don bosco Henri Derouet 02 Il est arrivé au collège-lycée Don Bosco Giel à l’âge de 12 ans. Il en a aujourd’hui 89 et y est toujours. Ce prêtre salésien, éducateur passionné, vient d’être distingué par l’Etat : il a reçu la médaille d’or de la Jeunesse et des Sports… sans passer par le bronze ni l’argent. Rarissime. On vous explique pourquoi.

 

Une enfance dans les années 30-40…

don bosco Henri Derouet 01 Chez les Derouet, à Torchamp, dans l’Orne, dans les années 20 et 30, la vie est assez classique dans cette France rurale de l’entre-deux-guerres. Henri est l’aîné de sept garçons. Ses parents sont cultivateurs et un premier drame, fondateur, marque la famille : sa maman meurt en 1936. Henri a 7 ans. « Se sentant mourir, elle dit à mon père : mets-les à l’orphelinat ». Henri et quatre de ses frères arrivent à Flers, à l’orphelinat Saint-Louis, tenu par les sœurs franciscaines. Deux vont y mourir. L’époque est dure, très dure, mais Henri aime l’école « J’apprenais bien, je servais la messe. Le prêtre m’a repéré : peut-être qu’il pourrait être prêtre ! », sourit-il aujourd’hui. Les études se poursuivent à Giel, où les Salésiens sont arrivés cinq ans plus tôt. Il saute la 5e, file jusqu’au bac première partie. Henri a fait son choix : il sera prêtre… mais chez les Salésiens. « Je ne me voyais pas du tout seul dans un presbytère. Les Salésiens, ça me paraissait naturel, il y avait une bonne ambiance ».

Les débuts salésiens

don bosco Henri Derouet 04 A 17 ans, le voilà au Château de la Guerche, près de Dinan, en Bretagne, où il prend la soutane. Pas forcément un bon souvenir : « En campagne, on était couaqués», explique-t-il. Couaqués ? « Oui, je gens faisaient couac, couac, comme des corbeaux. Mais nous, on répondait, on engueulait les gens ! » Un an comme instituteur à Casablanca, le service militaire à Wittlich en Allemagne et quatre années de théologie finissent de préparer Henri : il est ordonné prêtre à la fin des années 50 au foyer de la rue Crillon, à Paris, avec six ou sept autres jeunes salésiens. Première mission à Melles-lez-Tournai puis direction Casablanca, à nouveau, comme instituteur. « J’ai tout de suite préféré ce métier à celui de professeur : l’instituteur, il a sa propre classe, il peut l’aménager comme il le veut ». Certificat d’études latines à l’université de Rabat.

L’après-Concile

don bosco Henri Derouet 06 Arrive le concile et… la fin de la soutane « qui était quand même pratique au foot, parce qu’on pouvait dribbler en cachant le ballon en dessous », plaisante-t-il. Heureux de s’habiller comme tout le monde, le jeune prêtre achète un costume… qu’il a conservé précieusement ! Après un passage par Bailleul (1967/1968) et des études d’histoire-géo suivies de la licence d’enseignement à Lille, le père Henri arrive… à Giel : c’est le grand retour, à 40 ans. « Nous sommes en 1969 et il y a 25 salésiens à la communauté. Parmi les profs, il n’y a qu’un ou deux laïcs… »

Giel un jour, Giel toujours

don bosco Henri Derouet 07 Le cordon ombilical avec Giel, qui avait été rompu deux décennies plus tôt, se reconstitue vite : prof d’histoire jusqu’en 1987, une petite année de « recyclage » (oui, oui !) à Paris avec cours à l’Institut catholique, puis retour à Giel jusqu’à la retraite, à 65 ans, en 1994. « Je souhaitais vraiment rester là, au milieu des jeunes », explique-t-il alors. Il reste donc et reçoit, en cadeau pour sa retraite, un ordinateur. « J’adhère à l’association des webmasters chrétiens, et je décide de me former, d’apprendre le html et je crée le site web de Giel. Et il fonctionne toujours ! Et en tant que délégué aux anciens élèves, j’ai une base de données sous Access avec 15 000 noms d’anciens élèves ! »

« Ces kayaks, qu’est-ce qu’on les a utilisés ! »

don bosco Henri Derouet 05 La carrière est belle, longue. Mais pas de quoi justifier la médaille de la Jeunesse et des Sports, direz-vous… C’est oublier qu’un enseignant, quand il est salésien, n’est évidemment pas qu’enseignant. Il coanime l’atelier de vannerie, fabrique des guitares avec les jeunes, organise de grandes promenades à pied le mercredi et surtout des sorties en kayak sur la rivière toute proche. « Ces kayaks, qu’est-ce qu’on les a utilisés ! », sourit le père Derouet, se remémorant les camps organisés par Michel Perrot, Salésien de Don Bosco lui aussi, à Primel et même sur le lac Léman. « Une fois, j’avais dessalé sur l’Orne, autrement dit chaviré, en passant un barrage, il y avait énormément de courant, je me suis raccroché à une branche, un prof a récupéré le bateau, mais moi, j’étais frigorifié… et j’ai dû rentrer à pied ». « J’ai peut-être perdu des bateaux, mais j’ai toujours ramené tout le monde », ajoute-t-il.

Médaille d’or Jeunesse et Sport pour le père Henri Derouet

don bosco Henri Derouet 03 Evidemment désormais, le kayak c’est presque fini pour le vieux prêtre (89 ans). « Moi, je serais partant, mais mon directeur ne veut plus que je sorte avec des jeunes sans un adulte avec moi. Le BAFA qualification canoé-kayak atteste quand même de mon expérience sur l’eau ! » rigole-t-il.

N’empêche, le père Henri reste présent auprès des jeunes à toutes les récréations et au foyer, avec un petit coin jeux de société et échecs. Sans oublier son rubiks’cube, qui lui permet de capter l’attention des jeunes. Un enthousiasme et une longévité qui vaut bien l’or !

 

 

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Indispensable, pas indispensable une ou un meilleur ami ? Pas forcément, mais reste qu’elle ou il est souvent là. Ce lien s’enracine fréquemment dans la petite enfance. Nos jeunes interviewés en attendent du soutien, de la bienveillance.

Pour William avec un meilleur ami on se doit de conjuguer les verbes « rigoler » et « épauler ». Tara résume bien le sentiment de beaucoup : «… quelqu’un qui essayera de faire en sorte que je prenne toujours un bon chemin… qui m’aidera à avancer dans ma réflexion… avec qui je peux débattre… qui pourra m’accompagner dans les difficultés de la vie… qui sera toujours là. »

Question : Que sont nos amis devenus… ?

Voir le 8è épisode : Un meilleur ami ?

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