SERDU 1 PTITEMon fils, qui était très actif, ne veut plus rien faire. Il n'a pourtant que le choix (nous pouvons lui offrir beaucoup de choses et il est doué), mais c'est justement ça le problème : quand je lui dis « Décide-toi ! », il me répond : « Pourquoi est-ce qu'il faut toujours choisir ? ». Et il ajoute : « Pourquoi faut-il toujours réfléchir ? » J'aimerais comprendre ce qui lui arrive.

 

Mai 68 est passé par là... Souvenez-vous : nos sociétés ont voulu être de plus en plus ouvertes, faire davantage de place à l'individu, offrir une grande liberté de choix. Chacun est invité à devenir le sujet de son existence. Au nom de cette liberté, nous sommes tous des « petites fabriques de soi », ce qui implique que nous soyons des créateurs de sens. C'est un bien, mais il y a un prix à payer : entrer dans un travail identitaire qui ne laisse pas de répit.

Ce n'est pas un hasard si le mot « identité » a explosé autour des années 1960. Auparavant, la société dictait son système de valeur, conférait le sens de votre vie selon la catégorie à laquelle vous apparteniez. Chacun savait qui il était, et s'il l'oubliait, les autres se chargeaient de le lui rappeler. Quand on est ceci, quand on vient de là, voilà ce qu'on peut espérer devenir. 

Notre identité est complexe, mouvante, insaisissable

sERDU 2 355Les choses ne vont plus de soi, dans tous les domaines de l'existence, il faut faire des choix ; notre identité n'est pas fixée à jamais, nous ne le voulons pas d'ailleurs : nous valorisons les capacités de changement, de reconversion. Du coup, notre identité est complexe, mouvante, insaisissable. Je suis constamment face à des petites hypothèses de moi. Tel jour, je sens que je dois être très organisé, discipliné, imprégné par la valeur de l'effort, car une tâche s'impose à moi. Tel autre, mon modèle est celui de l'hédonisme, car je refuse de sacrifier mes rêves et je veux profiter du temps présent. Les jeunes le répètent à l'envie : « Carpe diem ».

Pour que cette vie soit supportable, il faut qu'elle ait du sens. Ce ne sera pas, généralement « LE » sens de ma vie, mais au moins des choses qui font sens, qui font signe. Beaucoup de jeunes remettent à plus tard la découverte et la décision de ce sens « unique » de leur vie.

Certains jeunes ont envie de renoncer

Il ne suffit pas de trouver des actions qui donnent du sens, il faut encore y croire, et tout le temps relancer la machine, car chacun sait que s'il n'a pas réussi, il ne doit s'en prendre qu'à lui-même. On comprend que certains aient envie de renoncer et cherchent à se construire un univers intimiste, limité : la maison de campagne et le cercle d'amis autour d'un vin de pays.

Mais toujours resurgit la question : Qui suis-je, quel est le sens de ma vie ? Heureusement, ce qui donne du sens à la vie, ce sont les rencontres, l'amitié. Avec d'autres et surtout quelqu'un d'autre, il est possible de se projeter dans le futur. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles les jeunes, et même des enfants, se lancent à corps perdu dans des aventures amoureuses. En espérant qu'un jour il y aura la rencontre décisive avec Quelqu'un d'unique.

Jean-François Meurs
Salésien de Don Bosco,

Centre spirituel de Farnières
5 decembre 2013

 

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Pour aller plus loin

  • Retrouvez la série "Questions d'éducation" dans laquelle sera classé cet article à la prochaine mise à jour

 

 

 


Mot du jour

Lorsque Jean Bosco découvre la misère des jeunes, son premier objectif n’est pas de trouver une église ou de construire une école mais d’avoir un terrain pour jouer !

Aux éducateurs, il conseille : « Donnez ample liberté de sauter, de courir, de crier à cœur joie ». Et Marie-Dominique écrit aux sœurs de St-Cyr-sur-mer: « Dites bien aux filles que je veux qu’elles soient joyeuses, qu’elles sautent, qu’elles rient, qu’elles chantent… ! »

La cour de récréation est pour nos fondateurs, le cœur de tout acte éducatif, le centre de toutes les rencontres, de la détente, du petit mot de l’éducateur à l’oreille du jeune, du jeu collectif où chacun est vraiment lui-même, sans artifice, ni crainte ; où les aînés prennent en charge les plus petits et les timides ; où les adultes jouent avec les jeunes ; où l’on découvre ensemble les règles du vivre ensemble…

Tant et si bien qu’on dira : « Don Bosco parmi les jeunes, c’est Don Bosco dans la cour de récréation. »

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