ESPERE roms 355Maria a douze ans. C’est une jeune Rom de Lille. D’origine roumaine elle est arrivée en France à l’âge de 8 ans. Ballotée entre différents lieux, elle et sa famille sont maintenant à Lézenne. En juillet dernier elle a participé à un centre aéré, animé par l’association E.S.P.E.R.E. Maria partage son histoire.

 

 

 

ESPERE Roms 3 355« Je m’appelle Maria et j’ai 12 ans. Je suis Roumaine et je suis arrivée en France à l’âge de 8 ans. Je suis ici à Lézennes depuis bientôt un an. Nous avons souvent changé d'endroit : la Porte d’Arras, la Croix et maintenant à Lézenne.

 

En Roumanie, on avait une maison, une cabane, mais pas de vêtement pour aller à l’école, on n’avait rien à manger car tout est très cher et il n’y a pas de travail. Ici, mon père peut travailler dans la ferraille et on a des vêtements. Il est inscrit à «  Pôle emploi » et il prend des cours de Français avec Michel (Salésien Coopérateur bénévole à ESPERE).

 

A la Porte d’Arras, j’allais à l’école, en CE2, mais ici on nous a dit qu’il n’y avait pas de place à l’école et c’est pareil pour mes copines. Ici, il n’y a plus de camion école, pour ceux qui ne vont pas en cours. Plus personne ne vient nous voir, sauf au mois de juillet où on a fait plein de jeux. Danièle, Piotr, Randy et Michel reviennent jouer avec nous le mercredi.

 

Ma copine Daniella allait au collège à la Porte d’Arras, mais comme elle est partie trois mois en Roumanie, on l’a «  effacée » et elle ne va plus à l’école non plus. Mon autre grand frère ne va pas à l’école mais il a appris le français en parlant avec les gens. Il aimerait rester en France et acheter une maison car il n’aime pas vivre dans une caravane. Et il aimerait bien être policier. Non, pas pour nous chasser ! ( rires …) »

 

    Propos recueillis par Danièle Sciacaluga (E.S.P.E.R.E)

 

 

Une Salésienne Coopératrice, fondatrice de ESPERE

 

En 2010, Danièle Sciacaluga, Salésienne Coopératrice, accompagne le père Pierre Chopin, également salésien, visiter les familles roms du camp de l’Épi de Soil. Pour faire face aux besoins éducatifs, en 2014, ils créent ensemble une association ESPERE.  

 

 

 

Danièle, depuis quand es-tu en contact avec les Roms ?

« En 2006, je suis partie en Roumanie avec le CCFD, j’ai constaté que les Roms y étaient exclus de tout.  Les enfants roms vivent dans les mêmes conditions que les enfants de Madagascar, voire pire. Avec ESPERE, nous souhaitions proposer quelque chose d’éducatif, inspiré par la pédagogie de Don Bosco. 

 

De février à juillet 2014, pendant trois semaines, notre équipe de 13 personnes, de toutes les générations, a vécu une expérience communautaire et humaine très riche en se rendant sur les camps de Lezennes et de Loos. Un bel article a été publié sur notre expérience : Un centre aéré chez les roms à Lezennes. Le cadeau des salésiens.

 

Quels sont les besoins que vous avez perçus ?

Avec notre association, nous voulons donner toutes les chances pour que les enfants puissent avoir un avenir. Nous voulons aussi leur redonner une certaine dignité, qu'ils se rendent compte qu'ils sont des enfants comme les autres. Au centre aéré, je vois des enfants qui jouent. Ils ont les mêmes disputes, les mêmes rigolades. Il faut qu'ils se sachent respectés, qu'ils se sachent aimés.

Nous avons créé l’association E.S.P.E.R.E (Espoir Salésiens Pour les Enfants Roms d’Europe)  pour promouvoir l’éducation des enfants roms par la mise en place de projets et d’actions s’inspirant de la pédagogie de Don Bosco. Quelques paroissiens de St Luc nous ont fait la joie d’y adhérer ou de nous apporter un soutien.

 

Concrètement que faites-vous ?

ESPERE Roms 2 355Chaque après-midi pendant les vacances et chaque mercredi en temps scolaire, nous nous rendons sur le camp, avec quelques autres bénévoles pour raconter et lire des histoires, écrire, faire du coloriage, des puzzles, jouer aux dominos ou aux 7 familles, jouer au foot et surtout converser en français avec les enfants mais aussi avec leurs parents qui n’hésitent pas à se joindre à nous et à prendre du plaisir à partager nos activités ludiques.

 

Comment avez-vous été reçus ?

Dès le début de notre action, l’accueil des familles a été chaleureux et une belle confiance mutuelle s’est instaurée. Nous n’apportons guère rien d’autre que notre amitié et un peu de notre temps, mais cela suffit pour que ce camp prenne alors un petit air de “camping”, autour d’une table, devant un verre ou des fraises offertes par nos hôtes.

 

Le camp doit être évacué ? Où les enfants vont-ils être scolarisés ?

Depuis le début du mois de juillet, les événements se sont précipités. Il s'est posé le problème des enfants pour la rentrée : comment être à nouveau scolarisés ? Sans parler des difficultés devant un nouveau changement de lieu de vie et d’école.

