JMP 1 355pxJeudi 21 novembre, porte de Versailles à quelques mètres de l'assemblée des Maires de France, Jean-Marie Petitclerc a reçu le prix  de l'éthique 2013 des mains du lauréat 2012, le grand chef cuisinier Thierry Marx. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

«Le prix de l'éthique est destiné à récompenser des femmes et des hommes qui, par leur action quotidienne, leurs prises de position, contribuent à la promotion des valeurs de tolérance, de respect des libertés fondamentales et des droits de l'homme, de solidarité et d'égalité, de non-discrimination.
Le jury est composé de fonctionnaires territoriaux, mais aussi de personnalités (journalistes, entrepreneurs, politiques...) qui collaborent régulièrement avec La Lettre du cadre territorial.» Telle est la définition de ce prix sur le site www.territorial.fr

 

Après Patrick Doutreligne (Fondation abbé Pierre), Florence Aubenas, Irène Franchon, et enfin Thierry Marx (à côté de Jean-marie sur la photo), le jury 2013 a donc choisi de remettre ce prix à Jean-Marie Petitclerc. Après l'introduction de la cérémonie par Emmanuel Cattiau (2è en partant de la droite), cadre de la municipalité de Magny, et par Nicolas Braemer (à droite sur la photo), rédacteur en chef de la lettre du cadre territorial, c'est Thierry Marx qui prend la parole : « C'est une grande émotion que de remettre ce prix, car quand j'ai commencé "Cuisine et mode d'emploi" je me suis beaucoup inspiré de votre savoir-faire. [...] Et si je n'aime pas les discours, c'est le cœur qui parle. »

 

L'approche globale dans l'éducation du jeune passe par le trio Famille-Ecole-Cité

Jean-Marie Petitclerc, dans son allocution, a souhaité d'abord rendre hommage à tous ceux avec qui il travaille, l'équipe du Valdocco. Il a redit l'approche globale dans l'éducation du jeune qui passe par le trio Famille - Ecole - Cité où la famille porte la tradition, où l'école apporte la dimension républicaine, et où enfin la cité donne la culture de l'entre pairs. « Dans chacun de ces lieux, le jeune croise des adultes référents, mais bien souvent au lieu de travailler ensemble, ces adultes s'ignorent ou se contredisent voire se discréditent les uns les autres. Alors que le premier droit du jeune est la cohérence. [...] L'idée du Valdocco est d'intervenir sur ces trois lieux. [...] le maître mot du Valdocco est la médiation pour assurer la cohérence entre adultes. » Jean-Marie a expliqué ensuite qu'une des sources de violence des jeunes est souvent le manque de cohérence.

 

Puis, il  est intervenu sur la notion de confiance : « Un député me disait un jour : " Le problème de notre société, ce sont les jeunes. " Quelle tristesse quand les jeunes, avenir d'une société, sont considérés comme le problème de celle-ci ! » Redisant l'importance de l'école, Jean-Marie  a interrogé son auditoire sur la capacité du système scolaire à valoriser les savoirs d'un jeune : « Un jeune qui, en 6è a cinq de moyenne, puis  a toujours cinq de moyenne en 4è... il a pourtant appris et progressé entre la 6è et la 4è, comment notre école valorise-t-elle ses acquis ? »

 

Enfin, Jean-Marie a conclu son discours par la nécessité de "déghettoïser" : « lorsqu'un jeune est à l'école avec les mêmes jeunes que ceux qu'ils croisent dans la rue, et quand les "professionnels" de l'animation l'emmènent avec ces mêmes jeunes en vacances, alors le jeune est condamné à vivre en ghetto [...] il faut repenser la politique de la ville pour sortir de la logique de quartier. »

 

Sébatien Robert, sdb
22 novembre 2013
 

 

Jean-Marie Petitclerc est salésien, polytechnicien, éducateur spécialisé, expert des questions d'éducation dans les zones sensibles, et écrivain ; il est né le 2 février 1953 à Thiberville (France).


Élevé dans une famille de médecins en Normandie, il intègre l'École polytechnique en 1971. Devenu prêtre salésien, il suit une formation d'éducateur spécialisé et fonde un club de prévention spécialisée à Chanteloup-les-Vignes. Il y sera notamment au moment des émeutes urbaines de 1991 et initie la « médiation sociale ».


Fondateur et directeur de l'association Le Valdocco à Argenteuil, directeur de l'Institut de Formation aux Métiers de la Ville à Argenteuil, il devient chargé de mission au Conseil général des Yvelines. En septembre 2004, il rejoint Tassin-la-Demi-Lune, à l'ouest de Lyon, où il monte une antenne du Valdocco et reprend un atelier d'insertion. Très impliqué dans le scoutisme, il est aumônier de groupes Scouts et Guides de France à Tassin-la-Demi-Lune et à Lyon. En février 2009, il lance "Laurenfance", le foyer pour jeunes en difficulté ouvert à Tassin la Demi-Lune.

 

Il est l'auteur de nombreux livres sur les jeunes. Le dernier : Quand nos ados boudent la foi, a été publié l'an dernier. Le précédent livre : Les 12 mots clés de la pédagogie de Don Bosco, est un livre indispensable pour celui ou celle qui veut comprendre l'originalité du "système éducatif" conçu et pratiqué par Don Bosco.

 

 

 

 JMP 2 355pxJMP 3 355pxJMP 4 355pxL'équipe du ValdoccoJMP 5 355pxAmis et membres de la famille salésienne sont là.

 


Mot du jour

En ces jours de rentrée, je rêve que les jeunes soient différents de l’année passée : « ah s’ils pouvaient courir pour rejoindre les cours,... pour rejoindre mon cours !!! » … Et je ne me lasse pas de leur exprimer : « arrêter de traîner les pieds ! » … J’oublie que le jeune rêve aussi que je sois différent de l’année passée : « ah si les adultes pouvaient prendre le temps de traverser la cour ». Très attaché à l’importance pour l’adulte de s’approcher des jeunes, de participer à leurs conversations, de s’intéresser à leurs passions, d’écouter leurs interrogations, Don Bosco lui-même a pleuré amèrement en constatant que ses éducateurs avaient tout simplement zappé cette posture éducative essentielle. Oser un bonjour. Tendre une main. Lâcher un sourire. Accueillir une question. Proposer un dialogue. Prendre le temps de traverser la cour de récré, ce lieu qui n’a pour seule frontière que le Ciel … et le cœur du jeune… Tout à l’heure, quand mon collègue m’invitera à me réfugier derrière un café dans la salle des profs, je lui répondrai simplement : « j’peux pas, j’ai cour ! ».

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