Dominique Godinot 2-De nombreux religieux et religieuses vivent leur vocation dans des lieux insolites. Comment vivent-ils leur vocation religieuse ? Don Bosco Aujourd'hui leur a posé la question. Deuxième partie de notre reportage.

 

 

 

Thierry Magnin, prêtre, chercheur au CNRS et recteur de la faculté de Lyon

 

THierry Magnin355« La foi et la raison pour contempler la vérité »

 

« Vous savez, vous n'êtes pas obligés de tout savoir sur le boson de Higgs pour avoir une belle vie », rigole Thierry Magnin. A 60 ans, ce prêtre du diocèse de Saint-Etienne aime plaisanter quand il parle de ses deux passions : les sciences exactes (et plus exactement la physique) et l'Evangile. Marqué dans sa jeunesse par la figure de Newton (un grand scientifique, un grand humaniste et un grand chrétien), le jeune Thierry a suivi un parcours scolaire « classique » : maths sup, maths spé, école d'ingénieur. « J'ai obtenu un doctorat d'Etat en physique. Je sentais que Dieu m'appelait, mais je résistais ». Le voilà chercheur au CNRS (directeur notamment d'un département « Métallurgie physique et interfaces ») durant plusieurs années... avant de faire le grand saut : « Mon évêque m'a dit : il faut que tu fasses aussi bien en théologie qu'en sciences ! J'ai donc obtenu un deuxième doctorat, en théologie cette fois ». Curé de paroisse, prêtre en équipe de soins palliatifs, mais aussi membre du comité national du CNRS, le père Thierry Magnin se définit à la fois comme chercheur scientifique et chercheur de Dieu : « La foi et la raison sont les deux ailes pour contempler la vérité. Pas la saisir, la contempler ». Passionnant à écouter lorsqu'il évoque le Big Bang, la Genèse et les êtres de relation et d'amour que nous sommes, le Père Thierry Magnin partage désormais son savoir avec les étudiants lyonnais : « Le mystère, ce n'est pas ce que l'on ne comprend pas ; c'est ce que l'on n'aura jamais fini de comprendre », souligne le recteur de l'Université catholique de Lyon. Avant de citer Galilée : « La science nous montre comment marche le ciel, mais pas comment on va au ciel... »

 

 

Daniel Federspiel, salésien prêtre et clown

Daniel Federspiel 355 ok« Le clown est une figure de l'Evangile »

 

Depuis un an désormais, les Salésiens de Don Bosco ont un provincial (un supérieur, pourrait-on écrire) pour la France et la Belgique-Sud qui est aussi... clown. Entré dans la congrégation à l'âge de 21 ans, le père Daniel Federspiel, 54 ans désormais, avait pourtant tout brûlé en entrant au noviciat : « Je pensais qu'on ne pouvait pas être religieux et clown. Et un jour, je suis tombé par hasard sur un livre où il était écrit : les illusionnistes ont un saint patron qui s'appelle saint Jean Bosco. J'en parle au maître des novices qui me dit : C'est dommage d'avoir tout brûlé, tu aurais pu continuer. J'ai alors recommencé à être clown mais en tant que religieux, souvent pour les grands rassemblements. » Et le jour de son ordination sacerdotale, à Lyon, le cardinal Decourtray lance dans son homélie : « Je t'envoie comme clown parmi les prêtres et comme prêtre parmi les clowns. »
Initié par Guido Giacomelli, le Père Daniel, alias le clown Papi, a appris à regarder le monde comme un clown : « Le clown est une figure de l'Evangile. Etre clown, c'est une manière d'absorber ce qui est dans le monde, de l'assimiler et de le transformer en joie. Il y a là quelque chose du Christ, quelque chose un peu comme porter la souffrance des autres pour la transformer peu à peu en résurrection, en joie. » Aussi, dans son emploi du temps chargé de provincial, Daniel-Papi continue d'intervenir dans des écoles : « J'ai inventé un spectacle que je joue seul dans la classe d'un établissement scolaire. Je ne sais ni lire ni écrire et je demande à être scolarisé. Le directeur va dans la classe et demande : « Peut-on accueillir ce clown ? » Sous-entendu : peut-on accueillir quelqu'un qui est différent ? »

