don bosco croatie 004 Les Salésiens sont en Croatie depuis 1914. Le pays a connu de grands bouleversements depuis le début du siècle avec la dictature de Tito puis la guerre d’indépendance. Le témoignage du père Goran Antunovic, 32 ans, Salésien à Rijeka, donne un aperçu de la situation actuelle des religieux et de l’Eglise du pays.

 

Don Bosco Aujourd'hui : Pouvez-vous nous décrire votre Province Salésienne ?

Goran Antunovic : Jusqu’en 1972, nous formions une seule Province avec la Slovénie. Puis nous nous sommes séparés pour devenir deux Provinces indépendantes. A la Province de Croatie est rattachée une maison fondée en 1995 en Bosnie. Nous sommes environ 115 religieux salésiens, dont une quarantaine de jeunes en formation.
Nous avons onze maisons en Croatie, réparties dans les villes de Dubrovnik, Spalato, Rijeka (où nous avons trois communautés), Zadar, Zagreb (4 communautés) et Belle Monastir et une maison en Bosnie à Zepce.

DBA : Quelles sont vos activités ?

G.A. : En Croatie, nous animons des paroisses et des oratoires (ou patronages). Nous avons aussi deux lycées d’enseignement général et sportif. En Bosnie, à Zepce, nous avons un lycée d’enseignement général et une école professionnelle. Nous avons également des foyers d’étudiants.
Parmi nos activités importantes, les camps d’été ou « estate ragazzi» ont lieu. Toutes nos maisons en organisent, pendant une semaine ou deux aussitôt après la sortie des classes.

« Chaque communauté salésienne a son
camp d'été et son groupe de prière »

L’année dernière, de façon inexplicable, le nombre de participants à ces camps d’été a doublé ou même triplé partout. De 300 à 500 jeunes y ont participé en chaque lieu. Nous sommes les seuls à proposer ce type d’activités d’été dans le pays. Les paroisses qui ne sont pas salésiennes font appel à nous pour les aider à organiser leurs propres « estate ragazzi » si bien que la formation salésienne est donnée partout dans le pays !

don bosco croatie 001 don bosco croatie 005

 

Nous disposons facilement d’animateurs. Ce sont des jeunes qui participent depuis des années à nos activités. Ils commencent avec nous une formation d’animateurs dès qu'ils ont fini le collège. Ceux qui n’ont pas vocation à être animateurs s’engagent dans l’animation de groupes de prière.

« Nous sommes les seuls à proposer
ce genre d'activités dans le pays »

Comment se vit la foi aujourd’hui en Croatie ?

G.A. : Pendant le communisme, on allait à la messe et on pratiquait en cachette. La politique aujourd’hui ne permet pas tellement aux familles de profiter de leur nouvelle liberté, car il y a toujours des discussions suite à la guerre de 1990 - 1995 : les gens ont vécu des temps très durs. Beaucoup de sang a été versé. Et c’est sur ce sang-là, que le pays a reçu la liberté démocratique et la liberté religieuse. Il y a encore des interrogations, des réflexions sur cette guerre... Ces discussions fatiguent la population.

don bosco croatie 002 don bosco croatie 003  

 

Quand est arrivée la liberté, les gens se sont un peu relâchés au niveau de la pratique mais, dans toutes les familles, les enfants ont été éduqués chrétiennement et ils ont conscience que la foi est une chose importante. Ils ont un fort sens spirituel et cherchent à faire leur propre chemin de foi. Ils ne veulent pas être croyants par tradition parce que leur famille l’est. Chaque communauté salésienne a son groupe de prière. Ici, ils sont 60 à 90 participants tous les mardis. Parmi eux, il y a les étudiants des petites villes éloignées qui viennent à Rijeka. Ils sont accueillis dans nos foyers pour 4 ou 5 ans et nous les suivons personnellement. Nous les accompagnons en leur proposant la prière quotidienne, en leur donnant des conseils, en vivant avec eux. Ils sont nombreux à participer à la messe le matin ou le soir ; ils cherchent des moments de silence et de méditation.

Les sœurs salésiennes en
Croatie et Slovénie 

« Il y a une très forte demande d’accompagnement spirituel des jeunes. Ils cherchent des réponses et veulent approfondir leur foi. »

Dans la Province de Slovénie-Croatie, les Sœurs salésiennes sont au nombre de 46 : 10 en Croatie et 36 en Slovénie.

Leurs œuvres : Foyer d’étudiantes, catéchèse, liturgie, aide à l’oratoire salésien des paroisses, groupes de prière, organisation de retraite pour les jeunes, pour les catéchistes, enseignement religieux dans une école.

don bosco croatie 006

Quel poids ont les Salésiens dans le pays ?

G.A. : Depuis la fin de la guerre, il y a une croissance de la présence salésienne et le pays commence à bien les connaître. Ils sortent de leur sacristie pour offrir des activités pédagogiques, une spiritualité salésienne à toute la jeunesse du pays. Un Salésien est aumônier de prison, un autre, aumônier des universités de Zagreb, si bien que les étudiants passent de la catéchèse paroissiale qu’ils ont connue dans leur ville à la catéchèse salésienne. Ils animent divers camps d’été, en plus des « estate ragazzi », pèlerinage à vélo, semaine de discernement pour les vocations, retraites...

