Pastorale Ressins Agnès Mieszczak, Présidente de l’association des parents d’élèves du lycée de Ressins, nous livre son témoignage à propos de la pastorale. « La pastorale contribue à faire des hommes équilibrés, debout, ouverts à un espace de spiritualité ». Elle fait part de ses idées, ses pudeurs et son cheminement.

 

Partagez-vous ce qui se passe en matière de pastorale dans l’établissement ?

Agnès Mieszczak : La foi, la pastorale, sont des sujets que l’on n’aborde peu en réunion des parents. Ce qui touche davantage les parents, ce sont les rassemblements à la Chapelle de tous les jeunes et adultes lors d’événements douloureux, de situations qui posent problème, par exemple les attentats, le manque de respect des personnes, ou même des dégradations matérielles. Cela nous paraît très fort et nous donne le sentiment d’une communion humaine entre jeunes et adultes. Se dire qu’il y a un lieu, un endroit où l’on puisse se rassembler, être dans une prière ou un recueillement qui appartient à chacun, cela nous touche beaucoup. Et pour nous parents, si nous n’abordons pas franchement le sujet de la pastorale, c’est plus par pudeur, pour ne gêner personne.

Selon vous, quelle place doit avoir la pastorale dans un établissement catholique ?

Permettez-moi ce témoignage très personnel : issue d’une famille très religieuse et pratiquante, depuis plusieurs années j’avais mis beaucoup de distance avec ces rendez-vous religieux, qui ne correspondaient plus à ma manière de croire et de vivre ma foi. J’étais plus portée à la vivre dans l’action et au quotidien.

En venant à Ressins, je me suis vraiment réconciliée avec une forme de pratique, une fraternité que je ne retrouve pas forcément ailleurs, de même qu’une spiritualité au sens large du terme qui n’enferme pas dans des préceptes, des pratiques d’un autre temps. Je me retrouve dans cet amour inconditionnel que l’on ressent quand on entre dans la chapelle de Ressins, je retrouve une lueur que j’avais perdue.

 

Par les enfants, j’ai retrouvé ce sens de Dieu qui imprègne tout l’établissement, et c’est une chance. Il n’y a pas de rigidité paralysante, mais un accueil d’amour, le jeune est pris là où il en est, dans un climat d’écoute, de tolérance, pour faire des choix et cultiver, s’il le souhaite, sa spiritualité.

Les enfants parlent-ils de la pastorale à Ressins ?

Peu. Mes enfants ne sont pas allés régulièrement aux temps de prières. C’est un âge où ‘’ça remue’’. Mais mon fils a apprécié les temps de pastorale avec Benjamine Papet, responsable en pastorale, pas tant sur le sujet de la foi chrétienne, que pour le positionnement de l’humain, de sa spiritualité dans la vie quotidienne. Et j’ai même été surprise des questions que cela soulevait chez lui par rapport à son projet professionnel, à son positionnement scientifique et spirituel. Cela a alimenté chez lui un vrai débat philosophique.

Au-delà de ces temps forts à la Chapelle ou pendant les heures de pastorale, c’est une ambiance générale dans la maison, y compris dans la relation scolaire, qui questionne sur la vie, sur le devenir des jeunes. A mon sens, c’est essentiel et il ne faut surtout pas l’oublier dans la scolarité.

Que disent les enfants à propos des temps obligatoires de réflexion programmés dans l’emploi du temps, ou à titre exceptionnel ?

Là encore, je ne peux apporter qu’un témoignage personnel. Je sais que mes deux enfants ont aimé y participer. Cela leur permettait de ‘’se poser’’, de prendre de la hauteur, d’échanger jusqu’à un niveau quasi philosophique parfois. Ces lieux, ces temps d’échange ne sont pas si nombreux que cela. Je pense aussi que c’est un moyen de faire l’unité dans la classe. On peut dire ce que l’on pense sans être jugé.

Très récemment, Franck Roussier, le directeur de l'établissement a rassemblé les élèves pour leur faire part du décès du papa de l’un deux. Par ricochet, tout de suite, les parents dans la classe concernée ont demandé s’il pouvait y avoir un temps de partage et d’échange spirituel. Les parents étaient dans l’attente de se dire, il faut en faire un moment symbolique qui rassemble.