 

 

Dominique Godino, religieuse salésienne... et instit'

Dominique Godinot 355« La joie profonde d'un enfant qui progresse et s'épanouit »

 

Voilà un métier qui, aux plus anciens, ne paraîtra certainement pas très original pour une religieuse : enseignante, institutrice. Durant toute une partie du vingtième siècle, des milliers de religieuses s'y sont consacrées. Seulement, ces dernières années, elles sont plus rares. A Guînes, dans le Pas-de-Calais, sœur Dominique, 57 ans, apparaît-elle donc comme une « extra-terrestre » ? Bien sûr que non, au contraire. « J'accompagne des élèves de 5 à 12 ans, en difficultés scolaires en classe d'adaptation, à l'établissement scolaire Jean Bosco » explique-t-elle. Dominique est enseignante depuis 34 ans. Elle fut enseignante avant de choisir la vie religieuse : « Dès ma première année d'enseignement, le Seigneur m'a conduite dans une école salésienne, à Jeanne-d'Arc à Thonon-les-Bains. Au milieu des cris, des chants, de la joie, de la vie, du sourire des enfants, j'ai rencontré aussi une communauté fraternelle de sœurs toutes données à la mission, au service des jeunes. J'ai alors répondu 'oui' à l'appel du Seigneur à le suivre et j'ai ainsi cheminé avec lui, du Sud au Nord de la France, dans plusieurs de nos écoles et communautés. » Enseignante comme les autres et en même temps, pas tout à fait comme les autres, sœur Dominique souligne que ce qui la nourrit, c'est « la joie profonde d'un enfant qui progresse et s'épanouit ». « L'écoute des parents, souvent démunis, qui nous font confiance, me marque aussi beaucoup. Comme pouvoir partager avec tous, des temps forts, mots du matin, célébrations, rassemblements salésiens qui ouvrent les enfants à la foi, mettent leurs dons en valeur, les associant à la beauté et aux préparatifs de la fête. » Il y a quelques temps, un enfant qui se prépare à partir au collège lui a d'ailleurs écrit : « Cela fait des années que je te parle, rigole avec toi. Dire que l'année prochaine, je ne te verrai plus. Tu vas me manquer. Merci pour tous les chants de fête. Je les ai en tête avec plein de bonheur dans le cœur. »

 

Jean-Marc Galau, prêtre et facteur dans la banlieue de Lyon

Galau 3 355« C'est l'Eglise qui vient à eux »

 

« Le jour des Rameaux, j'officie comme prêtre et une dame dit tout haut : c'est notre facteur ! » Il s'en amuse : « On peut me voir tous les jours dans trois tenues différentes : en facteur le matin, comme tout le monde au supermarché et le soir en aube à la célébration ». Quelle que soit la manière dont il est habillé, cela ne change pas l'homme qu'il est : un baptisé à qui on a confié la charge d'être prêtre. « Je ne suis pas avec mes collègues de la poste pour faire du prosélytisme. Ils savent que je suis prêtre, mais je leur dis : « Je ne suis pas meilleur que vous. Je suis là pour vivre avec vous ». Je reçois parfois des confidences. Pour eux, c'est l'Eglise qui vient à eux, différente de celle qu'on voit dans les médias.
Jean-Marc Galau a une grande admiration pour les personnes qu'on ne remarque pas : les femmes de ménage qui nettoient les cages d'escalier des immeubles par exemple. « Elles ont de sacrées vies ! Ma prière du matin et du soir, l'Eucharistie, sont remplies de ces visages. Tous ceux qui ne croient pas, qui sont d'autres religions et que nous croisons font partie de notre histoire de croyants. Ils nous nourrissent de leurs vies, de leurs paroles. On reçoit d'eux la Bonne Nouvelle. Et comme dans l'Evangile, ce n'est pas toujours là où on l'attend que la Bonne Nouvelle est donnée. La Syrophénicienne, le centurion romain à la croix en sont des exemples. Les gens nous mettent en route, croyants ou pas, ils nous font devenir ce que l'on est en vérité. »

 

 

Mais aussi...

