Illustration 1862 gravure Mgr Luigi Fransoni archeveque de Turin Dès les débuts de l’Oratoire, Luigi Fransoni comprit l’importance de la mission de Don Bosco et il se fit le défenseur de l’œuvre de Don Bosco. Il la soutint de son autorité et de ses aides généreuses avec une affection paternelle.

 

Anecdote. Tandis que l’Archevêque se leva, sa mitre cogna le plafond de la modeste chapelle du Valdocco, s’enfonçant jusqu’à ses yeux. Les gamins de l’œuvre de Don Bosco éclatèrent d’un immense fou-rire, et le prélat se mit à rire lui aussi, d’un rire irrésistible, avec toute la foule. Le prélat avait oublié qu’il n’était pas dans sa cathédrale ! Il ôta son couvre-chef. Pour justifier son geste, il déclara que les garçons de Don Bosco méritaient le plus grand respect, chapeau-bas.

Monseigneur Fransoni, archevêque de Turin, passa toute la journée au milieu des jeunes qui se précipitaient sur lui pour lui baiser la main, lui marchant sur les pieds, le bousculant, faisant fi de ceux qui voulaient les écarter : « Laissez-les donc venir à moi » disait-il imperturbable et souriant. Il prit beaucoup de plaisir à la comédie théâtrale jouée par les garçons.

Une grande confiance pour Don Bosco

Souvent, tandis que Don Bosco se trouvait endetté, l’évêque lui donna avec largesse sans qu’il ait besoin de le solliciter. Il encouragea Don Bosco dans son souhait de fonder la congrégation des salésiens ; et quand celui-ci s’en fut à Rome pour présenter le projet au Pape Pie IX, il était porteur d’une lettre d’approbation et de recommandation, si bien que Don Bosco considérait qu’il avait eu un rôle décisif dans cette fondation.

L’archevêque Fransoni avait une grande confiance en Don Bosco. Il lui accorda une sorte de juridiction sur les jeunes de son oratoire, en faisant l’équivalent d’une paroisse, donnant ainsi à Don Bosco les coudées franches pour la catéchèse et la vie sacramentelle des jeunes. Plus tard, lors d’une crise entre collaborateurs, il le nomma directeur en chef des oratoires qu’il avait fondés.

Mais il y a davantage : sur le plan idéologique, Don Bosco rejoignait son archevêque dans la défense active de l’Eglise et du Pape face aux libéraux promoteurs d’une laïcité agressive envers la religion et la foi. Il est toujours resté en contact fidèle avec celui qui l’avait ordonné, en 1841 et qui l’avait toujours soutenu.

Au cœur de l’histoire de l’Italie

Monseigneur Luigi Fransoni, né à Gênes, le plus jeune de onze enfants d’une puissante famille aristocratique. Le marquis Domenico Fransoni était Sénateur de la République de Gênes. On compte dans ses ancêtres plusieurs doges de Gênes, et dans sa famille plusieurs hommes d’église. Lui et son épouse, la marquise Bettina Carrega, étaient des chrétiens très convaincus. L’occupation française en 1797 obligea la famille à se réfugier à Rome. L’Eglise était malmenée, et la bourrasque révolutionnaire impressionna l’adolescent qui, plus tard, aura le souci de restaurer l’Eglise. Ordonné prêtre à Genève en 1814, il fut nommé évêque de Fossano, ville du Piémont, dès 1821, sept ans plus tard. Il fut transféré à Turin en 1832.

Contre les lois anticléricales

Giuseppe Siccardi Il a été jugé sévèrement par certains historiens pour ses prises de position hostiles aux réformes de son temps, offrant un appui inconditionnel au Pape Pie IX. Son attitude rigide et intransigeante rendait difficiles les négociations avec le gouvernement libéral et ses réformes. Après l’approbation de la loi proposée par Giuseppe Siccardi, garde des sceaux, consacrant la séparation de l’Eglise et de l’Etat, avec l’abolition des privilèges cléricaux, Monseigneur Fransoni invita les prêtres et ses collègues évêques à la résistance. Cette loi violait unilatéralement le Concordat signé en 1841 entre le Royaume de Sardaigne et le Saint Siège. Mais la goutte d’eau qui fit déborder le vase fut, semble-t-il, l’interdiction des derniers sacrements au ministre Pietro De Rossi di Santarosa sur le point de mourir, qui avait eu la responsabilité des lois anticléricales. Fransoni fut d’abord emprisonné dans la forteresse de Fenestrelle, puis chassé du Royaume de Sardaigne. Il s’établit à Lyon, refusant de démissionner, d’où il continua d’administrer son diocèse pendant une dizaine d’années.

Une reconnaissance réciproque

Prenant des risques, Don Bosco alla le rencontrer plusieurs fois en secret à la forteresse de Fenestrelle, sous prétexte de visites dans la Vallée de Sestrière, pour lui apporter son soutien. C’est l’époque où il suscita une série de vocations notamment à Laux : les Ronchail, Perrot et autres, qui furent les salésiens fondateurs de la Province de France.

Mais diriger le diocèse de loin était dommageable pour sa bonne marche et son organisation, et le gouvernement du Piémont comme le Pape Pie IX envisagèrent de le remplacer. En 1858, Don Bosco servit d’intermédiaire entre Gustave Cavour (frère de Camille) et le Pape. Ce dernier espérait que Monseigneur Fransoni donnerait lui-même sa démission. Ce qu’il ne fit pas, si bien qu’il mourut en exil en 1862.

Lorsque la dépouille de Monseigneur Fransoni fut ramenée à Turin en 1901, les salésiens exprimèrent leur joie et leur reconnaissance envers celui qui avait toujours été l’allié de Don Bosco. Ce dernier, en reconnaissance, avait fait graver son portrait en bronze sur le portail de l’église de St Jean l’Evangéliste, à Turin, près de l’Oratoire de San Luigi, nommé ainsi en l’honneur de son grand bienfaiteur.


Mot du jour

« Que veux-tu que je fasses pour toi ? »

Dieu à l’écoute de mon désir profond, mon désir de vivre malgré les circonstances de la réalité complexe.

Il est proche de ceux qui l'invoquent, De tous ceux qui l'invoquent en vérité.

Il répond au désir de ceux qui le craignent ; Il écoute leur cri : il les sauve (Ps 145)

Le psaume le dit avec enthousiasme : dès que nous exprimons la moindre envie de vivre, au moment où notre volonté de vivant bourgeonne à nouveau, Dieu veut lui aussi y répondre, même si cela prend du temps dans notre existence humaine. Il ne rate jamais une occasion de satisfaire notre demande de vie, surtout quand c’est devenu pour nous une affaire de vie ou de mort.

Et si nous n’en voulons plus, parce que nous n’en pouvons plus …

Alors demandons-Lui de renaître à son désir à Lui.

Les yeux sur toi, tous, ils espèrent : Tu leur donnes la nourriture au temps voulu ;

Tu ouvres ta main : Tu rassasies pour tout vivant, le plaisir, la volonté.

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