Quel message voudriez-vous confier à nos lecteurs sur la pastorale ?

La pastorale doit rester un des axes fondateurs de cette pédagogie. Elle permet à chaque jeune de cheminer à son rythme. C’est essentiel. Je pense à ces propositions d’aller à Taizé, à Lourdes. Ce sont vraiment des portes ouvertes pour grandir. Et force est de constater que ces expériences peuvent les aider dans leur devenir d’adulte.

Après, au plus profond de soi, que l’on s’adresse à Jésus-Christ, à Allah, à Bouddha, ce n’est peut-être pas le plus important. L’important est que l’on fasse tout pour que chaque jeune devienne un être humain équilibré et debout, ouvert à un espace de spiritualité. 

Propos recueillis par Yves Bergeron.


Mot du jour

Louez-le (Dieu) avec harpe et cithare ; Louez-le avec cordes et flûte ; Louez-le avec des cymbales sonores… Ps.150

Les instruments de musique ont été utilisés, dès les origines, pour soutenir la voix humaine ou pour rythmer les pas de danse. David dansait avec sa harpe devant l’arche d’Alliance. L’apparition des divers instruments est à mettre en parallèle avec l’évolution des technologies, jusqu’à nos jours où la musique de synthèse est omniprésente dans nos cités. Pourquoi une si grande diversité d’instruments ? Pour rompre la monotonie et pour enrichir la palette des sons. Car chaque instrument a son caractère, sa personnalité. C’est ce qui a inspiré Hector Berlioz pour l’écriture de son Traité d’Instrumentation et d’Orchestration, paru en 1844. On y découvre non seulement les caractéristiques des sons émis par chacun, mais aussi le rôle qu’il peut jouer dans l’expression des sentiments et des émotions. Pour que la vie soit belle, chacun de nous est invité à jouer sa partition.

j offre une messe
Défi Citoyenneté 2025

Campobosco
temoignages
edb pour le bien commun

Multimédia

Le train de la mémoire retour d'Auschwitz
Antoine, aumônerie d'Amboise.
Voir l'article

Sœur Pilar, Salésienne de Don Bosco témoingne
au week-end Don Bosco jeunes et familles
Voir l'article

Maud Fontenoy, marraine du 30è anniversaire de
l'association Diamond
Voir l'article

Toutes les vidéos sur la chaîne DBA...

  • Société

    • Les challenges sur internet sont-ils dangereux ?

      ice bucket challenge 001 Depuis de nombreux mois, les challenges ont pris une ampleur importante sur internet, sur les réseaux sociaux. On peut en trouver de tous types, du divertissant, à l’émouvant, en passant par le vulgaire ou le dangereux. Mais en quoi consiste un challenge ?

      Lire la suite

    • « J’ai peur que mon enfant se radicalise »

      radicalisation Contrairement à ce que croient beaucoup, les jeunes qui se radicalisent ne sont pas tous des maghrébins issus des quartiers sensibles de la banlieue, engoncés dans la délinquance, et qui voient dans l’adhésion à l’islam radical une manière de venger la déconsidération dont ils se sentent l’objet et de pouvoir ainsi acquérir une stature de héros.

      Lire la suite

    • « Apprends-moi la nature » en camp ou en classe

      apprends moi la nature 002 Jouer avec la nature est un chemin vers une pédagogie positive et bienveillante. L’objectif principal est de favoriser des moments de partage entre adultes et jeunes enfants autour de la découverte de la nature. L’idée est de percevoir la nature comme médiateur de jeux, de relations, de découvertes entre l’enfant et ses pairs. Les exemples sont nombreux : camp avec les scouts, classe verte ou classe d’intégration, comme à Farnières.

      Lire la suite

    • Le lien avec la nature chez Don Bosco, hier et aujourd’hui

      don bosco nature vignes 005 En visite à La Navarre où on faisait appel à lui pour reprendre un orphelinat, Don Bosco s’est penché pour prendre une motte de terre, la pétrir, la respirer, et déclarer : « c’est une bonne terre pour la vigne ». Don Bosco avait des réflexes de paysan travailleur de la terre. Aujourd’hui, le réseau international des écoles agricoles salésiennes est en pleine croissance et poursuit cette inspiration.

      Lire la suite