farini 1 Don Bosco était le « poil à gratter » de certains hommes politiques de son temps. Pourquoi ? Son respect tout dévoué au Pape, par exemple, contrastait avec les idées dans le vent. Les journaux se chargeaient d’alimenter les suspicions et accusations de « réactionnaire ».

 

pasquino Don Bosco et le Valdocco étaient dans le collimateur des gazettes, toujours prêtes à jeter de l’huile sur le feu : « Que le gouvernement envoie à ce ‘centre de la réaction’ des hommes avertis et sans préjugés, et on découvrira les fils de la trame ourdie » suggérait un journal de l’époque.

Perquisitions

Le gouvernement se laissa convaincre de la nécessité de surveiller les agissements de Don Bosco. Le Ministre de l’Intérieur Luigi Farini donna « l’ordre de procéder à une perquisition diligente dans la maison du prêtre Giovanni Bosco, et de mener des recherches soigneusement dans chaque coin de l’établissement. Cet homme est suspect de relations compromettantes avec les Jésuites, avec l’archevêque Fransoni et avec la cour pontificale. Si l’on trouve quelque chose susceptible d’intéresser les contrôles fiscaux, que l’on mette immédiatement les personnes perquisitionnées aux arrêts. ». Cela se passe le 26 mai 1860.

L’avertissement de Don Bosco

Trois jours auparavant, Don Bosco avait reçu un « avertissement spécial » ; il avait fait un songe : « Il m’a semblé voir un bataillon de malandrins entrer dans ma chambre, se saisir de ma personne, fouiller dans mon courrier, dans tous les coffres, mettre tous mes écrits sens dessus-dessous. » Le jour suivant, il avait confié son rêve à ses collaborateurs et s’était débarrassé de quelques écrits qui pouvaient être interprétés en sa défaveur.

Deux jours plus tard, trois messieurs et deux gardes entrèrent dans la chambre de Don Bosco au Valdocco. Les perquisiteurs fouinèrent surtout aux endroits où Don Bosco conservait les documents les plus délicats, qu’il avait placés ailleurs, dans des endroits qui lui avaient été suggérés dans le songe. Pour dénicher « le corps du délit », ils fouillent dans ses poches, examinent son carnet, son porte-monnaie, sa soutane, ses pantalons, les ourlets de son habit, le pompon de sa barrette. Ils passent ensuite aux armoires, aux malles, aux coffres. Et finalement, ils s’attaquent à la bibliothèque, extrayant les volumes qu’ils feuillettent un par un pour s’assurer qu’aucune lettre ne s’y trouve cachée. Don Bosco ironise : « Bravo, messieurs, je vous remercie d’avoir pris la peine de dépoussiérer mes livres. Il y a longtemps que je ne l’avais plus fait parce que je suis trop occupé. Et cela aurait pu continuer des années encore ! »

Après quatre heures d’humiliantes recherches, les perquisiteurs se résignent à écrire dans le procès-verbal : « Il n’y a pas lieu de continuer les poursuites ». Ils n’ont trouvé aucun prétexte pour faire obstacle à l’œuvre de Don Bosco.

 

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De nouvelles accusations

Quinze jours plus tard, c’est le secrétaire du ministre Farini et l’inspecteur général du ministère de l’instruction publique qui débarquent accompagnés de toute une troupe. Les perquisiteurs demandent d’examiner les registres de la comptabilité de l’Institut. Ils veulent savoir si Don Bosco reçoit de l’argent de la part du Pape ou de la part de princes détrônés dans le but d’enrôler des soldats et d’appuyer la « guerre » contre le gouvernement. Ils s’informent sur le nombre de jeunes hébergés, sur les pensions, sur les dépôts d’argent. Pour arracher qui sait quels secrets, ils tourmentent Don Vittorio Alasonatti, l’économe, jusqu’à le faire évanouir.

Entretemps, Don Bosco rentre à la maison. Mais ils continuent l’inspection, visitent l’école, interrogent les élèves au sujet de ce qu’on leur enseigne concernant le Pape, le Roi, l’histoire d’Italie. Deux sténographes prennent note de tout ce qui est dit. Mais aucun des garçons ne relâche des déclarations compromettantes. Les perquisiteurs pensaient que, dans les écoles du Valdocco, on enseignait une politique hostile au gouvernement, qui pousserait les jeunes à se rebeller contre le roi et les autorités. « La politique de Don Bosco consiste à distribuer des pagnotes à ses jeunes », répond l’ex chef d’atelier des cordonniers et portier du Valdocco.

« Je ne crains rien »

Don Bosco ne pouvait pas en rester là. Le 16 juillet, le ministre Farini le reçoit, lui serre la main et le fait asseoir. « Je connais tout le bien que vous faites à la jeunesse pauvre, commence le ministre. Le gouvernement vous est très reconnaissant pour les services rendus. » Ensuite, il justifie les perquisitions par le rôle de Don Bosco sur le terrain politique. Don Bosco se défend : « Toutes ces allégations sont infondées… », et il demande des preuves : « Pourquoi ne me produisez-vous aucune accusation précise ? » Alors, « je demande justice au gouvernement, au public, à l’histoire. Pas pour moi, je ne demande rien parce que je ne crains rien, mais pour tous ces jeunes consternés par les perquisitions répétées, pour ces enfants que votre gouvernement et même Votre Excellence elle-même m’a envoyés. Ils sont dans ma maison, ils réclament du pain, ils attendent justice et réparation ».

Le ministre garde les yeux fixés sur le visage de Don Bosco. Il est embarrassé et troublé. Il se lève et fait quelques pas en silence dans la salle…

Le soutien du ministre Cavour

« Que se passe-t-il ? demande le comte Cavour, alors chef du gouvernement, qui entre dans le bureau de son ministre. Je demande qu’on use d’égards pour ce pauvre Don Bosco. Arrangeons les affaires à l’amiable. Je lui ai toujours voulu du bien ». Don Bosco explique ce qui est arrivé : « Sans me fournir aucun motif, j’ai été molesté, outragé … Je suis dévoué au Pape parce que je suis catholique. En matière de politique, je n’appartiens à personne… Les catholiques n’ont pas d’autre politique que celle de l’Evangile. »

Après quelques répliques, le comte Cavour conclut : « J’ai toujours considéré Don Bosco comme un honnête homme. A présent, j’exige que toute cette affaire soit terminée. Don Bosco, rentrez chez vous apaisé. Occupez-vous tranquillement de vos protégés, le gouvernement vous en saura gré… Je vous assure que plus personne ne vous fera d’ennuis. »

 


Mot du jour

Patricia, enseignante au collège, nous raconte que lors d'un cours elle a reçu une règle dans le dos. Comment a-t-elle réagi ? Patricia s'est retourné et a lancé à la classe : « Il y a quelqu'un ici de très énervé ! ». Le cours a continué sereinement, la formule aura eu son effet. A la fin du cours, un adolescent fait tomber une chaise. Elle comprend que c'est lui qui a lancé la règle et lui propose de discuter un peu. Il exprime de la colère et parle des imbroglios dans lesquels il est pris au collège. Les collègues de Particia lui reprocheront de ne pas avoir été suffisamment autoritaire. Moi, sa réaction me semble au contraire, une position d'autorité. Celle d'une adulte qui ne réagit pas en miroir, qui permet à un adolescent pris dans la violence, de revenir à la parole. Une autorité prévenante pour cet adolescent et préventive pour que le conflit n'escalade pas.

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