Salesiens-Liege-RCF-Depuis septembre dernier, les auditeurs de RCF-Liège peuvent écouter 'Educ'cœur', un magazine sur l'Education (au sens large !) porté par les Pères André Van der Sloot, Rudy Hainaux et Xavier Ernst, Salésiens de Don Bosco à Liège. Si chacun apporte sa propre 'patte' dans les émissions qu'il anime individuellement, tous s'accordent sur les trois principes qui régissent cette expérience : ouverture, diversité, audace. Interview.

 

 

Qui est à l'initiative de ce magazine, et qui en a défini le contenu et le titre ?

P. Xavier : « C'est RCF qui nous a contactés, par l'intermédiaire du frère dominicain Philippe Cochinaux. Leur volonté était d'ouvrir la radio à d'autres sensibilités religieuses, de diversifier les points de vue, afin de mieux refléter la réalité de l'Eglise liégeoise. Ils ont donc contacté plusieurs congrégations, avec des fortunes diverses, mais nous avons décidé, pour notre part, de répondre favorablement à leur demande. D'autant que s'ouvrait devant nous l'année du Bicentenaire ! »

 

P. André : « Il est très vite tombé sous le sens qu'il nous fallait parler d'éducation. Parce que c'est dans notre charisme, mais aussi parce qu'il nous apparaissait que les médias parlaient peu d'éducation, finalement – si ce n'est de l'enseignement, qui n'en est qu'une partie. »

 

P. Xavier : « Après quoi, l'idée de bâtir l'émission autour d'une discussion avec un invité s'est rapidement imposée, car cela offrait un plus grand dynamisme, tout en nous permettant de ne pas nous positionner comme les seuls experts en éducation. Cela a cette autre vertu d'ouvrir le champ des possibles ! »

 

P. Rudy : « Quant au titre, on nous avait suggéré 'Educ'cole', mot-valise qui suggérait 'éducation' et 'école', mais nous ne voulions justement pas nous limiter à l'éducation à l'école. Et puis, ça ne parlait pas comme titre : ça nous semblait trop abstrait. D'où l'idée de baptiser l'émission 'Educ'cœur'. Un titre qui a plusieurs qualités, car il renvoie à notre pratique éducative et fait référence à une phrase de Don Bosco, qui disait : 'l'éducation est une affaire de cœur'. Mais cela peut être aussi perçu comme une affirmation : 'Et du cœur !'. Car dans l'éducation, il en faut, du cœur ! »

 

« Surtout : ne pas porter un regard angélique sur l'éducation ! » (P. André)

 

 

Vous en êtes à une petite vingtaine d'émissions depuis septembre (sur les 38 prévues jusqu'à juin 2015). Que retirez-vous de cette expérience jusqu'ici ?

P. Xavier : « C'est très enrichissant. Ca permet de rencontrer des personnes spécialisées dans des domaines très divers, qui t'ouvrent les yeux sur un certain nombre de choses autour de l'éducation. Parce qu'on a beau être Salésiens de Don Bosco, nous n'avons aucun monopole dans le champ de l'éducation ! Au contraire : en facilitant une pluralité de points de vue, nous avons à cœur de montrer qu'on ne se réfugie pas derrière notre unique savoir-faire. Nous portons, certes, un regard chrétien sur l'éducation, mais un regard ouvert à une multitude de sensibilités. »

 

P. André : « Nous ouvrir à toutes les sensibilités, oui, et surtout : ne pas porter un regard angélique sur l'éducation. La pommade, on n'aime pas ça ! Tout le monde doit apprendre de cette expérience, y compris l'intervenant lui-même. Par exemple, j'interviewe demain une sexologue, et j'aimerais parler avec elle de l'affectif, même si ce n'est pas son domaine. Il faut oser, prendre le risque d'évoquer tous ces sujets. Il y a des sujets plus délicats que d'autres, et il y a toujours le risque de déranger des personnes – car chacun a sa propre sensibilité – mais il faut prendre ce risque. Ainsi, il est possible que parler de la contraception ne nous attire pas que des sympathies, mais ça nous semble important, étant donné le vécu d'un certain nombre de jeunes. La question est de voir comment on l'aborde... »

 

Avez-vous la volonté de mettre en valeur les Salésiens de Don Bosco à travers votre émission ?

