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« Le silence régnait dans la maison avant que tu ne partes, matinal, pêcher au large. Je le respectais religieusement : les gestes et les sourires suffisent à exprimer ce que les mots masquent souvent derrière leur manière tyrannique de décréter le sens des choses. Après de longues heures, tu revenais, joyeux et serein. Alors nous commencions à parler et nos paroles avaient le goût de la vraie vie. Aujourd’hui, j’ai l’âge d’être grand-père.

Comme toi, je suis devenu pêcheur mais, moi, c’est dans les eaux de la parole que je pêche. Or je ne pars jamais pour cette pêche étrange sans avoir communié au même silence matinal que celui que tu m’offrais en partage. Alors, et seulement alors, la parole que je noue avec les autres prend le vrai goût de la vraie vie... »