syrie pays qui souffre 004 La Syrie, ce pays qui souffre de la guerre depuis plus de 5 ans. Mhran Charkajian, salésien en Syrie, témoigne… « Des milliers de morts, de réfugiés, jetés sur les routes, des villes ravagées, une culture vieille d’un millier d’années avant Jésus Christ détruite ou emportée, des sites archéologiques perdus comme à Alep et Palmyre. Tout ce qui est nécessaire pour une vie normale manque : nourriture, eau, chauffage, électricité, sécurité, réseaux de communication. Les gens souffrent, chaque famille a perdu un proche à cause de la guerre, parents, amis, voisins...

 

Le terrorisme (ISIS, Djihadistes, Al Nusra) qui est une des mains du mal dans le monde a frappé le pays et l’a détruit. Et ce n’est pas tout : il y a aussi le conflit entre toutes ces factions qui fait couler toujours plus de sang. N’oublions pas que la Syrie était parmi les pays les plus sûrs et les plus développés du moyen orient.

 

Combien de jeunes ont perdu toute perspective d’avenir et fuient pour chercher une nouvelle vie, en sécurité, pour reconstruire leur futur. Ils se lancent sur les sentiers de la mer, qui sont souvent des sentiers de mort. Leur seule issue pour arriver en Europe. Des milliers de jeunes diplômés, des familles entières ont abandonné la Syrie pour venir ici, en Europe, après avoir vendu leurs maisons, leurs biens, pour payer le voyage. Pour travailler, étudier, vivre une vie digne.

 

syrie pays qui souffre 005 Les terroristes font le maximum pour faire souffrir un peuple innocent. Ils sont venus de l’extérieur, Arabie Saoudite, Turquie, Afrique du Nord... La mort des gens, bombarder, c’est comme un jeu, pour eux. Spécialement à Alep, Homs, Raqqa...

 

ALEP, le 14 février 2016, les terroristes ont bombardé un quartier civil où la majorité de la population est chrétienne. De nombreuses personnes sont mortes, des buildings entiers se sont écroulés laissant des personnes sous les décombres. On n’est pas à l’abri même dans sa maison. Parmi les victimes, un chef scout catholique, un jeune dont les oncles sont coopérateurs salésiens, et un garçon de 13 ans que je connais bien. Et combien que je ne connais pas.
Avant cela, c’étaient deux animateurs salésiens, Anwar et Michel, avec leur mère Minerva. Un missile a frappé leur building provoquant des dizaines de victimes. Il y a deux ans, c’était un garçon du collège, Jacques : il attendait l’autobus de l’oratoire pour aller au catéchisme, quand une bombe est tombée près de l’arrêt. Et en même temps que lui, d’autres jeunes.

 

Dans la ville où j’habite, Qamishli, dans le nord est, proche de la frontière avec la Turquie, vers le 23 décembre 2015, avant Noël, ils ont fait sauter une bombe dans un restaurant dans un quartier chrétien. 15 personnes ont été tuées, dont 7 jeunes d’une trentaine d’années qui provenaient de ma paroisse. Ils ont laissé des enfants orphelins et de jeunes veuves.

 

Et que font les gens ? Ils fuient, il sont forcés de s’enfuir.

 

La présence des salésiens en Syrie

Ils sont 7 salésiens, deux italiens et cinq syriens, répartis en deux communautés. Ils gèrent quatre œuvres.

 

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Alep : un oratoire où les jeunes peuvent jouer, discuter, fraterniser

syrie pays qui souffre 002 Il y a un oratoire, un centre de jeunes et une église publique (paroissiale). Cette œuvre florissante accueille les jeunes de tous les âges, depuis les plus petits jusqu’aux adultes. Le centre est très actif avec la présence de plus de 700 enfants. Les salésiens font tout ce qu’ils peuvent pour eux. Ils témoignent d’une vie chrétienne religieuse qui n’a pas peur de la guerre. Et les gens apprennent « par contagion ». Les moments de guerre, de danger... n’ont pas diminué la foi et le témoignage. Quelques jeunes que j’ai cités appartenaient à cet oratoire. De nombreux jeunes qui ont grandi là ont quitté la Syrie. L’oratoire d’Alep est très joyeux, c’est le seul endroit où les jeunes peuvent se défouler. Il est plein d’espérance et d’amour. Les animateurs donnent de leur temps pour les aider dans le travail d’évangélisation : catéchisme, groupes, messes dominicales animées par les jeunes, école des devoirs, soutien économique et colis de nourriture pour les familles pauvres. Cet oratoire est vraiment béni du Seigneur, avec ce nombre énorme de jeunes. De nombreuses vocations salésiennes sont sorties de cet oratoire.