P. Xavier : « Il ne s'agit pas de faire une publicité béate de l'image de Don Bosco. Mais, le fait que ce soit une émission portée par les Salésiens de Don Bosco est une bonne chose, car nous apparaissons comme des religieux ouverts aux questions et aux défis de notre société. »

 

P. André : « Nous sommes régulièrement sollicités pour participer à d'autres émissions, pendant lesquelles nous intervenons pour parler de Don Bosco, de sa spiritualité et de sa pédagogie. Mais ici, ce n'est pas le propos. »

 

P. Rudy : « On peut toujours espérer que cela transparaisse dans notre manière d'être et de faire. C'est une des questions que je me pose souvent : faut-il toujours se revendiquer Salésien pour que l'émission reflète l'esprit salésien ? Je ne suis pas forcément pour coller un label et présenter 'Educ'cœur' comme l'émission des Salésiens. Mais j'espère que, dans la manière avec laquelle nous conduisons nos interviews, on arrive à donner une tonalité, une coloration salésienne. »

 

« Nous nous ouvrons au monde qui ne se dit plus chrétien. » (P. Rudy)

 

 

Mais d'aucuns pourraient arguer qu'une telle émission pourrait servir à faire connaître Don Bosco, sa spiritualité, susciter des vocations...

P. André : « Il faut savoir qu'un tiers des auditeurs de RCF sont non-croyants, ou des personnes qui ne pratiquent plus mais se tiennent informés de l'actualité de l'Eglise, et l'analyse sous un regard critique. Il faut parler à ce public-là. Il faut l'atteindre et l'aider à se poser des questions. Dans un contexte de sécularisation, c'est important... »

 

P. Rudy : « D'autant que la chrétienté ne s'exclut pas. A tout moment, nous pouvons aborder un sujet sous un aspect purement chrétien. Ainsi, dans le cadre d'une de nos émissions, alors que nous parlions du conte, du récit, et de la manière avec laquelle ils pouvaient faciliter l'apprentissage, nous en sommes venus à la catéchèse. C'est arrivé comme ça ! »

 

P. Xavier : « La chance que nous avons, c'est qu'il y a sur RCF une quantité d'émissions qui parlent spécifiquement de spiritualité. Donc, nous ne sommes pas obligés d'avoir cette préoccupation-là dans notre magazine. Et puis, n'oublions pas que Don Bosco voulait 'évangéliser en éduquant, et éduquer en évangélisant'. Donc, parler de sexualité, d'art, de jeux n'exclut pas le fait de parler de l'Evangile. Au contraire, c'est ainsi qu'il prend tout son sens. Ce n'est pas faire fi de son identité que de ne pas parler stricto sensu de spiritualité. Au contraire ! C'est renforcer notre identité et ne pas succomber au prêchi-prêcha. »

 

3 diffusions chaque semaine

 

'Educ'cœur' est diffusée le mercredi à 18h30, le samedi à 20h et dans la nuit de dimanche à lundi, vers 1h30 du matin. L'émission dure une demi-heure.
RCF-Liège atteint 20 000 personnes sur le bassin liégeois.


Ecoutez la dernière émission (il est nécessaire de créer un compte sur RCF-Liège pour écouter les émissions précédentes)

Mais les Salésiens traversent pourtant la même crise vocationnelle que beaucoup d'autres congrégations, si ce n'est toutes ?

P. André : « Mais faire du prosélytisme n'est pas dans notre mentalité. Il y a, peut-être, des congrégations qui se poussent un peu pour se mettre en avant. Mais l'Eglise en Belgique est une Eglise très sociale, qui essaie d'être proche de la population et où les Salésiens ont toute leur place. »

 

P. Rudy : « Nous nous ouvrons au monde qui ne se dit plus chrétien. Pour autant, nous n'avons pas honte de l'être, chrétiens, seulement : nous ne racolons pas, ni n'appartenons à une Eglise qui brandit des bannières. On ne défilera jamais contre le mariage gay, par exemple... »

 

P. Xavier : La question, c'est : faut-il contrevenir à notre identité pour susciter des vocations, ou faut-il rester ce que nous sommes afin de conserver notre capital-séduction ? Je me permets d'avoir une lecture différente de cette crise des vocations. Pour moi, l'Esprit Saint nous appelle à autre chose. Des vocations, il y en aura toujours, même parcimonieusement, mais à côté de cela, l'Eglise va se structurer autrement qu'elle ne l'est aujourd'hui. »

Rémi Favresse

1er janvier 2015

 


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Indispensable, pas indispensable une ou un meilleur ami ? Pas forcément, mais reste qu’elle ou il est souvent là. Ce lien s’enracine fréquemment dans la petite enfance. Nos jeunes interviewés en attendent du soutien, de la bienveillance.

Pour William avec un meilleur ami on se doit de conjuguer les verbes « rigoler » et « épauler ». Tara résume bien le sentiment de beaucoup : «… quelqu’un qui essayera de faire en sorte que je prenne toujours un bon chemin… qui m’aidera à avancer dans ma réflexion… avec qui je peux débattre… qui pourra m’accompagner dans les difficultés de la vie… qui sera toujours là. »

Question : Que sont nos amis devenus… ?

Voir le 8è épisode : Un meilleur ami ?

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