mexique don bosco 05 La frontière entre les Etats-Unis et le Mexique est une blessure ouverte entre deux mondes si proches géographiquement et en même temps si différents culturellement. Et pourtant elle forme une nouvelle région avec sa culture de passage. C’est là que les présences salésiennes se multiplient.

 

Le Mexique est débordé par l’afflux de personnes qui arrivent à la frontière dans l’espoir d’entrer aux USA, tandis que les Etats-Unis ne réussissent pas à contenir les clandestins qui finissent par passer entre les mailles du filet. Dans ce grand brouhaha, la frontière devient le lieu d’activités illégales, trafics d’armes, de drogue, et malheureusement d’êtres humains.

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Un mur de trois mètres de haut

L’endroit névralgique est situé à l’Ouest, avec les villes de Tijuana, surnommée « la Porte du Mexique », et San Diego, à 25 km de là, en Californie. Un mur de trois mètres de haut, dévoré par la rouille, sépare les deux villes jusqu’à la plage sur 40 km. On a beau le renforcer sans cesse, les patrouilles spéciales anti-migration ont beau se multiplier, impossible de maîtriser les dizaines de kilomètres contrôlé par la douane : des millions de personnes franchissent la frontière chaque année.

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« Bienvenue à Tijuana »

Manu Chao chante : « Bienvenue à Tijuana, c’est ici que le coyote saute la douane ». Les « coyotes » - appelés aussi « polleros », « marchands de volailles » -, sont de simples ouvriers manœuvres ou paysans qui connaissent les passages dans la montagne et, depuis toujours, se font un supplément de revenus en guidant les migrants « de l’autre côté ». Mais aujourd’hui, certains en font un véritable business, en exploitant les candidats au grand saut.

Tijuana attire aussi beaucoup de touristes : c’est une ville pleine de vie, on y fait constamment la fête dans les rues et sur les plages, le long de la mer. Mais c’est aussi une ville dangereuse où les bandes rivales s’affrontent dans des fusillades entre elles ou avec la police. Et, malheureusement, il y a aussi la prostitution de mineurs.

 

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Les salésiens au Mexique

Les salésiens sont présents dans cette ville turbulente depuis trente ans. Ils y ont ouvert six centres qui accueillent les jeunes et leur proposent des activités de formation et de loisirs éducatifs typiques des « oratoires » salésiens : catéchèse, sports, ateliers, formation humaine, associations de bienfaisance, jeux. Ils ont ouvert une école primaire gratuite pour les enfants qui ne peuvent fréquenter les écoles officielles faute de papiers d’identité.

Les salésiens ont aussi équipé un grand restaurant qui accueille les migrants et les pauvres, auxquels sont offerts un repas quotidien et des services d’urgence. Il devient lieu de repos, hébergement, hygiène personnelle, vêtements, soins médicaux, assistance psychologique, aide légale, ordinateurs, formation humaine, apprentissage d’un métier…

Le Père Plascencia, directeur des œuvres de Tijuana, faisant le bilan, explique : « Le mur nous a ouvert davantage à la réalité des personnes refoulées - réalité qui, malheureusement, ne fera qu’augmenter dans les prochains mois, vu la politique de l’actuel Président des Etats-Unis. Nous devons maintenant développer des programmes d’intégration pour tous ceux qui vivent dans une situation de grande vulnérabilité.»

 

Traduit par Jean-François MEURS du bulletin salésien italien – mai 2017

Les chiffres 

  • 3 145 km : longueur de la frontière
  • 1 000 km : longueur totale des différents murs et barrières
  • 22,5 km : longueur du mur entre San Diego et Tijuana
  • 1971 : année de construction de la première barrière protectrice
  • 12,2 millions d'immigrants clandestins ont traversé la frontière entre 1990 et 2007
  • 18 000 agents impliqués dans la sécurité
  • 400 000 arrestations en 2013 (dernières données disponibles)

L’Eglise mexicaine prend position 

Depuis, l’élection de Donald Trump aggrave et complique la situation. Les Evêques ont dressé un état des lieux des centres d’accueil et hébergement, les ont agrandis et équipés et ont mobilisé des volontaires dans les paroisses pour préparer les repas, collecter des vêtements, ou simplement discuter avec les migrants. Ils ont interpelé les autorités mexicaines afin qu’elles s’engagent à combattre la corruption et le crime organisé qui menace la vie des migrants, et refusent de laisser traiter les mexicains de « bandits » et de « violeurs » par le président des Etats-Unis… Des rencontres ont eu lieu avec les évêques des Etats-Unis pour mieux coordonner les efforts mutuels, et pour dénoncer les nouvelles lois qui ne respectent pas les droits humains élémentaires.


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Mot du jour

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On pourrait reformuler ainsi la question : « Qui détestes-tu le plus ? » On a le plaisir de constater que beaucoup rejettent « détester » comme trop fort ou loin de leurs sentiments. Quand ce verbe s’applique, c’est à ceux qui ont souffert de la maltraitance ou de la trahison d’un de leur proche.

Nos interviewés n’aiment pas les racistes, les homophobes, ceux qui manquent d’ouverture d’esprit, les radins, les moqueurs mais surtout les prétentieux et les gens trop sûr d’eux. La liste n‘est pas exhaustive. Pourtant certains essaient de comprendre cette inimitié. Pour Maxime « Quelqu’un, il a forcément quelque chose de bon et du coup, si on cherche bien, on ne peut pas détester quelqu’un. »

Question : Avons-nous le souci d’aller au-delà de nos détestations ?

Voir le 11è épisode : Qu’est-ce que tu détestes le plus ?

Les informations recueillies sur ce formulaire sont enregistrées dans un fichier informatisé par Don Bosco Aujourd'hui pour la transmission de l'actualité salésienne. Elles sont conservées pendant 5 ans et sont destinées à la promotion des activités de la famille salésienne. Conformément à la loi « informatique et libertés », vous pouvez exercer votre droit d'accès aux données vous concernant et les faire rectifier en contactant : Salésiens de Don Bosco, 393 bis rue des Pyrénées, 75020 PARIS, France

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