Colombie SalesiensEn Colombie, au cœur d'un des quartiers les moins sûrs de Bogota, les salésiens de Don Bosco accueillent et forment les jeunes. L'ONG bruxelloise Via Don Bosco et la fondation française Saint Paul Apôtre y ont soutenu un projet remarquable, baptisé Pacto Motor.

 

 

La Colombie : un pays d'une richesse et d'une croissance économique incroyables mais affecté en même temps par une pauvreté et une inégalité sociale extrêmes ; marqué à la fois par un urbanisme révolutionnaire et innovant et par un conflit armé à l'origine d'un exode rural forcé.

 

Le centre Juan Bosco Obrero se situe au cœur de Ciudad Bolívar, l'un des quartiers populaires les plus peuplés, les plus pauvres et les moins sûrs de Bogota. Au cours des dernières décennies, Ciudad Bolívar a accueilli des familles déracinées venues du pays tout entier, fuyant la lutte armée qui oppose les différents groupements (para)militaires et révolutionnaires. Aujourd'hui, à quelque 3 000 mètres d'altitude, ce sont plus de 500 000 personnes qui vivent entassées dans d'innombrables mini-habitations en béton le long d'un lacis inextricable de ruelles.

 

Le centre professionnel : une chance pour les jeunes

C'est ici qu'il y a quinze ans, Padre Jaime – un salésien colombien qui ne manque aucune occasion de rappeler qu'il a étudié trois ans à Louvain – a concrétisé son rêve : la construction d'un centre professionnel et d'un foyer pour les fils et les filles de Ciudad Bolívar. Nombre de jeunes entrent en contact avec le centre JBO via les cours hebdomadaires de rap, de salsa, de capoeira et de break dance organisés par les associations de jeunes du centre. En même temps qu'ils s'adonnent à leur nouveau passe-temps, ils découvrent une nouvelle manière d'exprimer leurs peurs, leurs rêves et leurs désirs.
Ciudad Bolívar connaît un taux de chômage extrêmement élevé, et sur cinq jeunes entre 16 et 24 ans, un seul fréquente l'école. Bon nombre de jeunes cherchent leur salut dans des bandes armées et des pratiques commerciales illégales, un cercle vicieux qui entretient l'image négative du quartier et de ses habitants, et favorise encore davantage l'exclusion socio-économique.

 

Chaque année, au centre JBO, plus de huit-cent jeunes suivent une formation professionnelle et deviennent électriciens, charpentiers ou mécaniciens automobiles. Mais il ne leur suffit pas de suivre une formation pour accéder automatiquement au marché du travail et encore moins pour décrocher un emploi décent. Tant s'en faut. Pour accompagner les jeunes diplômés dans leur recherche d'un emploi, le centre JBO a mis sur pied, voici une dizaine d'années, une agence pour l'emploi, avec le support de VIA Don Bosco. Cette agence a rapidement enregistré des résultats remarquables.

 

Colombie  Salesiens3Chaque année plus de 800 jeunes suivent une formation professionnelleUn partenariat entre le public et le privé qui fonctionne

Au lendemain d'un grand salon pour l'emploi en 2010, Rosalba et son équipe ont fait un constat douloureux mais limpide : des dizaines d'entreprises actives dans le secteur automobile et du transport cherchent du personnel, mais les jeunes diplômés de Ciudad Bolívar sont recalés au moment de la sélection. C'est ce manque manifeste de rapprochement entre les attentes des entreprises, d'une part, et "l'offre" de jeunes chercheurs d'emploi, de l'autre, qui a réuni Rosalba et le président de la Fondation Chevrolet autour de la table. Cette rencontre a donné naissance au Pacto Motor.

L'idée centrale du Pacto Motor est que tout le monde profite d'un pacte multi-acteurs en faveur du travail décent dans un secteur déterminé. Le secteur automobile recherche du personnel technique bien formé, les fondations d'entreprises poursuivent un entreprenariat socialement responsable et les salésiens, en tant qu'éducateurs, veulent préparer les jeunes à exercer un travail décent par le biais de programmes de formation de haute qualité.

 

Un modèle exemplaire pour la Colombie

Le projet pilote a remporté un vif succès : en 2013, plus de 150 jeunes ont trouvé un travail décent grâce au Pacto Motor, soit quatre-vingt-dix-huit pour cent des diplômés. Cette année, ce ne sont pas moins de 900 jeunes victimes du conflit armé en Colombie qui ont la chance de suivre une formation gratuite et de haute qualité dans le secteur de l'automobile et du transport. Ce modèle de "Pacte pour un travail décent" a suscité un tel enthousiasme de la part du Ministère colombien de l'Emploi et du Travail que des projets pilotes ont déjà été mis sur pied dans d'autres villes et secteurs. Le secteur touristique se trouve en tête de la liste des priorités.

