benjamin le valdocco a change ma vie volontariat 003 « Avez-vous déjà ressenti un besoin impérieux d'être utile à la société, de vouloir vous engager pour faire grandir le monde dans lequel vous vivez ? C'est ce que j'ai ressenti, il y a maintenant deux ans. Une nécessité de m'engager d'abord pour les autres.» Ainsi commence le témoignage de Benjamin Hardy qui, en 2014-2015 a accompli son volontariat à Lyon avec le Valdocco. Il raconte.

 

« Quand la question de mon engagement a surgi, j'étais encore plongé dans mes études d'archéologie. J'ai alors décidé de me donner un an pour réfléchir dans quelles conditions m’engager et avec quel organisme.

 

En septembre 2014, j'ai découvert le MSJ (Mouvement Salésien des Jeunes). Je connaissais les Salésiens par les camps Inter-Jeunes mais c'était la première fois que je découvrais vraiment le réseau et ses propositions. Je me suis alors rendu compte de l'importance pour moi de m'engager aussi dans ma foi.

 

Pourquoi n’ai-je pas fait un volontariat à l’étranger ?

Appréciant beaucoup le réseau Salésien de Don Bosco, je me suis alors lancé dans la démarche avec le VIDÈS, la branche française du volontariat salésien international. Pourquoi me direz-vous ne pas être parti à l'international ? Certaines personnes m'ont dit : « Ce n'est pas un volontariat si tu pars dans ton propre pays ! » Je pense qu'il y a suffisamment à faire en France et qu’il n'y a pas obligation de partir pour se rendre utile. J'ai découvert en France, un nouvel environnement auquel peu de personne s'intéressent : le quartier. Oui, le quartier a son propre fonctionnement et une forte individualité.

 

 Benjamin avec une équipe d'animation des Camps InterjeunesBenjamin avec une équipe d'animation des Camps InterjeunesBenjamin lors d'une session du BAFA salésienBenjamin lors d'une session du BAFA salésien

 

Le quartier : un lieu de vie qui a son propre fonctionnement

Je n'ai pas vraiment pris le temps, au cours de mon volontariat, de m'arrêter sur mon ressenti. Pas par choix. Non, mais par manque d'attention à mes émotions, plongé que j'étais dans cette expérience. Et pour comprendre cette expérience, il faut comprendre le contexte : le Valdocco et les quartiers.

 

J’ai découvert les activités du Valdocco à Lyon

En septembre 2014, je suis donc parti au Valdocco grand Lyon. Le Valdocco est une association de prévention généralisée qui travaille à rejoindre les jeunes des quartiers prioritaires dans les trois lieux qu'ils fréquentent, c'est à dire l'école, la famille et la cité. J'étais engagé dans deux services : la prévention et « Potentiel Jeunes ». La prévention est un service dans lequel on fait de l'animation de rue sur les quartiers, du soutien scolaire, des sorties et des grands jeux en dehors du quartier et par des activités inter-quartier. « Potentiel jeunes » travaille sur la réinsertion scolaire de jeunes déscolarisés. Ils ont 16/25 ans et souhaitent reprendre une formation, trouver un boulot... Dans ce dispositif, il y a surtout de l'accompagnement. Les sessions allient débats, ateliers créatifs et accompagnement individuel. Par exemple, j’ai accompagné des jeunes dans leurs démarches pour passer le BAFA et pouvoir le financer eux-mêmes.

 

Les quartiers où intervient le Valdocco : Constellation, Janin, Jeunet, Vaulx-en-Velin

Le premier quartier où je suis allé est Jeunet, un quartier ou le Valdocco est bien connu. La première fois à mon arrivée, les jeunes criaient par les fenêtres : « Il y a le Valdocco, il y a le Valdocco ! ». J'ai donc ressenti une fierté de faire partie de cette association ; je ne m'attendais pas du tout à cet accueil et j'ai vraiment été agréablement surpris. Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais en fait.

 

Sur un autre quartier, j'ai senti un peu de peur en arrivant car les grands frères nous épiaient et ne paraissaient pas très accueillants au premier abord. Sur les deux derniers quartiers, l'accueil me semblait plus commun.