Il nous reste à espérer que nos moments d’amitié partagée permettront à ces familles d’envisager l’avenir avec confiance et que le regard posé sur ces frères européens et chrétiens changera… Nous accueillons toutes les bonnes volontés : jeunes étudiants ou grands adultes pour venir nous aider. »

 

Danièle Sciacaluga

Salésienne coopératrice

20 novembre 2014


 

 

Pour aller plus loin

Le blog des Salésiens coopérateurs de France

Si vous désirez obtenir davantage d’informations : contact ESPERE

 

 

 

 

 

 

 

A lire aussi sur Don Bosco Aujourd'hui....

 


Mot du jour

L’engagement humanitaire est un souci pour l’homme qui conduit à en prendre soin partout où il souffre. C’est une conscience récente qui amène certains à donner de leur temps pour rendre service dans des situations d’urgence ou durables de faim, de maladie, de guerre. Don Bosco déjà avait su engager ses jeunes dans la lutte contre le choléra lorsque ce fléau avait touché la ville de Turin en juillet 1854. Disposés à vivre cette solidarité, une cinquantaine de jeunes acceptent d’aller porter secours aux malades dans les maisons et les hôpitaux. Aujourd’hui, le volontariat international permet à tous les jeunes qui le souhaitent de vivre cette solidarité. Toute éducation, pour être complète, doit ouvrir à cette dimension du service. La générosité existe, à condition de savoir l’encourager et la solliciter.

j offre une messe
Défi Citoyenneté 2025

Campobosco
temoignages
edb pour le bien commun

Multimédia

Pierre Favre, ancien chanteur des Garçons Bouchers
devenu bénévole au Secours Catholique
Voir l'article

Le train de la mémoire : Vers Auschwitz
Interview de Paul
Voir l'article

« On va tout faire pour »
par les élèves de Lyon-Pressin
Voir l'article

Toutes les vidéos sur la chaîne DBA...

  • International

    • Label salésien : Rebattre les cartes de la nutrition

      lappel nutrition tchad 004 Depuis trente ans, l’association Appel Durance œuvre pour lutter contre la malnutrition des enfants au Tchad, en partenariat avec les villageois. Cette association utilise la méthodologie des « Nutricartes » qui obtient de très bons résultats. Don Bosco Aujourd’hui a voulu en savoir plus et a interviewé sa présidente, Anne Vincent.

      Lire la suite

    • Salvador - Terre des Jeunes : une association pour les jeunes de la rue

      terre des jeunes 000 En 2011, dans le cadre de ses études en sociologie sur les enfants des rues, Simon-Pierre Escudero part au Salvador pour un travail recherche. À ce moment là, plus aucune institution ne travaille directement auprès de ces enfants. Depuis, il a fondé une association et il travaille dans les “quartiers chauds” avec Victoria, salésienne coopératrice, salvadorienne.

      Lire la suite

    • Congo : Comment soutenir l’emploi ?

      rdc via don bosco 001 La République Démocratique du Congo est le premier pays partenaire de VIA Don Bosco. Aujourd’hui, les relations avec le Congo sont toujours privilégiées. L’ONG soutient l’emploi des jeunes qui sortent des écoles de formation professionnelle du réseau Don Bosco.Logo video80

      Lire la suite

    • En Croatie, cicatrices de la guerre et espoirs salésiens

      don bosco croatie 004 Les Salésiens sont en Croatie depuis 1914. Le pays a connu de grands bouleversements depuis le début du siècle avec la dictature de Tito puis la guerre d’indépendance. Le témoignage du père Goran Antunovic, 32 ans, Salésien à Rijeka, donne un aperçu de la situation actuelle des religieux et de l’Eglise du pays.

      Lire la suite

  • Société

    • « J’ai peur que mon enfant se radicalise »

      radicalisation Contrairement à ce que croient beaucoup, les jeunes qui se radicalisent ne sont pas tous des maghrébins issus des quartiers sensibles de la banlieue, engoncés dans la délinquance, et qui voient dans l’adhésion à l’islam radical une manière de venger la déconsidération dont ils se sentent l’objet et de pouvoir ainsi acquérir une stature de héros.

      Lire la suite

    • « Apprends-moi la nature » en camp ou en classe

      apprends moi la nature 002 Jouer avec la nature est un chemin vers une pédagogie positive et bienveillante. L’objectif principal est de favoriser des moments de partage entre adultes et jeunes enfants autour de la découverte de la nature. L’idée est de percevoir la nature comme médiateur de jeux, de relations, de découvertes entre l’enfant et ses pairs. Les exemples sont nombreux : camp avec les scouts, classe verte ou classe d’intégration, comme à Farnières.

      Lire la suite

    • Le lien avec la nature chez Don Bosco, hier et aujourd’hui

      don bosco nature vignes 005 En visite à La Navarre où on faisait appel à lui pour reprendre un orphelinat, Don Bosco s’est penché pour prendre une motte de terre, la pétrir, la respirer, et déclarer : « c’est une bonne terre pour la vigne ». Don Bosco avait des réflexes de paysan travailleur de la terre. Aujourd’hui, le réseau international des écoles agricoles salésiennes est en pleine croissance et poursuit cette inspiration.

      Lire la suite

    • Pour une écologie authentique

      ecologie authentique ressins 002 « Tout changement a besoin d’un chemin éducatif » plaide le Pape dans l’encyclique « Laudato Si’ ». Elèves en établissement agricole ou horticole, enseignants, mouvements de jeunesse, sont attentifs aux évolutions de l’écologie, mais il reste beaucoup à faire. Dans le réseau des établissements Don Bosco, on avance.

      Lire la suite