Marie Muffat Volontaire PhilippinesMarie, 22 ans, vient de rentrer d'un volontariat de neuf mois au Philippines avec l'organisation internationale salésienne, le VIDÈS. Elle nous partage son expérience et ce qui a marquera sa vie après.

 

 

DBA : Qu'est-ce qui t'a poussé à quitter partir si longtemps ?

Marie Muffat : J'y pensais depuis trois ans après avoir entendu plusieurs témoignages. Je suis partie pour me sentir utile, parce que dans ma vie en France je ne trouvais pas vraiment d'utilité à ce que je faisais. Je suis partie pour me mettre au service de ceux qui en avaient besoin, mais pas seulement. Je suis aussi partie pour moi, pour me trouver, apprendre à mieux me connaitre, tester mes limites, mes possibilités, et pour retrouver l'essentiel, ce qui compte vraiment dans le monde.

 

DBA : Pourquoi es-tu partie avec le VIDÈS ?

Marie : J'ai choisi le VIDÈS par sécurité. Le fait que ce soit avec les salésiens me rassurait parce que partir au bout du monde, ce n'est pas rien ! Arrivée dans une congrégation que je connaissais, ça m'apportait une base. Parce que, comme on dit, les salésiens, c'est une grande famille. J'étais à peu près certaine de retrouver un état d'esprit similaire à ce que je connais en France. Moi qui suis une grande angoissée de la vie, c'était déjà un challenge de partir à l'autre bout du monde. Si j'avais dû atterrir dans un milieu complètement inconnu, c'était la crise d'angoisse assurée !

 

Avec le VIDÈS, il y a toujours quelqu'un à qui l'on peut écrire un mail ou parler ; que ce soit les sœurs ici qui font attention, ou les responsables du VIDÈS en France, comme soeur Marie-Bé. 

 

 

« Avec le VIDÈS, il y a toujours
quelqu'un à qui l'on peut parler »

 

 

 

DBA : Qu'est-ce qui t'a interpelé là-bas ?

Vides Marie Muffat 2Marie avec des élèves du lycée pendant la fête de Don Bosco Marie : C'est que la plus grande partie de l'apostolat des sœurs se fait dans leurs écoles privées... qui coûtent une fortune. Elles agissent donc en majeur partie au niveau des riches de la société.


Mais elles ont d'autre missions, comme les différents Technical Center, où elles offrent des formations en alternance avec possibilité de payer les frais d'inscriptions pendant le stage de deuxième année, pour des filles très pauvres qui ne peuvent pas se payer l'université. Elles accueillent également des filles qui ont été abusées sexuellement au centre Laura Vicuna (LVC). C'est une mission parfois très difficile.

 

DBA : Quelles ont été tes découvertes ?

Marie : Au départ, ça me perturbait lorsque les élèves venaient vers moi et prenaient ma main pour la mettre sur leur front en signe de respect, et aussi de bénédiction. Je les avais vu faire avec les sœurs, et ça me paraissait logique que les sœurs les bénissent. Mais moi ? Je pensais qu'ils croyaient que j'étais une sœur, donc je leur répétais que non, je n'étais pas une salésienne. Et puis les sœurs m'ont expliqué que c'était la coutume et qu'ils le faisaient aussi avec leurs profs, leurs grands-parents, les aînés...

 

J'ai aussi vu que même des gens qui n'ont rien, mais vraiment rien du tout, t'accueillent  en toute simplicité. Juste un sourire, c'est tout ce qu'ils ont à t'offrir, et pourtant, c'est le sourire le plus précieux. Quelqu'un qui n'a rien, arrive à être heureux et à se contenter du peu qu'il a. Alors pourquoi chez nous, on n'y arrive pas ? Les gens ne réalisent pas la chance qu'ils ont !

 

« Je suis aussi partie 
pour me trouver »

 

 

Marie Muffat 6Scarlett et Carla, deux jeunes filles du centre Laura VicunaDBA : Quel bilan fais-tu de cette expérience ? Vois-tu plus clair sur ton avenir ?

Marie : Beaucoup de mes questions ont trouvé des réponses. Par exemple, je sais que je ne veux pas être prof : c'est une certitude ! Même si j'ai beaucoup apprécié mon expérience ici, je sais que je ne serai pas capable de passer ma vie entière à faire ce métier, qui contrairement à ce que beaucoup de gens pensent chez nous, est très éprouvant ! Je me suis rendu compte que j'étais faite pour être avec les tout-petits.

 

DBA : Une conviction que tu garderas. Un souhait. Un désir pour la suite.

Marie : je garderai les paroles de Laura Vicuna : « Souffre en silence et garde le sourire. » qui ne veut pas dire qu'il faille tout garder pour soi et enterrer ses souffrances quelque part bien cachées ! Je prends les paroles de Laura dans le sens où il faut apprendre à vivre avec nos problèmes, apprendre à les dompter, afin de ne pas oublier de vivre avec le sourire. Nos problèmes sont une chose, mais ce qu'on en montre aux autres en est une autre. J'espère ne pas perdre ces convictions une fois rentrée en France et ne jamais oublier les filles, qui m'ont tant appris !

 

Propos recueillis par Karine GOLD-DALG
29 septembre 2015

 

 

 

 

 

Pour aller plus loin

Le V.I.D.È.S est un organisme international de Volontariat Educatif, créé et organisé par les sœurs salésiennes de Don Bosco.
Contact pour la Belgique: Sr Bénédicte Pitti
Vidès Belgique: www.salesiennes-donbosco.be

Contact pour la France : Sr Marie-Bé Scherperel
Vidès France : www.vides-france.com

Lire l'interview de MB. Scherperel, pour plus une présentation des objectifs du Vidès

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La musique est entrée dans ma vie assez tôt. Un violoncelle calé entre mes jambes à 4 ans, je ne comprenais pas trop l’objectif de tout ça. Ce n’était que des devoirs en plus pour moi. Et puis j’ai découvert le chant et m’a facilité à sortir les sons qu’il fallait. Je n’ai pas complètement lâché le violoncelle mais le chant s’avère être ce qui me remplit le plus. Oui car quand je chante je suis pleine. Pleine d’amour et de joie. Je souris dès que la voix de mon amie s’élève et que la mienne est prête à l’accompagner. Je souris en pensant à ce jour au Campobosco où on a vécu ce que j’appelle un orgasme musical. Le sourire aux lèvres on avait des frissons partout. La joie nous inondait. Alors je ne sais toujours pas si Dieu existe et s’il veut mon bien. Mais le chant est là pour me rappeler à chaque fois que je suis heureuse.

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