serdumesse1« Mes enfants ne veulent plus aller à la messe. Que faire ? » Cette question revient souvent : nous aimerions tellement que nos enfants s’y rendent sans discuter ! Mais le fait même de la poser en révèle la délicatesse : elle concerne l’adulte autant que le jeune. Notre réponse n’en sera que plus mesurée.  (DBA N°952)

La liberté, lieu de la rencontre de Dieu
Remarquons d’abord que nous naviguons entre deux pièges mortels : la résignation indifférente et l’autoritarisme. Il ne s’agit pas de ne rien faire, mais pas davantage de forcer : la liberté ne supporte pas les solutions toutes faites. Car tel est le mot-clé de notre réflexion : “liberté”, haut lieu de la pensée humaine et pour nous, chrétiens, lieu de la rencontre de Dieu. Voyons donc comment la liberté chemine entre ces deux pièges.
Pour cela, revenons à tel jeune qui ne veut pas ou plus aller à la messe. Nous devrions, paradoxalement, nous réjouir : le voici donc désormais capable de liberté ! Avouons que ce n’est pas notre réaction la plus spontanée. Pourtant, son choix est vital car il concerne ce qui est le plus intime et le plus fragile en l’humain : la relation à Dieu. Or toute la tradition judéo-chrétienne insiste : le Dieu auquel nous croyons est un Dieu souverainement libre. Il nous veut à son image : libres. Détruire ce choix, c’est détruire quelqu’un.

serdumesse2Une liberté encore en devenir
Il est vrai cependant qu’être libre est une tâche. Dieu lui-même éduque chacun de nous à la liberté, et cela prend toute une vie. Alors nous pouvons faire de même pour nos jeunes : seul un adulte libre peut éduquer à la liberté. Ainsi apprenons-nous peu à peu à devenir libres par rapport à nos envies, à poser des choix clairs et réfléchis et… à résister à notre envie d’envoyer à tout prix nos enfants à la messe !
Mais on pourrait objecter : refuser d’aller à la messe est-il vraiment un choix libre ? N’est-ce pas plutôt la réaction irréfléchie d’un adolescent contre son tuteur ou contre une pratique religieuse qui ne lui parle pas ? Si Dieu est un Dieu de liberté, notre adolescent devrait courir à la messe pour y goûter ! Oui, mais la liberté ne peut pas être dictée de l’extérieur. Elle ne peut se choisir que par le jeune lui-même, nul ne peut le faire à sa place. Ce n’est bien sûr pas sans risque. Il y a un moment, pour le bien même du jeune, où il nous faut nous retirer de ses choix et lui permettre de les poser lui-même. Que nous reste-t-il alors à « faire » ?

« Que faire ? »
Mais au fait, faut-il « faire » quelque chose ? Certaines actions relèvent parfois du dressage, au détriment de la liberté. Inversement, un parcours catéchétique réussi se mesure justement… à la capacité d’un sujet à refuser d’aller à la messe ! Que Dieu nous veuille libres se voit justement au fait que nous pouvons librement Le refuser. Finalement, faire que les jeunes aillent à la messe ne serait-il pas une façon de nous rassurer sur la réussite de notre catéchèse ? Ne plus aller à la messe ne regarde en fait que Dieu et le jeune ! Qui sommes-nous pour nous en désoler ?
Alors, à défaut que nous fassions quelque chose, ne nous revient-il pas plutôt d’être ? C’est notre liberté, et notre amour de la messe par goût de la liberté, qui feront office de témoignage. Et c’est une manière de parler à nos jeunes qui portera peut-être le plus de fruits. S’il est vrai que Dieu rend libre, et que la liberté surprend toujours, alors nous pourrions accepter nous-mêmes de nous laisser surprendre pas nos jeunes. Nous pourrions même apprendre de leur bouche quelque chose de Dieu ! Les considérer ainsi, leur parler en respectant leur part de mystère, peut montrer que nous les considérons comme libres de la liberté même de Dieu. N’est-ce pas, finalement, la meilleure catéchèse que nous pouvons leur offrir ?
Nous pourrions la résumer ainsi : les inviter délicatement à rendre compte de leurs choix ; les questionner sur ces choix avec détermination et exigence, mais sans leur faire la morale ni les prendre pour des enfants. Alors nous leur donnerions le goût des choses de Dieu. Et plus ils auront le goût des choses de Dieu, plus ils auront envie d’aller à la messe. Cette façon de faire n’est pas étrangère à celle de Dieu, comme l’enseigne si bien François de Sales. C’est cette délicatesse pour les âmes qui faisait passer Don Bosco pour un fou à une époque où la répression était de règle en éducation : le Système Préventif apparaît alors comme un magnifique modèle (parmi d’autres) de l’éducation à la liberté.

Olivier ROBIN

Olivier Robin est salésien de Don Bosco…
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On pourrait reformuler ainsi la question : « Qui détestes-tu le plus ? » On a le plaisir de constater que beaucoup rejettent « détester » comme trop fort ou loin de leurs sentiments. Quand ce verbe s’applique, c’est à ceux qui ont souffert de la maltraitance ou de la trahison d’un de leur proche.

Nos interviewés n’aiment pas les racistes, les homophobes, ceux qui manquent d’ouverture d’esprit, les radins, les moqueurs mais surtout les prétentieux et les gens trop sûr d’eux. La liste n‘est pas exhaustive. Pourtant certains essaient de comprendre cette inimitié. Pour Maxime « Quelqu’un, il a forcément quelque chose de bon et du coup, si on cherche bien, on ne peut pas détester quelqu’un. »

Question : Avons-nous le souci d’aller au-delà de nos détestations ?

Voir le 11è épisode : Qu’est-ce que tu détestes le plus ?

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