Serge Duhayon Serge Duhayon est dessinateur de Presse. Il a collaboré à des revues spécialisées et signé des milliers de dessins pour des tas de bulletins d’associations locales. Ses sujets préférés ? Les jeunes. Depuis trente ans, Serdu prend le crayon pour les pages pédagogiques de Don Bosco Aujourd’hui. Qui se cache derrière ce crayon ?

 

Don Bosco est un actif. C’est ce que j’aime chez lui. Il pense à partir de l’action et du mouvement. C’est là qu’il rejoint les jeunes, qui aiment que « ça bouge ». Certains éducateurs « endorment » les jeunes : plus ceux-ci sont calmes, plus ils sont rassurés, leur tâche leur semble plus facile. Don Bosco, lui, aime les jeunes éveillés, qui se remuent.

 

« Parkinson Parade » 

Serge Duhayon est atteint de la maladie de Parkinson. Il publie un livre intitulé « Parkinson Parade », avec la complicité, pour les textes, de Gérald Dochy, qui a été professeur de gymnastique à l’Institut Don Bosco de Tournai, avant de devenir directeur de l’école de la Madeleine, et qui lui aussi est frappé par le même mal sournois.

livre serduHumour souvent décalé, parfois cynique, mais aussi touchant. Ils font la nique à la maladie en apportant un regard optimiste et solidaire.

www.parkinson-parade.com

 

Un dessin comique, c’est sérieux

Je suis arrivé au collège Don Bosco de Tournai à la suite de mes deux frères aînés. J’avais déjà un goût pour le dessin. A 12 ans, on m’a demandé d’assurer les illustrations dans les petits journaux scolaires. C’était valorisant. Illustrer un texte demande des capacités : il faut savoir lire intelligemment, saisir l’enjeu du texte, le prolonger, ou décaler la réflexion, posséder une riche culture générale (que l’Institut Don Bosco assurait !). Qui a dit que le dessin n’est pas sérieux ? 

C’est, dans la tradition de Don Bosco, faire appel à la collaboration des jeunes pour les activités, responsabiliser : le sport, le jeu, le théâtre. Il y avait la chorale qui a enregistré plusieurs disques microsillons et qui, un jour, a assuré l’ouverture d’un concert de Jacques Brel ! On était fiers de ce qu’on faisait. La discipline était consentie. Au départ, mes parents me voyaient professeur de géographie et d’histoire : dans la pensée de la plupart, le dessin n’est pas un vrai métier, mais l’Institut Saint Thomas à Bruxelles proposait une filière artistique. J’ai eu de la chance.

Avec de pauvres moyens

Comme professeur d’éducation plastique, je me suis inspiré de Don Bosco qui choisissait des activités attractives, pour les jeunes, alors qu’ailleurs, on commençait par un exercice rébarbatif et décourageant : dessiner un alphabet normalisé. Je me suis attaché à toujours varier les styles, les techniques, apporter un aspect ludique pour éviter la monotonie, et pour multiplier les chances de chacun, veiller qu’aucun ne soit lésé. Beaucoup de mes anciens élèves se souviennent qu’on travaillait dans une ambiance musicale, toujours variée. C’était un jeune qui était responsable de la musique. J’ai appris aux élèves à faire du beau avec les objets usuels. J’ai anticipé, en quelque sorte, le mouvement actuel qui suscite la création artistique avec la récup. Comme Don Bosco, j’ai travaillé avec de pauvres moyens.

Avec des collègues, je me suis lancé dans l’illustration didactique de manuels scolaires d’anglais et de latin. Nous étions créatifs, comme Don Bosco qui avait écrit une pièce de théâtre pour assimiler le système décimal que l’Italie venait d’adopter.

 

 


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