don bosco et luigi fransoni 002 Dès les débuts de l’oratoire, Luigi Fransoni comprit l’importance de la mission de Don Bosco et il se fit le défenseur de l’œuvre irremplaçable, qu’il soutint de son autorité et de ses aides généreuses avec une affection paternelle.

 

Une grand confiance en Don Bosco

L’archevêque Fransoni encouragea Don Bosco dans son souhait de fonder la congrégation des salésiens, lui donnant des conseils ; et quand celui-ci s’en fut à Rome pour présenter son projet au Pape Pie IX, il était porteur d’une lettre d’approbation et de recommandation, si bien que Don Bosco considérait qu’il avait eu un rôle décisif dans cette fondation.

L’archevêque Fransoni avait une grande confiance en Don Bosco ; il lui donna une sorte de juridiction sur les jeunes de son oratoire, en faisant l’équivalent d’une paroisse, donnant ainsi à Don Bosco les coudées franches pour la catéchèse et la vie sacramentelle des jeunes. Plus tard, lors d’une crise entre collaborateurs, il le nomma directeur en chef des oratoires qu’il avait fondés.

Mais il y avait davantage : sur le plan idéologique, Don Bosco rejoignait son archevêque dans la défense active de l’Eglise et du Pape face aux libéraux promoteurs d’une laïcité agressive envers la religion et la foi. Il est toujours resté en contact fidèle avec celui qui l’avait ordonné, en 1841 et qui l’avait toujours soutenu.

Au cœur de l’histoire de l’Italie

Monseigneur Luigi Fransoni est né à Gènes, le plus jeune de onze enfants d’une puissante famille aristocratique. Le marquis Domenico Fransoni (1842-1820) était Sénateur de la République de Gênes. On compte dans ses ancêtres plusieurs doges de Gênes, et dans sa famille plusieurs hommes d’église. Lui et son épouse, la marquise Bettina Carrega, étaient des chrétiens très convaincus. L’occupation française en 1797, qui bouleversa tout, obligea la famille à se réfugier à Rome. L’Eglise était malmenée, et la bourrasque révolutionnaire a impressionné l’adolescent qui, plus tard, aura le souci de restaurer l’honneur et la splendeur de l’Eglise. Ordonné prêtre à Genève en 1814, il fut nommé évêque de Fossano, ville du Piémont, dès 1821, sept ans plus tard. Il fut transféré sur le siège de Turin en 1832.

Contre les lois anticléricales

don bosco et luigi fransoni 001 Il a été jugé sévèrement par certains historiens pour ses prises de position hostiles aux réformes de son temps, offrant son appui inconditionnel au Pape Pie IX. Son attitude rigide et intransigeante rendait difficiles les négociations avec le gouvernement libéral et ses réformes. Après l’approbation de la loi proposée par Giuseppe Siccardi, garde des sceaux, consacrant la séparation de l’Eglise et de l’Etat, avec l’abolition des privilèges cléricaux, Monseigneur Fransoni invita les prêtres et ses collègues évêques à la résistance.

Cette loi violait unilatéralement le Concordat signé en 1841 entre le Royaume de Sardaigne et le Saint Siège. Mais la goutte d’eau qui fit déborder le vase fut, semble-t-il, l’interdiction des derniers sacrements au ministre Pietro De Rossi di Santarosa sur le point de mourir, qui avait eu la responsabilité des lois anticléricales. Fransoni fut d’abord emprisonné dans la forteresse de Fenestrelle, puis chassé du Royaume de Sardaigne. Il s’établit à Lyon, refusant de démissionner, d’où il continua d’administrer son diocèse pendant une dizaine d’années.

Une reconnaissance réciproque

Prenant des risques, Don Bosco alla le rencontrer plusieurs fois en secret à la forteresse de Fenestrelle, sous prétexte de visites dans la Vallée de Sestrière, pour lui apporter son soutien. C’est l’époque où il suscita une série de vocations notamment à Laux : les Ronchail, Perrot et autres, qui furent les salésiens fondateurs de la Province de France.

Mais diriger le diocèse de loin était dommageable pour la bonne marche et l’organisation. Comme le Pape Pie IX envisageaient de le remplacer, en 1858, Don Bosco servit d’intermédiaire entre Gustave Cavour (frère de Camille) et le Pape. Ce dernier espérait que Monseigneur Fransoni donnerait lui-même sa démission. Ce qu’il ne fit pas, si bien qu’il mourut en exil en 1862.

Lorsque la dépouille de Monseigneur Fransoni fut ramenée à Turin en 1901, les salésiens exprimèrent leur joie et leur reconnaissance envers celui qui avait toujours été l’allié de Don Bosco. Ce dernier, en reconnaissance, avait fait graver son souvenir en bronze sur le portail de l’église de St Jean l’Evangéliste, à Turin, près de l’Oratoire de San Luigi, nommé ainsi en l’honneur de son grand bienfaiteur.


Mot du jour

Lorsque Jean Bosco découvre la misère des jeunes, son premier objectif n’est pas de trouver une église ou de construire une école mais d’avoir un terrain pour jouer !

Aux éducateurs, il conseille : « Donnez ample liberté de sauter, de courir, de crier à cœur joie ». Et Marie-Dominique écrit aux sœurs de St-Cyr-sur-mer: « Dites bien aux filles que je veux qu’elles soient joyeuses, qu’elles sautent, qu’elles rient, qu’elles chantent… ! »

La cour de récréation est pour nos fondateurs, le cœur de tout acte éducatif, le centre de toutes les rencontres, de la détente, du petit mot de l’éducateur à l’oreille du jeune, du jeu collectif où chacun est vraiment lui-même, sans artifice, ni crainte ; où les aînés prennent en charge les plus petits et les timides ; où les adultes jouent avec les jeunes ; où l’on découvre ensemble les règles du vivre ensemble…

Tant et si bien qu’on dira : « Don Bosco parmi les jeunes, c’est Don Bosco dans la cour de récréation. »

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