bangui des espaces de paix 003 Bangui, Centrafrique. Depuis le coup d’Etat de mars 2012, le pays est en proie à la guerre civile : pillages, viols, massacres, haines exacerbées par les rivalités religieuses et les clans. Malgré les menaces, les salésiens ont décidé de rester auprès des jeunes, soutenus moralement et financièrement par la Province salésienne d’Afrique Tropicale Equatoriale.

 

Les salésiens sont présents dans le pays depuis 1995 avec deux centres paroissiaux et de formation professionnelle dans la capitale, Bangui. Le centre de Damala compte 1700 élèves, dont une bonne partie qui reçoivent le matériel et les repas gratuitement. Aux moments les plus forts des violences, Damala et la paroisse de Galabadja ont accueilli 10.000 réfugiés, et même une pointe de 50.000. Comment nourrir une telle foule, même avec l’aide d’ONG humanitaires ? Comment assurer la sécurité des jeunes et soutenir leur moral ?

 

« Nous restons pour les jeunes »

bangui des espaces de paix 004 Le centre de Damala compte plus de 1700 élèvesLe sport a été l’un des premiers moyens pour permettre aux jeunes d’éprouver une certaine liberté. Il catalyse les énergies et stimule les qualités humaines. L’Institut Secondaire de Damala a maintenu des formations, notamment pour retenir les jeunes et les empêcher de tomber aux mains des milices. En septembre, l’UNICEF a confié 250 enfants en situation de vulnérabilité, et 120 autres au début de décembre. Un tiers sont d’anciens soldats, garçons et filles. Certains s’étaient engagés parce qu’ils ne savaient que faire de leur vie. La plupart ont été recrutés de force par des chefs locaux et entraînés à tuer.

 

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Des formations pour empêcher les jeunes de tomber aux mains des milices

 

Djitoloma témoigne

 

Pendant 8 mois, Don Bosco a été notre maison : pour dormir, manger... Il y avait même un hôpital. Là des gens sont morts, des bébés sont nés. Un jour, une bande armée est arrivée dans l’intention de tout saccager, mais les jeunes sont venus nombreux, prêts à tout, pour défendre le seul lieu qui leur restait. Pour les jeunes du quartier, Don Bosco est la maison de tous.

Les jeunes ont reçu un traitement médical, pour prévenir les maladies transmissibles et soigner les maladies de la peau. Et ils ont bénéficié d’une assistance psychologique. Après une phase de réhabilitation, ils ont entamé l’apprentissage d’un métier. Les enseignants évaluent et orientent vers les options offertes : menuiserie, agriculture et élevage, mécanique, école de conduite, électricité, maçonnerie, couture et informatique. Chaque matin, les cours sont précédés d’un mot sur la paix, le respect pour la vie, la réconciliation, le pardon. Chaque enfant a reçu une carte d’identité de l’école, permettant son identification.

 

 

Des « Espaces de paix »

Les deux centres accueillent les jeunes sans distinction d’origine, et sont devenus des « Espaces de paix ». Attentifs aux filles tentées de se prostituer pour trouver à manger, ils leur assurent un repas par jour. Chaque centre a un dispensaire qui a le souci d’apporter une aide psychologique et éducative. Il accompagne les femmes enceintes durant leur grossesse.

 

 

Jean-François MEURS, sdb,
Rédacteur de la revue Don Bosco Aujourd'hui
16 juin 2016

 

 

Pour aller plus loin

L'actualité par l'agence de presse internationale des salésiens de Don Bosco

 

 

 


Mot du jour

Est-ce un enfant ou un chien qu’on appelle ?

C’est vrai qu’elle est un peu rétro, mais elle trouve que cette tendance de plus en plus répandue de vouloir nommer son enfant de façon très originale, d’utiliser le prénom pour en faire un être unique, risque de prêter le flanc aux moqueries, et surtout ôte au prénom tout son sens.

Pour elle, un prénom, c’est important. Il s’inscrit dans une culture, évoque une figure tutélaire, dit, par son étymologie, quelque chose de beau, et, par ce biais, fait entrer l’enfant dans la communauté des hommes et l’inscrit dans une longue lignée. Il se cherche aux sources de l’intime, pas dans une lecture récente, ou parmi les personnages d’une série télé. Choisir un prénom, ce n’est pas non plus le joyeux exercice de la fabrication d’un mot inédit.

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