 

Un quartier est un lieu de vie, d'entre-soi. C'est un lieu clos. Il faut avoir les codes du quartier pour y rentrer. Un quartier est séparé de la rue. Au cœur de ces quartiers, il y a souvent un mini-stade de foot. Les quartiers où je suis allé sont des lieux d'influence des grands frères. Ces derniers contrôlent les influences des personnes extérieures sur les plus jeunes du quartier. Un quartier, c'est souvent un lieu de trafic : drogue, voitures volées et bricolées. Un quartier est séparé de l'extérieur par des murs, des grillages.

 

Dans les quartiers, il faut se préparer à se confronter à soi-même

En allant sur les quartiers, il faut se préparer à se confronter à soi-même. En effet, le jeune nous renvoie souvent à nos propres difficultés et limites. Il faut surtout répondre au jeune qui nous teste, ne surtout pas nous enfermer dans une bulle de silence au fond de soi. Sinon, le jeune voudra tester notre réaction au-delà du silence. Une réaction qui finira toujours par arriver. Il faut aussi faire attention à réprimer en soi le langage de la violence. Violence qui peut être physique mais surtout verbale. En effet, le jeune va souvent « chercher » verbalement et il faudra répondre spontanément, tout en veillant à utiliser un vocabulaire adapté. Le choix du vocabulaire est important afin que les jeunes prennent conscience de son impact. En effet, les jeunes ont des difficultés à manier le langage verbal. Ce qui entraîne un besoin de s'exprimer par la violence, à cause de leur incapacité à mettre des mots sur leurs souffrances. Ces difficultés à communiquer peuvent en plus, être aggravées par une situation familiale où la langue française est peu ou pas maîtrisée par les parents.

 

J'ai été confronté à moi-même, à mon mode de réaction aux situations, à la nécessité de faire équipe, afin d’avoir un intermédiaire, une tierce personne qui puisse éviter l'escalade du conflit.

 

L’accès aux familles est essentiel

Les familles sont souvent méfiantes à notre égard tant qu'elles ne nous connaissent pas encore, ce qui est tout à fait légitime. Malgré cela, j'ai dans la majorité des cas, toujours été très bien accueilli par les familles de Vaulx-en-Velin. Sur d'autres quartiers, l'accueil est parfois plus difficile. Par exemple à Janin, aucune famille ne m'a jamais proposé de monter chez elle pour nous accueillir. La plupart du temps, les informations passaient par l'interphone de l'immeuble.

 

Ce volontariat m'a permis aujourd’hui de choisir la voie de l'éducation

Je suis heureux de l'expérience humaine que j'ai faite sur ces quartiers. C’est une expérience de vie qui m'aidera pour mon avenir. J'ai aussi apprécié les temps de formations avant d'aller sur le terrain qui m'ont permis de comprendre le contexte de notre intervention. J'ai aimé faire un volontariat, et comme je l'ai déjà dit, un volontariat que je pensais d'abord tourné vers les autres et qui a finalement, été une expérience de vie humaine. J'ai vu la pauvreté financière, mais aussi affective et sociale.

 

Ce volontariat m'a permis aujourd’hui de choisir la voie de l'éducation. Je veux être prof afin de combiner ma passion pour l'histoire, mais aussi toute cette expérience des difficultés auxquelles peuvent être confrontés les jeunes adolescents de notre société.

 

 

Benjamin Hardy
de la lettre du VIDÈS
10 mars 2016

 

 

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Chaque éducateur a un certain degré de tolérance à la transgression. Il réagira plus ou moins vite selon sa conception de ce qu’est un acte grave. Entre la « tolérance zéro » qui ne pardonne rien et sanctionne tout, et le laxisme qui ne voit aucune limite, l’éducateur salésien aime établir avec les jeunes une sorte de contrat de confiance. C’est ensemble qu’ils établissent les règles et les sanctions éventuelles. Ainsi, les jeunes sont invités à la responsabilité. Il n’y a pas de sanction qui leur « tombe dessus » : s’ils n’ont pas respecté le contrat, ils savaient déjà ce qu’ils risquaient, puisqu’ils l’avaient décidé avec l’éducateur. Ce qui est un jeu, ce n’est plus le degré de tolérance de cet éducateur, mais c’est le respect du contrat dont les jeunes sont partenaires.

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