La venue des reliques de Don Bosco a suscité beaucoup de conversions et de miracles et un véritable saut dans la connaissance de Don Bosco, de son esprit, de sa pédagogie. L’urne est passée dans tous les lieux salésiens ou sanctuaires du pays. Des veillées de prière ont été organisées durant des journées et des nuits entières. Les évêques reconnaissent la richesse de notre présence à travers la qualité de notre spiritualité. Ils comptent sur nous pour réveiller la foi des jeunes.

« Certains jeunes ont mûri
trop vite et ont du mal à être joyeux »

Un défi, pour vous, aujourd’hui en Croatie, en tant que religieux ?

G.A. : Un défi à relever pour chaque salésien : aider les jeunes à conserver ce trésor de la foi et les rendre capables de tenir sur ce chemin de croyant. La guerre a eu pour eux deux conséquences : ils ont souffert avec leurs familles et ils ont dû lutter. Cela les a mûris. Mais en même temps, certains ont mûri trop vite et ont du mal à être joyeux. On est là pour les aider. Qu’ils puissent faire leur propre choix de vie chrétienne dans une société de plus en plus influencée par la société de consommation.


Mot du jour

« L’amour est une danse dont personne ne m’a appris le pas » (Pat Conroy, Beach music). A quoi ça ressemble l’amour ? Comment fait-on ? Où est-ce que ça se trouve ? Quels sont les mots ? Qui nous dira le secret ?

Celui qui veut le mode d’emploi, la pleine conscience, restera sur sa faim. On ne maîtrise pas l’amour, c’est une chose dont il ne faut pas trop se préoccuper. Laissons venir l’amour, il trouvera son chemin, le moment venu.

Même Jésus ne nous dit pas exactement ce que nous devons faire. Pas de doctrine, sauf des formules fulgurantes : « Coupe ta main, arrache ton œil », « retire-toi », « parfume-toi », « donne » et « pardonne ». Pas de solution, mais une invitation à prendre la voie ouverte. L’amour naît de l’Esprit lors de chaque rencontre, face à chaque événement. L’amour est liberté.

j offre une messe
Défi Citoyenneté 2025

Campobosco
temoignages
Livre

Multimédia

Mission à Tournai
Le groupe Agape et leurs animations
Voir l'article

Le train de la mémoire : Vers Auschwitz
Le témoignage de Margaux (de Grenoble)
Voir l'article

« Chers confrères, et chère famille salésienne »
Message du Supérieur mondial de salésiens
(ANS)

Toutes les vidéos sur la chaîne DBA...

  • Actualités

    • Mineurs migrants : l’accueil dans le réseau salésien de Belgique

      mineurs migrants accueil en belgique Aujourd’hui des milliers de mineurs migrants fuient leur pays en raison de la guerre, la pauvreté. Pour les accueillir, différents lieux du réseau salésien en Belgique, se mobilisent. Quel est l’accueil spécifique des mineurs migrants dans les maisons salésiennes ?

      Lire la suite

    • Dramane, migrant du Mali à l’Espagne

      mineurs migrants temoignage dramane 001 Qui est le jeune Dramane ? Qu’est-ce qui l’a décidé à quitter sa famille ? Son pays ? Quelle est son histoire ? Comme beaucoup d’autres, Dramane est un jeune mineur à avoir frappé à la porte d’une maison salésienne en Espagne. Il témoigne.

      Lire la suite

    • L’établissement N.D. des Minimes accueille trente migrants

      migrants n d minimes lyon 001 « Cette rencontre a été une claque pour moi et m’a fait prendre du recul » s’exclame Coline, lycéenne aux Minimes, à Lyon après la rencontre organisée par la Pastorale du lycée et la cellule « migrants » du diocèse de Lyon. Pour de nombreux lycéens, ce fut une expérience cruciale qui les aide à sortir des clichés. Témoignage de Fabienne Laumonier, animatrice en pastorale scolaire.

      Lire la suite

    • A Sury-Le-Comtal, une sanction-réparation réussie

      st andre sury sanction 001 Des élèves ont commis un acte de bizutage contre un autre élève. Comment les sanctionner ? Comment les aider à prendre conscience de leur acte ? Comment les aider à changer ? C’est la question que s’est posée l’équipe éducative du lycée Saint-André à Sury-le-Comtal en demandant aux élèves de s’engager dans un acte de réparation qui a du sens.

      Lire la suite

    • Que faire cet été 2017 ?

      que faire cet ete 2017 001 L'aventure salésienne vous intéresse ? Alors n'hésitez pas à découvrir les propositions salésiennes de l'été ! Et si des jeunes veulent devenir animateurs, prenez contact. La famille salésienne offre une large palette de propositions ouvertes à tous. Il y en a pour tous les âges, tous les goûts, à toutes les dates. Comment choisir dans ce large éventail ?

      Lire la suite

    • Le nouveau Don Bosco Aujourd’hui : Mineurs migrants non accompagnés

      nouveau dba 990 Nous ne baisserons pas les bras ! Parfois des décisions politiques sur l’accueil des migrants posent question, mais rien n’arrêtera l’élan de générosité que nous observons partout autour de nous. Dans le réseau des salésiens, il s’agit de faire ce que Don Bosco faisait en son temps : l’accueil inconditionnel.

      Lire la suite