Aujourd’hui, la peur semble la chose la mieux partagée par tous, la mondialisation la mieux réussie. La vie est un chaos dont on ne mesure ni l’après, ni l’avant. Le monde dans lequel nous vivons est irrationnel et parfois violent, nos sociétés ne savent plus quels repères choisir.

La peur n’est pas une vision du monde : l’espérance est ce qu’il y a de plus solide. Il faut donc trouver un outil pour empoigner cette vie sans qu’elle nous file entre les doigts, pour redécouvrir que ce monde nous est favorable, que nos sociétés créent de la paix, qu’il y a de nombreuses promesses de bonheur.

A nous de trouver notre « porte étroite » qui nous permet d’accéder au bonheur : peindre, écrire, parler, prier, servir, se donner… Les sagesses et l’évangile nous indiquent des portes.

Don Bosco disait qu’il fallait aimer ce que les jeunes aiment. Pas évident tous les jours, il faut bien le reconnaître. Aimer ce n’est pas tout accepter, c’est connaître, écouter, regarder et ne pas enfermer le jeune dans sa culture et nous adultes, rester à côté dans notre culture, comme deux mondes à part.
Mais quel bonheur que de se laisser bousculer par les jeunes, nous adultes, dans nos certitudes que notre culture, notre musique…sont les meilleures.
Se laisser bousculer par un jeune qui fait un « dab » quand il reçoit une bonne note à son devoir ; par une classe qui attend sagement la sonnerie pour vous surprendre par un « mannequin challenge ».

Se laisser déranger par la culture du jeune pour mieux l’accompagner dans ses passions et partager ce qu’il aime. Osons aller à la découverte !

Après Pâques, sur le chemin d’Emmaüs, le Christ se révèle dans la rencontre de l’Eucharistie à ses amis.

A Abu Gosh, à quelques kilomètres de Jérusalem, sur un des chemins possibles d’Emmaüs, c’est aussi la joie de la rencontre.  Rencontre du Christ, rencontre de l’autre.

Au cœur du territoire israélien, au cœur d’un village musulman, se trouve une abbaye de moines bénédictins olivétains.

Quelle joie de vivre la rencontre, ici ; de partager l’eucharistie et de vivre la communion fraternelle au rythme des cloches et des appels à la prière du muezzin.

Quelle joie d’aller avec un ami prêtre, invité par le portier musulman, à la synagogue pour célébrer l’entrée en Shabbat. Oui, le Très Haut est bien présent et habite nos rencontres.

Il m’a été donné d’accompagner cette année, ce jeune de 13 ans, dans son parcours scolaire. Accompagner, c’est savoir écouter. Ecouter son parcours, l’histoire de son père venu du Maghreb, son insertion, parfois difficile, en France.

Savoir écouter les rêves, les désirs de ce jeune. Savoir entendre sa volonté, sa motivation de se battre dans la vie pour réussir, pour vivre ses rêves et devenir ingénieur. C'est aussi parfois redonner au jeune certains repères, une parole qui fasse grandir. C’est encore dépasser les barrières, les clichés, que l’on entend parfois, du jeune musulman de cité qui ne peut réussir, pour lui dire qu’on a confiance en lui et qu’il peut réussir.
C’est enfin voir la joie sur son visage quand il revient fière de la médaille en or reçue en compétition de judo.

En cette semaine de Pâques, nous sommes appelés à vivre de la joie du Christ ressuscité.

Nous avons quitté le temps de l’épreuve, alors quittons nos « faces de Carême », nos faces tristes, pour vivre et témoigner de cette joie.
Joie de l’éducateur salésien dans son quotidien : joie de voir le jeune grandir et s’épanouir ; joie de le voir se relever après une épreuve, un moment de doute.

Joie qui puise à Saint Jean Bosco, joyeux et bienveillant envers les jeunes, envers l’autre. Joie de cette écoute et cet accompagnement en ayant toujours le mot à l’oreille.

Joie de Saint Philippe Néri, rayonnant au contact des jeunes, dans la confession ou irradiant de bonheur dans l’eucharistie.

Soyons toujours dans la joie, puisons à la Source qu’est le Christ, pour transmettre cette joie autour de nous.

Sur notre chemin de foi, sur nos chemins de Pâques, il nous arrive parfois, à l’image de Saint Thomas, de douter. « Une foi qui ne doute pas est une foi morte » disait un jour un évêque. Oui, nous pouvons douter, nous questionner sur notre foi, notre pratique… mais, n’en restons pas au doute. Continuons à avancer. Ecoutons le Christ qui nous dit : viens, approche, aie confiance.

Notre foi va de doute en confiance et se solidifie ainsi. Il en va de même dans la relation au jeune avec lequel nous tissons une relation de confiance, mais où le doute peut surgir. C’est dans le dialogue éducatif que les liens se renouent.

C’est dans la foi dans le jeune, dans la confiance en lui que nous avançons, qu’il avance et pourra prendre un jour son envol.

Allez puiser à la Source nous dit Jésus. Allez puiser, s’abreuver à la Parole de Dieu.

A l’occasion de la fête de Pâques, lors de la vigile pascale, nous avons lu et entendu le texte de l’Exode. En entendant ce récit de la sortie d’Egypte du peuple hébreu, nous pouvons faire mémoire de la fête de Pessah que le Christ célébrait lui aussi.

Il est bon de faire vivre, au long de l’année, ce lien fort qui nous unit à nos frères juifs, à nos « Frères aînés dans la foi ». Nos racines chrétiennes ont des racines juives, et sans racines, nous ne pouvons pas nous développer.

Vivons la rencontre dans l’accueil, dans la prière, dans le dialogue afin d’avancer aussi dans notre propre foi, en sachant puiser et fortifier nos racines.

Nous sortons du Carême, de ce chemin vers Pâques : chemin de prière, de jeûne et de partage.  C’est l’occasion d’un chemin de la rencontre avec le Tout-Autre, dans la lecture de la Parole. Mais c’est aussi un chemin dans l’accueil de l’autre.

Pour un éducateur, l’autre c’est, par exemple, ce jeune N., qui me questionne sur ma foi, qui me parle de ce qu’il vit dans sa foi, dans sa préparation au Ramadan.

Nous échangeons, nous nous accueillons l’un l’autre, dans le respect mutuel pour mieux nous comprendre et cheminer, seul, et ensemble.  Accueillir l’autre comme un don, comme nous disait le Pape François dans son message de Carême. Et après ? Etre dans l’accueil et être accueilli aussi durant le Ramadan, par ce jeune, pour la rupture du jeûne. Quel(s) accueil(s) ! Quel(s) chemin(s) !

Comme beaucoup, j’ai eu l’occasion de me rendre sur les terres natales de Don Bosco. Ce matin, le grand Christ-Ressuscité de l'église des Becchi remonte en ma mémoire. Qui n'a pas été saisi par la force qui se dégage de cette immense statue ? Lui aussi a les bras ouverts. Mais ce Ressuscité a un autre point commun avec l'Enfant Jésus que tient Marie Auxiliatrice : Il cherche à nous rejoindre, oserais-je dire à accourir vers nous, pour nous embrasser. Peut-être est-ce là que se situe la force de Notre Dame Auxiliatrice : elle ne garde pas son enfant contre elle, mais offre son fils, le Fils de Dieu, à qui se tourne vers elle. L’Enfant-Dieu Ressuscité peut alors s’approcher pour nous secourir. Formidable bonne nouvelle du temps de Noël, et de Pâques !

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