favart3 355Arnaud Favart, l'église, le stade et le bus...
Vicaire général depuis 2012 de la Mission de France (des prêtres et des diacres qui partagent l'existence quotidienne des hommes et des femmes au travail, dans les associations, dans les quartiers...), le Père Arnaud Favart fut auparavant conducteur d'engins de chantier pendant douze ans, puis, dans un secteur rural de la Creuse, il fut à la fois curé de paroisse... et chauffeur de bus à mi-temps. Il fut aussi entraîneur de foot pour les jeunes de Boussac : « Mercredi matin, c'est caté. Mercredi après-midi, c'est foot ! », soulignait-il alors. Il rédige également des chroniques pour La Croix et Pèlerin.

 

Elie Geffray, un mandat de maire pour le curé
Il était le seul prêtre... maire d'une commune de France. Le Père Elie Geffray, 74 ans, fut premier adjoint de 2001 à 2008, puis maire de 2008 aux municipales de mars dernier, dans sa commune natale, Eréac, dans les Côtes d'Armor. Un village de 700 habitants. Le prêtre et édile a mis en avant son âge avancé pour justifier son choix de ne pas se représenter : « Ma règle, c'est qu'après 70 ans, on achève les mandats en cours, on ne les renouvelle pas ».

 

Dominique Trimoulet, prêtre et aide-soignant
Lui aussi est prêtre de la Mission de France : ordonné en 1992, Dominique Trimoulet travailla d'abord comme aide-soignant dans les quartiers Nord de Marseille durant une dizaine d'années. Depuis 2005, il est dans le diocèse de Troyes. Délégué diocésain à la pastorale de la santé, il est aussi aide-soignant en service de soins à domicile. « Au séminaire, j'ai découvert qu'être missionnaire, cela passait par la présence aux hommes blessés, souffrants. J'ai donc demandé à enraciner mon ministère dans le silence du chevet des malades ».

 

Cécile Renouart, religieuse assomptionniste et... prof à l'Essec
Diplômée de l'une des plus prestigieuses écoles de commerce française, Cécile Renouart y est aussi, désormais, enseignante. Cette religieuse assomptionniste de 45 ans y dirige le programme CODEV « Entreprises et Développement », dont l'objectif est d'étudier dans quelle mesure et selon quels critères les entreprises peuvent contribuer au développement durable des zones où elles mènent des opérations, en particulier des zones de grande pauvreté et/ou de fragilité sociale. Un programme qui a intéressé de grandes entreprises (Total, Michelin, Danone, Unilever...). Elle a publié récemment l'ouvrage « Vingt propositions pour réformer le capitalisme ».

 

 

Dossier réalisé par

Sr Joëlle Drouin, Karine Gold-Dalg, P. Vincent Grodziski et Benoit Deseure

15 aout 2014

 

 

 

 

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À entendre nos jeunes interviewés, la famille est au cœur de tous les apprentissages. Parfois contradictoires. Apprendre « à faire confiance aux gens », « à ne faire confiance qu’à soi-même. », « à toujours me méfier », « à ne jamais dépendre de quelqu’un.

Au-delà de ces divergences, il y a un socle commun de valeurs. Les parents, ce sont eux qui apprennent la vie résume simplement Tiphaine. L’apprentissage du respect revient souvent associé à celui des valeurs. «Mes parents m’ont tout appris… Ils ont fait ce que je suis, la femme que je suis » souligne Anaïs. « Ils m’ont appris à être heureux, à être quelqu’un de bien » (Nicolas).

Question : L’apprentissage semble aller de soi au sein de la famille mais prenons-nous assez le temps de réfléchir à ce compagnonnage primordial ?

Voir le 7è épisode : Qu’as-tu appris de tes parents ?

Les informations recueillies sur ce formulaire sont enregistrées dans un fichier informatisé par Don Bosco Aujourd'hui pour la transmission de l'actualité salésienne. Elles sont conservées pendant 5 ans et sont destinées à la promotion des activités de la famille salésienne. Conformément à la loi « informatique et libertés », vous pouvez exercer votre droit d'accès aux données vous concernant et les faire rectifier en contactant : Salésiens de Don Bosco, 393 bis rue des Pyrénées, 75020 PARIS, France

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