 

Kafroun : un oratoire géré par un salésien et une famille de coopérateurs

La ville est située dans une région de montagne et de forêt. C’est une zone de tourisme estival qui n’est pas encore frappée par la guerre. L’œuvre salésienne comprend en fait un centre d’accueil pour des personne réfugiées, outre l’oratoire et une église publique gérée par un salésien et une famille de coopérateurs. L’ouvre de Kafroun est fréquentée par plus de 500 personnes, enfants, adolescents, jeunes, parents. Elle est très active en été parce qu’elle se trouve dans une des zones les plus sécurisées. Elle est devenue une zone très fréquentée, les gens viennent y chercher la tranquillité et la paix pour vivre (pour souffler un peu). Les salésiens y accueillent les familles les plus pauvres, les familles des coopérateurs et des salésiens. Ils vivent dans l’enceinte de l’œuvre et les salésiens leur offrent un lieu pour dormir, la nourriture, le chauffage, et autant que possible une vie digne. L’oratoire est super actif durant l’été : catéchisme et messes dominicales avec une foule de jeunes.

 

A Damas ils accueillent les jeunes pour rappeler la signification du mot « paix »

Il y a un oratoire, un centre de jeunes et une église paroissiale. Comme à Alep, l’oratoire est très vivant et actif avec plus de 600 jeunes. Damas aussi est frappée par la guerre, et les jeunes viennent de tous les coins de la ville pour vivre quelques heures de paix (y compris intérieure) dans des lieux pleins de joie et d’animations (catéchisme, groupes, soutien économique et colis de nourriture pour les familles les plus pauvres ...). La communauté est assez jeune, avec deux aspirants à la vie religieuse qui font tout ce qu’ils peuvent pour que les jeunes puissent vivre en sécurité et en paix, dans un pays qui paraît avoir oublié la signification du mot « paix ».

 

 

Face à tout cela, la question des jeunes est : « Où est Dieu ? », « Est-ce que Dieu existe ? », « s’il existe, pourquoi y a-t-il la guerre ? », « combien de temps faudra-t-il encore souffrir ? »

 

Par toute leur espérance et toute leur foi, les salésiens témoignent que Dieu existe. Dieu lui aussi, en se faisant chair pour se faire proche de nous en toute chose, a éprouvé toute la souffrance et la méchanceté humaine. Dieu n’accepte pas la guerre, il ne la permet pas. Dieu est l’espérance qui nous donne la certitude que la Syrie ressuscitera comme son Fils. Dieu est la joie de la résurrection.

 

Les salésiens témoignent tous les jours que Dieu existe. Que Dieu nous aime. »

 

 

Mhran Charkajian,
salésien à Qamishli (Syrie)
Texte traduit par Jean-François Meurs
10 mars 2016

 

 


Mot du jour

Le nom est la dernière chose qui nous reste quand les parents ne sont plus là. C’est un lien qui atteste de notre humanité engendrée. Le nom nous inscrit dans une histoire, dans une filiation, dans une famille. Le nom ne nous appartient pas vraiment : il se transmet. Il constitue aussi une part de notre identité sociale : avec lui, nous sommes d’un peuple. L’engouement actuel pour la généalogie nous prouve l’importance vitale du nom et de ce qu’il représente.

Etre appelé par son nom, c’est être reconnu et rejoint dans son humanité. Quand Dieu appelle, il le fait à l’aide du nom, car chacun est unique. En nommant leurs enfants, les parents prennent soin de choisir un prénom qui ait du sens. On voit bien quelles difficultés personnelles peut vivre un enfant ou un adolescent qui n’aurait plus la possibilité de se référer à une filiation pour tisser les liens de son histoire. Pour aller de l’avant, chacun a besoin de savoir d’où il vient. Le nom est une pièce essentielle de cette origine.

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