DBA AUMONERIE« Ma fille voudrait aller à l’aumônerie, mais elle a peur du regard des autres ». Réponse de Sœur Anne Orcel, salésienne de Don Bosco à Lille. Vouloir rejoindre un groupe repéré comme chrétien, ça n’est pas très tendance dans le monde des ados. Comment, pour cette jeune fille, faire le choix d’aller à l’aumônerie, si c’est au prix de moqueries, s’il faut y perdre une certaine image de soi ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les parents doivent-ils encourager leur fille à devenir une sorte de martyre de la foi et insister pour qu’elle y aille ? Ou, au contraire, lui éviter cette difficulté : « Tu iras plus tard » ? Ou doivent-ils la protéger : « Tu n’as qu’à dire que tu écoutes de la musique, à l’aumônerie ! »

 

 Pourquoi tu vas à l'aumônerie ? 

 

Généralement, lorsqu’on demande à un jeune pourquoi il va à l’aumônerie il répond : « Pour l’ambiance », « on peut jouer au foot ! », « pour me retrouver avec les copains » « on nous écoute, on peut parler de nos problèmes ». La référence à Dieu vient souvent bien après, voire pas du tout ! - ce qui contrarie bien des équipes d’animation d’ailleurs ! - Aidons toutefois les jeunes à s’appuyer sur ces aspects que bien des ados aimeraient avoir l’occasion de trouver dans leur vie. Si cette jeune peut dire à ses copines : « A l’aumônerie, on nous écoute, on parle de nous et il y a une super-ambiance ! », elle fera sans doute des curieuses, qui iront peut-être même jusqu’à risquer de passer la tête par la porte de l’aumônerie.


L'aumonerie, on te raconte que des histoires !DBA AUMONERIE 2B 248

 

Oui mais, bien sûr, les allusions redoutées ne tardent pas à tomber : « Tu vas prier le petit Jésus ? »… « Ce qu’on te raconte sur Dieu, c’est que des histoires ! », et plusieurs se mettent à chanter bêtement : « Alléluia ! », en pleine cour de récréation, bien sûr ! Et notre jeune n’a pas de mots. Souvent, nous déplorons que les jeunes ne sachent pas rendre compte de leur foi ou de la religion chrétienne.

 

Mais pour nous, adultes, est-ce si simple ? Ne nous en inquiétons pas trop vite et considérons que la chose n’est pas facile : rendre compte de notre foi, c’est en effet dire Quelqu’un, dire notre relation personnelle à Quelqu’un qui, en plus, se révèle peu à peu. C’est aussi le dire en fidélité à la foi de l’Église. Et pour cette jeune, devant un auditoire prêt à toutes les moqueries, il ne faut pas avoir l’air d’une illuminée, dans une société qui cultive elle-même une image négative de l’Église. Osons reconnaître que ça fait beaucoup ! Oui, mais alors, que faire ? Capituler et renoncer à l’aumônerie ? Se taire et courber le dos ?

 

 


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Au fait. Vous savez quoi de Jésus ?

 

Apprenons d’abord, nous, adultes, à ne pas laisser nos jeunes seuls avec cette difficulté (parlez en avec les animateurs) : cette maman doit échanger avec sa fille, essayer de lui expliquer les raisons du regard négatif des autres, mais surtout, dans un dialogue simple, et qui pourra prendre du temps, l’aider à mettre des mots sur sa foi, des mots qui ne soient pas plaqués d’un autre langage, mais, qui soient enracinés dans sa vie de jeune. Elle découvrira alors, dans sa vie d’ado, qu’elle aime partager la présence de Celui qui « fait » que, peut-être, au-delà de l’ambiance à l’aumônerie, elle aime y venir.


Enfin, aidons les jeunes à prendre alors la parole : « Et si tu leur demandais, à tes copains : « Au fait, vous savez quoi de Jésus ? »… Les copains risquent d’être à court de réponse. Alors, à notre jeune de dire, forte de ce qu’elle aura partagé avec ses parents ou avec les animateurs, que c’est facile de rigoler de ce qu’on ne sait pas… et qu’elle aussi, ne sait pas trop, mais que, à l’aumônerie, tout simplement, avec les autres, elle cherche !

 


Sœur Anne ORCEL

26 septembre 2013

Animatrice en pastorale
de l'enseignement privé et public

 


Mot du jour

L’huître. Elle renferme l’une des pierres les plus précieuses : la perle. La conception de cette dernière est riche d’enseignement : elle n’est qu’autre qu’une épreuve dans la vie d’une huître.

Lorsqu’un objet irritant, tel un grain de sable par exemple, s’introduit dans l’huître, elle fabrique alors naturellement, autour de celui-ci, une enveloppe de nacre laissant apparaître, quelques temps plus tard, une magnifique perle.

Nos préoccupations, nos attentes, nos doutes… sont quelquefois comme ces grains de sable. Ils viennent nous contrarier laissant entrevoir une brume, parfois épaisse, au cœur de notre vie. Mais si nous laissons Dieu faire son œuvre en nous, alors naîtront des « perles de grand prix ».

Laissons tous les grains de sable de notre quotidien façonner des perles dans nos vies !

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