui qui, lorsqu'il est ému jusqu'aux entrailles, a un « toucher d'éternité » pour que l'homme ne traîne pas sa lèpre dans une solitude qui le rend dur, inaccessible, sans entrailles et le coupe ainsi des sources de la vie.
André STUER
(*) Un lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. »
Mc 1, 40-42
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