seb350 et logo« Facebook permet au jeune de se construire, mais ne remplacera jamais la relation éducative réelle ». Webmaster de la famille salésienne, le frère Sébastien Robert, salésien de Don Bosco, intervient régulièrement dans le réseau salésien et en dehors pour présenter les réseaux sociaux et évoquer quel positionnement éducatif envisager.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DBA : Comment expliquer-vous le succès de facebook auprès des jeunes ?


Sébastien Robert : L'idée géniale de facebook est d'avoir réussi à associer tout ce que les jeunes aiment : discuter entre eux, partager de la musique ou de la photo. En fait, c'est MSN, un blog, Picasa, youtube et deezer* réunis ! C'est en plus un système très ingénieux pour retrouver des amis, notamment par les adresses mail.

 

DBA : Comment nous, parents, devons-nous réagir ?


S.R. : A mon sens, davantage par la prévention que par la répression. Il vaut mieux savoir que mon enfant y va plutôt qu'il y aille sans mon consentement, avec le téléphone mobile des copains ou par un ordinateur. En revanche, ça demande aux parents de s'intéresser à ce monde.

 

J'entends souvent des parents dire « combien de temps as-tu passé sur l'ordinateur aujourd'hui ? ». Mais en fait ils devraient demander : « Qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui sur l'ordinateur ? »

 

DBA : En tant qu'éducateur, quels dangers percevez-vous dans l'utilisation de facebook ?


S.R. : Le premier, c'est l'atteinte à la vie privée. Quand ils partagent leurs photos de vacances, ils diffusent la vie privée des autres sans s'en rendre compte. Ainsi, si l'enfant d'une directrice d'école diffuse ses photos, ses copains verront la directrice en maillot de bain ! Pour cette raison, il me semble qu'il vaut mieux être sur facebook : ainsi, on sait ce que l'on dit de moi. Le deuxième danger, c'est la diffusion de calomnies, de mensonges, de fausses informations, exactement comme avec les téléphones mobiles ou internet.

« Facebook rejoint ce besoin qu'a un jeune de se dévoiler

pour quêter l'approbation de ses pairs. »

 

Le père Jean-Marie Petitclerc dit souvent aux jeunes : « Ce que tu as mis sur facebook, est-ce que tu irais le crier à pleine voix sur la cour de récréation ? » Enfin, le dernier danger est économique : facebook accueille des applications de jeux créés par d'autres sociétés. Parfois, pour continuer à jouer, il faut payer et cela peut se faire avec une facilité déconcertante, avec le téléphone mobile, l'abonnement adsl ou le numéro de carte bleue des parents. Il faut donc être vigilant.

 

DBA : Et que peut apporter facebook de positif ?


S.R. : C'est un outil de partage et de communication qui actuellement correspond bien aux jeunes et qui leur permet de se construire. Avant, nous avions la rue pour nous retrouver. Cette cour de récréation qui se prolonge lorsqu'on rentre de l'école, c'est facebook. C'est donc nécessaire dans la construction du jeune. Ainsi, il est prouvé que quand un jeune a 210 amis sur facebook, il ne discute en fait qu'avec 10% d'entre eux, ceux avec qui il entretient un lien fort, les copains de classe. Le psychiatre Serge Tisseron a développé le concept « d'extimité » : c'est ce besoin qu'a un jeune de se dévoiler pour quêter l'approbation de ses pairs. En gros, « suis-je cool ou suis-je nul ?»

 

DBA : Donc, en tant que parents, en tant qu'éducateurs, nous devons être présents sur ce réseau ?


S.R. : Il faut avoir envie d'y aller. Je serais tenté de dire qu'en tant qu'adulte, c'est bien que nous y soyons, sans forcément nous dévoiler. En tant qu'éducateur, je sais que je ne peux pas y être connecté tout le temps, mais quand j'y suis, c'est comme dans la cour de récréation : je vois, je lis des choses et je décide d'agir ou pas. Et comme dans la cour de récré, si j'agis, ce n'est pas en criant devant tout le monde. C'est donc par un mail ou un message privé, jamais sur le « mur » du jeune concerné. Et si l'on sent une difficulté, une grosse question, voire un moment de désespoir, nous devons oser une parole, un échange qui peut déboucher sur un échange avec moi ou avec un autre éducateur. Car facebook ne remplacera jamais la relation éducative réelle.

 

 

Propos recueillis par Benoît Deseure

Sébastien Robert est webmasteur et formateur au Centre Jean Bosco

22 novembre 2013

 

 

Pour aller plus loin

 


Mot du jour

Le nom est la dernière chose qui nous reste quand les parents ne sont plus là. C’est un lien qui atteste de notre humanité engendrée. Le nom nous inscrit dans une histoire, dans une filiation, dans une famille. Le nom ne nous appartient pas vraiment : il se transmet. Il constitue aussi une part de notre identité sociale : avec lui, nous sommes d’un peuple. L’engouement actuel pour la généalogie nous prouve l’importance vitale du nom et de ce qu’il représente.

Etre appelé par son nom, c’est être reconnu et rejoint dans son humanité. Quand Dieu appelle, il le fait à l’aide du nom, car chacun est unique. En nommant leurs enfants, les parents prennent soin de choisir un prénom qui ait du sens. On voit bien quelles difficultés personnelles peut vivre un enfant ou un adolescent qui n’aurait plus la possibilité de se référer à une filiation pour tisser les liens de son histoire. Pour aller de l’avant, chacun a besoin de savoir d’où il vient. Le nom est une pièce essentielle de cette origine.

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