misericorde clip dialogue inter religieux 001 Depuis le mois de mai, Frère Benjamin, salésien de Don Bosco, travaille sur un projet hors norme, à contre-courant. Il fait chanter douze jeunes de confessions musulmane, juive chrétienne et de ‘sans religions’ sur un même thème : la miséricorde (A Rahman, en hébreu et arabe). Exprimé dans les quatre couplets, les jeunes et leurs familles témoignent qu’un autre monde est possible. A vous aussi, d’en être convaincu et de le partager.

 

 

 

 

« Il y a des moments où nous sommes appelés de façon
encore plus pressante à fixer notre regard sur la Miséricorde »
Pape François

 

Don Bosco Aujourd’hui : Vous teniez à réunir des jeunes de diverses convictions : des juifs, des musulmans, des chrétiens et des ‘sans religions’. Pourquoi cet enjeu ?

misericorde clip dialogue inter religieux 004 Frère Benjamin : Le projet d’un clip « Miséricorde » est né d’un décalage entre ce qui se dit et ce que je vis. D’un côté, des opinions relayées par les médias qui parlent de tensions interreligieuses, de poussée des extrémismes,... D’un autre coté : ma vie quotidienne à Argenteuil de frère consacré aux jeunes, à la fois dans une paroisse située à cheval entre un quartier résidentiel et une cité (la fameuse Dalle d’Argenteuil), et dans un collège privé, où 40% d'enfants sont issus de familles musulmanes. Et là, je découvre un sens de l'altérité, l'unité dans la diversité.

 

Contrairement aux médias qui n’influent pas toujours dans le sens de l’apaisement, je décide donc d'encourager, de renforcer l'existant, en réalisant ce clip avec des enfants issus à part égale des trois religions monothéistes et de ‘sans religions’. Il s’agit d'abord de renforcer le lien entre ces enfants-là qui forment l'équipe de chanteurs, mais aussi de diffuser le plus largement ce clip et faire de ce groupe d’enfants des ambassadeurs.

 

D.B.A. : Le mot Miséricorde n’était-il pas un mot chrétien par excellence ?

B.D. : Pas du tout ! Le comble de l'histoire, c’est que ceux-là même qui tuent au nom du d’Allah semblent avoir oublié que le mot Miséricordieux est dans les premiers mots du Coran : Allah le très Miséricordieux (Miséricordieux veut dire clément). C'est aussi un mot capital dans le Judaïsme dont il tire sa racine ; c’est d’ailleurs le même mot en hébreu et en Arabe. Il parcourt en long et en large tous les écrits bibliques. Et enfin, il signifie “entrailles d’une mère”, “matrice”, c’est-à-dire l’amour inconditionnel ou la bienveillance, qui est aussi le combat de ceux qui ne se retrouvent dans aucune religion. En effet, on voit bien combien en classe, au travail, en famille, partout, c’est très dur d’être accepté tel que l’on est. Nous avons tous soifs de cet amour pour nous-mêmes.

 

Ce n’est pas un hasard si le Pape François, qui a le vent en poupe mais surtout qui sait lire l'actualité, proclame une année sainte de la Miséricorde. Ce mot désigne précisément ce que les humains ont perdu : l'Amour inconditionnel, l'Amour qui accepte l'autre tel qu'il est. Dans sa différence. L'Amour qui ne pose pas de condition : ce n'est pas "je t'aime à condition que", "je t'aime si tu fais ceci comme cela"... Non ! C'est cet Amour qui a conscience que chaque être est sacré, y compris celui qu’il m'est difficile de supporter.

 

D.B.A. : Pouvez-vous nous parler un peu plus de votre vie à Argenteuil ?

B.D. : Je viens de la province. J’ai grandi à la campagne. Depuis trois ans, je vis à Argenteuil. Et j’y découvre une autre réalité que celle que j’imaginais. Nous entretenons, mes confères et moi, des relations cordiales avec l'Imam d'une des plus grandes mosquées d'Europe, comme avec le président de la synagogue. Nous travaillons pour les jeunes de la paroisse Saint-Jean-Marie-Vianney, pour ceux du Valdocco, dont la plupart sont musulmans, et enfin, pour les collégiens du collège Saint-Joseph.

 

A Argenteuil, tout se mélange, les enfants ne s'embarrassent pas des étiquettes des adultes et sur le terrain de foot, dans la cour, chez les Scouts, à l'aide au devoir... nos crispations religieuses ou anti-religieuses ne les empêchent pas de jouer ensemble, d'étudier, de travailler, de faire des bêtises, de « se poiler », de « s'engueuler », et... de chanter ensemble.

 

misericorde clip dialogue inter religieux 002 misericorde clip dialogue inter religieux 003

 

D.B.A. : L’idée de réaliser un clip chanté vous est-il venu naturellement ?