Pour VIA Don Bosco, Pasto Motor est également un exemple de réussite. Pour le responsable de projet : « Il est très valorisant de constater que les projets dans lesquels nous avons investi avec nos partenaires au cours des dernières années – le centre professionnel avec ses ateliers, son agence pour l'emploi et ses associations de jeunes – peuvent ainsi se développer et s'épanouir. Donner aux jeunes des chances pour l'avenir sans s'arrêter ... Voilà notre objectif ! »

 

Kaat Torfs

Responsable des projets pour la Colombie, Via Don Bosco

4 décembre 2014

 

 

 

VIA DON BOSCO LOGOVIA DON BOSO


Basé à Bruxelle, VIA Don Bosco soutient des organisations en Afrique, en Asie et en Amérique Latine. Celles-ci ont pour objectif d'améliorer les capacités professionnelles et sociales de personnes défavorisées de façon à les intégrer dans le monde du travail. A travers les projets d'éducation au développement, Via Don Bosco créé des liens entre des écoles belges et les partenaires du Sud.


Mot du jour

Ce lundi des vacances automnales, 
J’ai envie d’être en ballade
Comme Abraham.
J’ai envie de croire au matin qui m’appelle
Qui me sort de mon programme
Comme Abraham.

C’est fou ce qu’on s’trimballe
D’urgences et de trucs à 100 balles
Les moutons sous le lit,
Le désert dans l’rétro !

Tiens ce matin m’appelle,
Il compte sur moi,
Ouvre mon toit,
Aux étoiles,
Que je ramasse à la pelle.

Un matin qui croit en moi,
Pour larguer les amarres,
Oser faire du neuf !
L’inconnu que je croise,
A un pays à m’accorder
Il faut juste se lever !

j offre une messe
Défi Citoyenneté 2025

Campobosco
temoignages
edb pour le bien commun

Multimédia

Pierre Favre, ancien chanteur des Garçons Bouchers
devenu bénévole au Secours Catholique
Voir l'article

Le train de la mémoire : Vers Auschwitz
Interview de Paul
Voir l'article

« On va tout faire pour »
par les élèves de Lyon-Pressin
Voir l'article

Toutes les vidéos sur la chaîne DBA...

  • Société

    • « J’ai peur que mon enfant se radicalise »

      radicalisation Contrairement à ce que croient beaucoup, les jeunes qui se radicalisent ne sont pas tous des maghrébins issus des quartiers sensibles de la banlieue, engoncés dans la délinquance, et qui voient dans l’adhésion à l’islam radical une manière de venger la déconsidération dont ils se sentent l’objet et de pouvoir ainsi acquérir une stature de héros.

      Lire la suite

    • « Apprends-moi la nature » en camp ou en classe

      apprends moi la nature 002 Jouer avec la nature est un chemin vers une pédagogie positive et bienveillante. L’objectif principal est de favoriser des moments de partage entre adultes et jeunes enfants autour de la découverte de la nature. L’idée est de percevoir la nature comme médiateur de jeux, de relations, de découvertes entre l’enfant et ses pairs. Les exemples sont nombreux : camp avec les scouts, classe verte ou classe d’intégration, comme à Farnières.

      Lire la suite

    • Le lien avec la nature chez Don Bosco, hier et aujourd’hui

      don bosco nature vignes 005 En visite à La Navarre où on faisait appel à lui pour reprendre un orphelinat, Don Bosco s’est penché pour prendre une motte de terre, la pétrir, la respirer, et déclarer : « c’est une bonne terre pour la vigne ». Don Bosco avait des réflexes de paysan travailleur de la terre. Aujourd’hui, le réseau international des écoles agricoles salésiennes est en pleine croissance et poursuit cette inspiration.

      Lire la suite

    • Pour une écologie authentique

      ecologie authentique ressins 002 « Tout changement a besoin d’un chemin éducatif » plaide le Pape dans l’encyclique « Laudato Si’ ». Elèves en établissement agricole ou horticole, enseignants, mouvements de jeunesse, sont attentifs aux évolutions de l’écologie, mais il reste beaucoup à faire. Dans le réseau des établissements Don Bosco, on avance.

      Lire la suite