P Aupetit 355Pourquoi l'Eglise s'occupe-t-elle de bioéthique ? Qu'a-t-elle à dire ? C'est à cette question que Mgr Michel Aupetit, récemment nommé évêque de Nanterre, a répondu devant une salle comble à la paroisse St Jean Bosco, le 15 mai dernier.

 

 

 

Les questions que pose la bioéthique

Le débat essentiel concernant la bioéthique aujourd'hui est anthropologique, c'est-à-dire qu'il relève de visions différentes de l'homme. Au cours de sa conférence Mgr Aupetit développa tour à tour deux visions anthropologiques : la vision mécaniste et la vision personnaliste, deux conceptions de l'homme bien différentes ; l'une toute biologique et l'autre ne réduisant pas l'homme à la matière.

Le conférencier, médecin de formation, exprima avec clarté la position de la science, légitimement en quête d'efficacité, d'amélioration des techniques et de compréhension de causes des maladies et des handicaps pour les guérir. Les espoirs soulevés par des découvertes récentes semblent pousser la société à vouloir aller vers un contrôle de la naissance, de la maladie et de la mort, vers la perfectibilité de l'être humain. Où se trouve la frontière entre ce que l'on peut faire et ce que l'on pourrait être capable de faire ? Quelle est celle à ne pas franchir au-delà de laquelle on porte atteinte à l'être humain ? Les technologies vont en s'accélérant. Mais peut-on tout faire ? A-t-on le droit de tout faire ? Est-ce que tout est autorisé ? Peut-on tout programmer de la naissance à la mort ? Peut-on prétendre à « l'enfant programmé », à l'enfant idéal ?

 

P Aupetit 3 355L'avis de l'Eglise

L'Eglise a-t-elle quelque chose à dire en la matière et son avis en bioéthique est-il pertinent ? Mgr Aupetit s'attachera à dire que, si aujourd'hui tout devient possible, tout pour autant n'est pas autorisé. Au nom du respect et de la dignité de l'homme, tout ne devra pas être autorisé. Le rôle de l'Eglise sera donc d'éclairer la conscience de chacun. Le respect inconditionnel face à chaque être humain, à toutes les étapes de sa vie, est un principe universel. L'Eglise n'est pas opposée à la science. C'est précisément au nom de ce respect qu'elle encourage avec force la recherche pour de nouvelles thérapies.
Dans la Bible, la vie est sacrée et appartient à Dieu. Avec force, Mgr Aupetit affirmera que l'enjeu est ici la dignité de chaque personne humaine. S'attaquer aux éléments les plus faibles et les moins conformes d'une société, c'est s'attaquer à la valeur de chacun des membres de cette société, au-delà des victimes directes. Et c'est la qualité de la vie humaine qui perd. Il insistera aussi sur la notion de vulnérabilité qu'il faut prendre en considération. On parle aujourd'hui beaucoup d'une éthique de la vulnérabilité, du respect du plus vulnérable, et de la responsabilité qui en découle.

 

La personne humaine

Au-delà d'un agglomérat de cellules organisées en une multitude de fonctions constituant un être humain, il y a une personne. St Exupéry disait qu'une « cathédrale est bien autre chose qu'une somme de pierres ». Il en est ainsi en l'homme, comme en tout être, quelque chose que n'expliquent pas les matériaux qui le composent. On ne peut réduire l'homme à la matière. L'homme n'est pas qu'un paquet de neurones, bien ou mal programmé. L'homme est un être doué de raison et de liberté. Sa conscience lui permet de faire des choix. Des questions nous interpellent.
Aux Etats-Unis des budgets colossaux sont consacrés à créer un autre homme (« l'homme augmenté »), quittant la branche humaine actuelle, pour en créer un autre, de toutes pièces ! La parole de l'Eglise catholique, qui tient compte des recherches scientifiques et de la dignité de la personne humaine est hautement recevable. On peut y adhérer ou non.

 

Aucune science ne trouve en elle-même sa propre signification. Elle doit se confronter à d'autres pour aborder la question de leur sens et des conséquences des progrès scientifiques pour l'avenir. La place de l'Eglise est de participer à cette réflexion.

 

 

Père Job Inisan, salésien de Don Bosco
curé de la paroisse Saint Jean Bosco, Paris
5 juin 2014

A lire aussi sur Don Bosco Aujourd'hui....

 


Mot du jour

logo calendrier de l avent 2017

Du 2 au 24 décembre,
Don Bosco Aujourd'hui vous propose de retrouver le mot
du jour dans
le calendrier de l'Avent 2017...

j offre une messe
Défi Citoyenneté 2025

Campobosco
temoignages
edb pour le bien commun

Multimédia

Henri Marescaux témoigne
au week-end Don Bosco jeunes et familles
Voir l'article

Aurelie Monkam Noubissi témoigne
au week-end Don Bosco jeunes et familles
Voir l'article

Sœur Pilar, Salésienne de Don Bosco témoigne
au week-end Don Bosco jeunes et familles
Voir l'article

Toutes les vidéos sur la chaîne DBA...

Aurelie Monkam Noubissi
  • Société

    • Les challenges sur internet sont-ils dangereux ?

      ice bucket challenge 001 Depuis de nombreux mois, les challenges ont pris une ampleur importante sur internet, sur les réseaux sociaux. On peut en trouver de tous types, du divertissant, à l’émouvant, en passant par le vulgaire ou le dangereux. Mais en quoi consiste un challenge ?

      Lire la suite

    • « J’ai peur que mon enfant se radicalise »

      radicalisation Contrairement à ce que croient beaucoup, les jeunes qui se radicalisent ne sont pas tous des maghrébins issus des quartiers sensibles de la banlieue, engoncés dans la délinquance, et qui voient dans l’adhésion à l’islam radical une manière de venger la déconsidération dont ils se sentent l’objet et de pouvoir ainsi acquérir une stature de héros.

      Lire la suite

    • « Apprends-moi la nature » en camp ou en classe

      apprends moi la nature 002 Jouer avec la nature est un chemin vers une pédagogie positive et bienveillante. L’objectif principal est de favoriser des moments de partage entre adultes et jeunes enfants autour de la découverte de la nature. L’idée est de percevoir la nature comme médiateur de jeux, de relations, de découvertes entre l’enfant et ses pairs. Les exemples sont nombreux : camp avec les scouts, classe verte ou classe d’intégration, comme à Farnières.

      Lire la suite

    • Le lien avec la nature chez Don Bosco, hier et aujourd’hui

      don bosco nature vignes 005 En visite à La Navarre où on faisait appel à lui pour reprendre un orphelinat, Don Bosco s’est penché pour prendre une motte de terre, la pétrir, la respirer, et déclarer : « c’est une bonne terre pour la vigne ». Don Bosco avait des réflexes de paysan travailleur de la terre. Aujourd’hui, le réseau international des écoles agricoles salésiennes est en pleine croissance et poursuit cette inspiration.

      Lire la suite