Tracer 1 355x2481Près de trois cents participants étaient présents à la septième opération «Des cinés, la vie», rassemblés à la cinémathèque de Paris le 29 mars dernier. Le trophée 2013 a été remis à l'Amicale du réel pour « la meilleure façon de tracer ». L'ensemble des participants concourrait cette année sur le thème de la rencontre. Cette opération offre la possibilité à un jeune public en réinsertion, accompagné par les professionnels de la Protection Judiciaire de la Jeunesse(PJJ), d'ouvrir leur centre d'intérêt au 7ème art.

 

 

 

Avant de venir à Paris, les jeunes ont visionné douze courts métrages. L'opération a lieu d'octobre à février dans toute la France. Les jeunes ont rencontré des réalisateurs, venus expliquer comment ils ont réalisé leur film. Les jeunes ont voté pour leur film préféré.

 

 

Regarder le cinéma autrement

Le court-métrage est un support pédagogique intéressant. Il permet le débat autour d'un imaginaire qui peut renvoyer à la réalité, au vécu des jeunes. C'est un bon moyen aussi pour comprendre ce qui se passe autour d'eux. Le fait de voter donne l'occasion de partager ses convictions. Brandon, ancien jeune suivi par la Protection judiciaire de la jeunesse a aujourd'hui réintégré un cursus scolaire classique. Il a participé à l'une des anciennes opérations. Son groupe s'était même lancé dans la réalisation d'une petite fiction. Il témoigne : « J'ai toujours voulu faire du cinéma. Même un tout petit film, même une minute à l'écran. Mais ça restait un rêve. Avec le court-métrage dans lequel j'ai tourné, j'ai eu la joie de me voir sur grand écran. Ma famille aussi m'a vu. Ça m'a donné confiance en moi. J'ai compris que tourner un film était long et difficile. Comme le travail à l'école. Mais j'ai envie de m'accrocher et de faire carrière dans ce milieu ».


Certes, ils ne sont pas nombreux ceux qui suivent le chemin du 7ème art comme Brandon. Ce projet permet aux jeunes de regarder le cinéma autrement. Quelques mois avant cette grande journée qui récompensera le meilleur court-métrage par le vote des jeunes, les structures locales s'organisent... Jean Franchesquin, éducateur spécialisé à la PJJ, témoigne : « Nous devons être innovants pour les jeunes qui ont pris des chemins de traverse. Ils délaissent l'école ? Nous les y ramenons par le cinéma. Le professeur de français travaille au scénario, le professeur de sport prépare les cascades, le professeur de musique écrit et fait jouer la musique, les enseignants de langue participent par le biais des sous-titres... Avec ces jeunes, le succès repose sur notre ténacité et notre inventivité ».

cinelavie 355x355Une participation grandissante

L'opération « Des cinés, la vie ! » est pilotée par l'association Kyrnéa International, coordinatrice du dispositif « Passeurs d'images », en partenariat avec différents ministères*. Avec le concours de l'Agence du court-métrage, les films participant à « Des cinés, la vie ! » sont choisis par un comité de sélection composé de professionnels de la PJJ, de la culture, du cinéma et de l'Acsé en fonction d'une thématique, de critères de qualité et de diversité. Depuis son lancement en 2006, forte de son succès rencontré au niveau national auprès des différents services éducatifs et des référents concernés, « des cinés, la vie ! »a vu le nombre de jeunes participants augmenter progressivement au fil des éditions : de 243 en 2006-2007 à plus de 1.000 en 2012-2013, accompagnés par plus de 300 éducateurs de la PJJ.


Le trophée 2012-2013, réalisé par les jeunes de la Mission d'Insertion d'Alençon, a été remis au lauréat de cette 7ème édition, à l'Amicale du réel pour son film « La meilleure façon de tracer ». Les participants ont pu découvrir différents ateliers où un extrait de film leur était montré, suivi d'une analyse filmique.
Pour la 8ème édition, l'équipe des organisateurs se retrouvent ces jours-ci à l'Agence du court métrage pour sélectionner les films de l'édition 2013-2014.
Tous les renseignements seront communiqués sur le site :
www.passeursdimages.fr

 

Vincent GRODZISKI
4 avril 2013

 

 


Tracer 2 355x248« La meilleure façon de tracer »

par Bartlomiej Woznica
Portrait d'une fin d'adolescence en apesanteur et en recherche d'ancrage, « La meilleure façon de tracer » suit les échappées urbaines d'un groupe de jeunes lillois adeptes du « Parkour ». Pratique urbaine qui a été notamment popularisée au cinéma par les films Yamakazi et Banlieue 13, le « Parkour » cherche à ouvrir dans la ville des chemins inédits en se jouant des obstacles et des vides qui mettent généralement fin à la marche. Proche en cela de certaines pratiques situationnistes, cet art du franchissement est une manière de réinventer l'espace public, d'en souligner les potentialités en dormance. Mais les « traceurs » revendiquent dans leur pratique, bien au-delà d'une simple recherche de la performance ou d'une volonté de puissance, un véritable moyen de connaissance de soi, d'apprentissage de ses propres limites par l'ascèse propre aux arts martiaux.

 

 

 

Il s'agit, moins de supers héros, aux pouvoirs acrobatiques extraordinaires, que de la mise en œuvre d'une humanité fragile qui, pour le dire avec les mots du poète Francis Ponge, « ne sait plus danser, qui ne connaît plus le secret des gestes, et qui n'a plus le courage ni la science de l'expression directe par les mouvements ».
« L'Amicale du réel » rejoint ainsi cette volonté d'éprouver le réel d'une époque où il est devenu possible de jouer au tennis sans raquettes et sans balles.

 

Réactions des jeunes après avoir vu le film

« Je suis plus fort qu'eux, mais ils assurent. »
« Parce qu'ils sont jeunes comme moi et ce film montre aussi qu'on peut s'en sortir. »
« J'ai apprécié ce film parce que les jeunes ne font pas de conneries. Ils font leur vie et ils ont des rêves, des projets. »

 

 

 

Tracer 3 355x248public 355x248 Les participants à cette journée du 29 mars qui a eu lieu à la cinémathèque à Paris


 


 

 

Pour aller plus loin

* les films présentés (PDF)
* leur site : www.passeursdimages.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Mot du jour

« Pour ne pas se faire bouffer, il faut savoir garder une distance. » Langage de dompteur utilisé parfois par les enseignants ou les éducateurs. Toute la question est de savoir quelle est la juste distance. Trop loin, on peut paraître distant, inaccessible, difficilement abordable. Trop proche, on peut paraître jouer au copain ou au démagogue. Pour l’éducateur salésien, la présence sait se faire assez proche. Il ne faut pas craindre d’aller là où sont les jeunes, quitte à parfois « se faire jeter ». Il faut connaître ce qu’ils aiment et se plaire en leur compagnie. Il n’y a pas de « juste distance » définie une fois pour toutes. Le discernement de l’éducateur saura évaluer différemment, en fonction de la situation de chaque jeune. Une proximité amicale pourra être appréciée et bénéfique pour l’un, alors qu’elle sera vécue par un autre comme une agression, en référence à une mauvaise expérience affective. L’art de l’éducateur comprend aussi celui de savoir trouver sa place par rapport à un jeune.

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