Quest déducation 1 pteRéponse de Virginie Mérel, Fma. Crise de larmes, supplications, refus de se lever, combien de parents se trouvent démunis face à leur enfant ou leur adolescent refusant de prendre le chemin de l'école ? Entre angoisses, conflits, incompréhensions, il ne va pas toujours de soi de trouver la juste attitude.

 

 

 

Cette « juste » attitude n'est d'ailleurs pas la solution miracle, puisque chacun sait qu'elle n'existe pas, mais plutôt une attitude qui se veut la plus ajustée possible à ce que l'enfant ou l'ado est en train de vivre ou cherche à nous dire. Je propose, ici, de baliser un chemin possible parmi d'autres.

 

 

 

 

 

La première étape est la prise de conscience que le refus d'aller à l'école s'enracine dans un «parce que». Il y a le petit caprice passager, la fatigue ou le bon rhume que généralement nous savons bien repérer. Là où cela se corse, c'est lorsque le refus échappe à notre compréhension, lorsque nous ne parvenons pas à «voir» l'invisible : l'angoisse de l'ado, pour qui, la scolarité ne prend plus sens parce qu'il ne parvient pas à se projeter dans l'avenir, la peur envahissante de l'échec qui, dans sa tête, c'est sûr, se répétera, le traumatisme de l'enfant victime de racket ou de harcèlement dans la cour de récré ou à la sortie du collège.


Elles sont multiples les causes du refus et il nous revient, à nous, adultes, d'entrer d'abord dans cette attitude de foi du mal-être de l'enfant : le prendre au sérieux, permettre à l'enfant de verbaliser ce qui l'habite pour ainsi commencer à construire, avec lui, un chemin de réponse.

Il faut recréer des liens, prendre le temps d'aller sur place

La deuxième étape consisterait alors à devenir compagnon de route comme pour signifier à l'enfant qu'il n'est plus seul, ne plus s'inscrire dans l'opposition mais faire alliance,sans pour autant tout accepter. Par exemple, s'autoriser à questionner le choix de l'orientation avec les plus grands : combien de jeunes, aujourd'hui, se trouvent dans des filières qu'ils ont eu à choisir par défaut ? Il est essentiel que cette dynamique de lien s'établisse aussi avec l'école. Comment aider l'enfant à y retourner, si les parents ne prennent pas le temps de s'y rendre eux-mêmes pour mieux percevoir ce qu'il s'y vit. Il est nécessaire qu'ils rencontrent l'enseignant pour porter un regard plus objectif sur ce qui peut, parfois, être douloureux,voire éventuellement« maltraitant » pour leur enfant.

Les parents ne doivent pas relacher leur présenceQu déducation 2 pt

Il me semble aussi que ce ne sont pas toujours les parents qui sont à la meilleure place pour cela et que parfois le recours à une tierce personne médiatrice est à penser : que des grands parents, un éducateur, un copain puissent devenir relais et relancer la motivation. Les parents, ont par contre, la responsabilité essentielle de soutenir, d'encourager, de valoriser la réussite scolaire car le jeune ne sera capable de l'investir que si elle a du sens aux yeux de son entourage.

Les premiers signes positifs doivent être valorisés

Le troisième pas à faire, me semble-t-il, est de consolider. Nous aurions facilement tendance à relâcher notre présence et notre attention aux premiers signes positifs. C'est justement là, je pense, qu'il nous faut continuer à être soutien vigilant. Il est essentiel de demeurer à l'écoute, de favoriser le dialogue afin de libérer la parole du jeune. Combien de jeunes sont livrés à eux-mêmes lorsqu'ils rentrent, le soir, à la maison ?Cette présence attentive, il nous faut, sans cesse, la travailler en nous afin d'être capables de nous décentrer pour rejoindre l'enfant là, où il en est, lui.


Ce qui semble important c'est de prendre le temps, de dédramatiser, de ne pas se focaliser sur la situation ni de s'y enfermer. Un chemin qui vaut le coup si c'est pour parcourir à nouveau sereinement celui de l'école.

 


                                                                                                       Virginie MEREL
                                                                                                      
Salésienne de Don Bosco

éducatrice au Valdocco

25 avril 2013


 

Pour aller plus loin

Virginie Mérel, sœur salésienne de Don Bosco, est éducatrice spécialisée, au Valdocco-Lyon. Lire l'article de Virigine Mérel sur des vacances intergénérationnelles.


Mot du jour

Le nom est la dernière chose qui nous reste quand les parents ne sont plus là. C’est un lien qui atteste de notre humanité engendrée. Le nom nous inscrit dans une histoire, dans une filiation, dans une famille. Le nom ne nous appartient pas vraiment : il se transmet. Il constitue aussi une part de notre identité sociale : avec lui, nous sommes d’un peuple. L’engouement actuel pour la généalogie nous prouve l’importance vitale du nom et de ce qu’il représente.

Etre appelé par son nom, c’est être reconnu et rejoint dans son humanité. Quand Dieu appelle, il le fait à l’aide du nom, car chacun est unique. En nommant leurs enfants, les parents prennent soin de choisir un prénom qui ait du sens. On voit bien quelles difficultés personnelles peut vivre un enfant ou un adolescent qui n’aurait plus la possibilité de se référer à une filiation pour tisser les liens de son histoire. Pour aller de l’avant, chacun a besoin de savoir d’où il vient. Le nom est une pièce essentielle de cette origine.

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