B.D. : En tant que musicien, je sais combien la musique peut relier les cœurs. J'avais donc envie de faire goûter cela à des enfants. Il s’agit de leur faire prendre conscience de la beauté de ce qu'ils vivent déjà et que c’est un trésor. Par ailleurs, mon expérience de musicien qui a souvent goûté au fruit (je dirais même thérapeutique) du coaching vocal et musical en termes de confiance en soi, d'expression des souffrances m'a naturellement conduit à inventer un projet musical qui réunit toutes ces ambitions : riposte aux attentats, faire goûter aux enfants et à leurs familles, le vivre et le chanter ensemble, réaliser un produit qui véhicule des idées et qui soit en même temps un témoignage : c'est possible plus que jamais, contrairement à ce qu'on entend à la TV.

 

 

Propos recueillis par Hélène Boissière Mabille
30 juin 2016

 

 

Frère Benjamin

 

Le clip a été réalisé par Frère Benjamin. Chaque couplet a été écrit pour un jeune de chaque confession. Le refrain reprend les mots « Miséricorde, cœur de Père, cœur de mère ». Les quatre couplets donnent une idée en quelques mots de la façon dont résonne le mot « Miséricorde » dans la conviction de chacun.

 

Benjamin Dewitte est salésien de Don Bosco. Il a été ordonné prêtre le 25 juin 2016 à Pontoise.

 

 

 

A lire aussi sur Don Bosco Aujourd'hui....

 

 


Lourdes 2019

congres lourdes 2019 salesien don bosco

Toutes les informations sur le pèlerinage Lourdes 2019...

Mot du jour

52 paroles s1 e8

Indispensable, pas indispensable une ou un meilleur ami ? Pas forcément, mais reste qu’elle ou il est souvent là. Ce lien s’enracine fréquemment dans la petite enfance. Nos jeunes interviewés en attendent du soutien, de la bienveillance.

Pour William avec un meilleur ami on se doit de conjuguer les verbes « rigoler » et « épauler ». Tara résume bien le sentiment de beaucoup : «… quelqu’un qui essayera de faire en sorte que je prenne toujours un bon chemin… qui m’aidera à avancer dans ma réflexion… avec qui je peux débattre… qui pourra m’accompagner dans les difficultés de la vie… qui sera toujours là. »

Question : Que sont nos amis devenus… ?

Voir le 8è épisode : Un meilleur ami ?

Les informations recueillies sur ce formulaire sont enregistrées dans un fichier informatisé par Don Bosco Aujourd'hui pour la transmission de l'actualité salésienne. Elles sont conservées pendant 5 ans et sont destinées à la promotion des activités de la famille salésienne. Conformément à la loi « informatique et libertés », vous pouvez exercer votre droit d'accès aux données vous concernant et les faire rectifier en contactant : Salésiens de Don Bosco, 393 bis rue des Pyrénées, 75020 PARIS, France

j offre une messe
Défi Citoyenneté 2025

Campobosco
temoignages
Livre Le systeme preventif p

Multimédia

Florian Boucansaud, ex-footballeur pro
C’est quoi le bonheur ?
Voir l'article

Mgr Cristobal Lopez, archévêque de Rabat,
Aux jeunes et aux parents
Voir l'article

P. Xavier de Verchère, salésien et scout
"Sur la jeunesse"
Lire l'article

Toutes les vidéos sur la chaîne DBA...

  • Société

    • Comment sortir de la crise… des gilets jaunes ?

      don bosco Petitclerc gilets jaunes 2 Alors que nous venons de vivre l’acte 6 des gilets jaunes, Jean-Marie Petitclerc, salésien de Don Bosco et éducateur spécialisé, nous livre son point de vue.

      Lire la suite

    • Harcèlement au collège : comment on en arrive là, comment on s’en sort ?

      don bosco harcelement 04 Depuis quelques mois, la rentrée scolaire a eu lieu ; avec son lot de joies, d’habitudes, de retrouvailles, de nouveautés. Mais parfois, pour certains, c’est un moment d’appréhension, surtout lorsqu’on est victime de harcèlement. Basile, jeune lycéen aujourd’hui, a accepté de témoigner sur ces difficiles années de collège.

      Lire la suite

    • Un petit traité d’éducation à la paix : « La première fois que quelqu’un m’a souri »

      La premiere fois que quelqu un m a sourri couv La paix, n’est-ce qu’un joli mot, un concept noble, voire un idéal chimérique ? Absolument pas, écrit Jean-Marie Petitclerc, salesien de Don Bosco, dans un livre d’entretien qui vient d’être édité aux éditions des Scouts et Guides de France. La paix est « une tâche à effectuer », une construction de chaque jour. Voilà le rôle de l’éducateur : apprendre aux jeunes à bâtir un projet commun de paix dans toutes leurs actions et dans tous les domaines de leur vie.

      Lire la suite

    • Après la rentrée… mon fils n’a pas d’amis 

      question education amitie 01 « Quand notre fils n’a pas été invité à l’anniversaire où la majorité des enfants de la classe sont invités, on commence à s’inquiéter ». Que dire à l’enfant qui se sent exclu ? « Tu dois être gentil »... « tu devrais inviter untel mercredi et aller au cinéma ». « Il faut, tu dois... » Cela va mal avec l’amitié. Car il faudrait en avoir envie. Mais comment donner du désir ? « Vas-y ! Dépasse un peu ta timidité ». Ce n'est pas évident non plus : « Je ne vois pas l’intérêt. Je préfère rester avec vous. »

      Lire la suite